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Extermination HP/SS

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MessageSujet: Extermination HP/SS Ven 10 Juin - 22:30

Le silence régnait dans la Grande Salle à l'heure du petit déjeuner, alors que la nuée de hiboux venait à peine de terminer de déposer lettres, colis et journaux aux élèves. Ceux qui avaient reçu la Gazette du Sorcier avaient fait part des gros titres à leurs camarades et tous à présent, penchés à plusieurs par journal, prenaient connaissance de l'article qui semait le trouble.

A la table de Gryffondor, Harry Potter était penché sur l'épaule d'Hermione qui tenait devant elle la Gazette grande ouverte. Ron, lui, partageait le numéro reçu par sa petite sœur Ginny.

Le sang d'Harry se glaça dans ses veines. Il jeta un coup d'œil à la table professorale et vit chaque professeur penché sur son numéro du quotidien sorcier. Seul Severus Rogue n'avait pas poursuivit sa lecture, il avait détruit le journal qui s'était quasiment enflammé dans sa main et avait quitté aussitôt la Grande Salle, sous le regard navré du Professeur Dumbledore.

Harry reprit sa lecture.

Nouvelles mesures concernant les créatures nuisibles !

Le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques frappe un grand coup.

De notre envoyée spéciale Rita Skeeter.

Madame Dolorès Ombrage, directrice du département de contrôle et de régulation des créatures magiques, a inauguré la nouvelle section des dangereux et nuisibles en faisant paraître hier dans la soirée un nouveau décret destiné à protéger le sorcier de la rue de la menace que font courir sur le monde magique certains hybrides qualifiés de dangereux. La première mesure mise en place concerne les nuisibles nocturnes et la limitation de leur prolifération.

Dorénavant, les loups-garous n'auront plus le droit de se reproduire et devront donc par conséquent être tous stérilisés. Les mâles seront castrés et les femelles verront la totalité de leurs organes reproducteurs retirés. Les mariages entre sorciers et hybrides nocturnes de type lupus canis lycanthropus seront annulés et considérés n'ayant jamais eu lieu. La progéniture issue de ces unions contre nature sera déclarée illégitime et ne pourra prétendre à hériter de leur parent sorcier. Les femelles et sorcières enceintes seront dans l'obligation de se faire avorter et ceci jusqu'au 6ème mois de la gestation. Dans le cas où le fœtus survivrait, il serait immédiatement éliminé d'un sortilège.

Les vampires sans calices seront interdits, considérés hors la Loi et déférés immédiatement à Azkaban ou en cas de rébellion, éliminés. Les vampires de la catégorie avec calice seront assignés à résidence et interdits d'exercer une quelconque profession. (Note de la rédaction : Cette dernière mesure s'applique aussi aux loups-garous). Ils seront également dans l'obligation de se soumettre ainsi que leur calice à tous les contrôles et marquages que le ministère mettra en place au cours des semaines à venir.

Madame Ombrage précise qu'il n'est pas question que ces créatures se rebellent contre les sorciers normaux du monde magique comme ils l'ont déjà fait par le passé en suivant Vous-Savez-Qui. …/

Hermione avait lu l'article à mi-voix pour en faire profiter ceux qui n'avaient pas reçu le journal comme Dean Thomas assis en face d'elle. Harry était à deux doigts de mettre le torchon en pièces mais la brunette qui s'en doutait le lui avait rapidement soustrait. Elle savait qu'Harry pensait à Remus. Elle entendit son ami gronder.

-Elle est complètement malade ! Castrer… Si elle s'imagine que je vais la laisser castrer Remus, cette salope se fourre le doigt dans l'œil. Je commence à en avoir marre de ce sale crapaud ! Il est temps que quelqu'un se mette en travers de son chemin. Elle veut la guerre ? Bien ! Elle va l'avoir !

Harry s'était levé et avec presque crié ses menaces. Il était choqué et hors de lui. Il vit Ron la bouche bée qui finissait de lire avec la mine de quelqu'un à deux doigts de vomir. Albus Dumbledore avait levé les yeux en entendant l'esclandre. Mais Harry n'avait pas l'intention de s'arrêter là…

-LUNA ! Je veux voir Xeno rapidement pour une interview, cria-t-il à l'autre bout de la salle.

La blonde leva le nez à l'appel de son nom et hocha simplement la tête tandis que le jeune Elu du monde magique, fou de rage, quittait la Grande Salle en claquant la porte violemment. Vu sa taille et son poids, il dut employer la magie pour se faire, et donner un peu plus de fermeté à ses déclarations. Au moins, on savait ce que pensait Harry Potter de cette affaire. Certains élèves étaient curieux de voir ce que la guerre Ombrage/Potter allait donner, mais il était clair que cet article était une vraie déclaration de guerre et que cela allait faire du bruit.

A la table professorale, Hagrid tenait son journal d'une main tremblante les yeux écarquillés et plein de larmes. Pomona Chourave se pencha vers lui et tapota l'immense avant-bras du demi-géant afin de lui remonter le moral.

- Le Professeur Dumbledore ne laissera pas faire, Rubeus, ne vous en faites pas !

Hagrid sortit un grand mouchoir à carreaux de la poche de son manteau en peau de taupe.

-Le Professeur Dumbledore est un grand sorcier… marmonna-t-il.

Cette déclaration fut suivie d'un bruit de trompette signifiant que le géant se mouchait, mais cette fois-ci personne ne songea à en rire. Minerva McGonagall, la main sur le cœur reposa le quotidien comme s'il l'avait brûlée.

-Albus ! Je ne peux pas croire… ce n'est pas possible, elle ne va pas faire ça… Remus… et Tonks… et notre Severus… on ne peut pas laisser faire !

-Vous avez entendu le petit, Minerva ? Il ne laissera personne toucher à Remus ou Tonks, et moi non plus. Quant à Severus, il est hors de question qu'il quitte le château. Il est sous ma protection depuis plus de dix-huit ans, j'ai bien l'intention qu'il le reste.

-Qu'allons-nous faire ? soupira Minerva, morte d'inquiétude.

-Je vais expédier Remus et Tonks en France, ainsi que Bill et Fleur. Je pense que les Delacour ne feront pas de difficultés pour les cacher. Ils ont du sang de Vélane dans les veines. Et bientôt… les Vélanes risquent aussi de se retrouver sur la liste quand Ombrage s'attaquera à ceux qu'elle qualifie de nuisibles diurnes.

-Les Malefoy risquent de se retrouver en ligne de mire…

-Je ne me fais aucun souci pour eux, leur or et la protection de Cornélius suffira. D'ailleurs je me demande à quoi il joue pour la laisser faire une telle chose…

-Et Severus ?

-Nous allons devoir lui proposer un calice, et par la barbe de Merlin, ça ne va pas être facile de lui faire accepter l'idée, encore moins de lui en trouver un !

Comme Albus Dumbledore l'avait prévu, Severus Rogue ne fut pas enchanté de l'idée de prendre un calice.

-Vous savez très bien ce que j'ai toujours pensé de ça ! Albus ! Certains vampires en éprouvent le besoin mais moi j'ai toujours été un solitaire et rien que l'idée m'exècre.

-Severus, vous avez lu comme moi, ce que la Gazette disait à ce sujet. Ombrage sait que vous êtes un vampire, puisque cette information est connue des administrateurs de Poudlard et donc du Ministère. Le fait que vous n'ayez jamais causé le moindre problème joue en votre faveur, mais il va falloir faire très vite, où vous aller vous retrouver à Azkaban, mon garçon. Et là-bas, je doute fort qu'on vous fournisse du sang pour vous nourrir…

-Je ne veux pas de calice, Albus.

-Avez-vous déjà essayé d'en trouver un ?

Severus ne répondit pas et se tourna vers la fenêtre qui donnait sur le Lac Noir. Il avait essayé, oui, à plusieurs reprises, sa nature vampirique l'y poussant régulièrement. Mais sa recherche s'était toujours soldée par un échec. Il savait que même s'il mettait une petite annonce dans la Grande Salle et dans les magasines sorciers, il n'aurait aucune réponse. Personne n'avait jamais eu envie de l'approcher suffisamment pour envisager de lui donner du sang volontairement et encore moins souhaité être un partenaire sexuel.

-N'y aurait-il pas une jeune sorcière qui vous tenterait et que vous auriez envie de séduire, Severus ? essaya le Directeur en voyant le mutisme de son maître des potions.

-Il me faudrait plutôt un sorcier, Albus, si vous voulez le savoir…

-Ah. Vous préférez les sorciers ?

Severus hocha la tête, toujours plongé dans la contemplation de la vue s'étendant sous ses yeux.

-Je vous choque, Albus ?

Le vieil homme éclata de rire.

-Ah mon petit… il en faut bien plus que ça ! Et je partage votre goût d'ailleurs. Peu de gens savent encore que Gellert Grindelwald était mon petit-ami lorsque nous avions tous deux dix-huit ans.

Severus se retourna brusquement, l'air surpris et un sourcil levé.

-Grindelwald ? Je vois… ça n'a pas du être facile pour vous de le combattre.

-Gellert était magnifiquement beau dans sa jeunesse, un peu comme Lord Voldemort, et nous savons que la beauté extérieure ne reflète pas toujours ce qu'il y a à l'intérieur. J'ai fait ce que je devais faire, Severus, même si la chose n'a pas été aisée. Oh… non… pas aisée du tout, soupira le vieil homme, le regard soudain voilé.

-Je ne veux pas retourner à Azkaban, Albus. Je n'y survivrai pas cette fois-ci.

-Je sais, mon garçon. Et je crains que Madame Ombrage n'ait nulle envie de voir un seul vampire ou loup-garou survivre. Il suffit de lire entre les lignes. Cette histoire de stérilisation n'est là que pour dissimuler une vaste campagne d'extermination, Severus. Aucun loup-garou n'acceptera de lui-même de se soumettre à la castration, de même aucune louve ou sorcière à l'avortement. Un refus sera assimilé à une rébellion et la mort en sera l'issue. De même, si les survivants ainsi que les vampires avec calice sont assignés à résidence et dans l'interdiction d'exercer un emploi, comment voulez-vous qu'ils gagnent l'or nécessaire à leur survie ? On sait que c'est souvent le calice qui gagne l'or, le vampire ayant du mal à trouver un emploi de par sa condition. Je vous donne ici l'exemple de Remus et Tonks, ils vivent de son salaire d'Auror, Remus étant sans emploi. Vous, vous êtes un cas à part, Severus.

-Elle veut nous éliminer tous, sans que nous puissions échapper à ses griffes.

-Il va falloir contre-attaquer. J'avoue que je ne m'attendais pas à une telle action du ministère quelques mois seulement après la mort de notre ami Tom.

Cela faisait deux jours que Remus et Tonks, ainsi que Bill et Fleur se cachaient dans les cachots de Poudlard. Selon Bill, les Gobelins avaient très mal pris la nouvelle Loi du Ministère de la Magie. Ils avaient été brusquement envahis de demandes de mutations vers les agences Gringotts du monde entier, leur personnel sorcier ayant très souvent du sang de créatures magiques. Ragnok avait du laissé partir Bill et Fleur ainsi que beaucoup d'autres, et avait menacé de fermer certains secteurs de la banque provisoirement, pour manque de personnel.

Interrogé par Dumbledore, Cornélius avait fait l'innocent. Pour lui, il n'y avait aucun problème, tout ceci était fait pour le bien de tous. Il fallait protéger le sorcier de la rue de la menace des hybrides. Albus avait insisté, tempêté, argumenté, rien n'y avait fait. Cornélius Oswald Fudge était obnubilé par Dolorès Ombrage. Malheureusement, un soir de pleine lune, Remus, parti pour la cabane hurlante un peu avant Bill, fut aperçu et reconnu par Zacharias Smith, un 7ème année de Poufsouffle, peu sympathique. L'élève se précipita à la volière pour envoyer un hibou et on vit au diner le lendemain soir, Dolorès Ombrage et sa brigade anti-nuisibles, menée par Walden McNair, un ancien Mangemort qui avait échappé on ne savait comment au baiser des détraqueurs et à Azkaban, et qui était le bourreau attitré du Ministère.

Ombrage entra avec fracas dans la Grande Salle, bousculant Argus Rusard qui s'était précipité vers elle en lui faisant maintes courbettes. Le bonbon rose, vêtu d'une criarde robe de sorcière fuchsia avec un gilet de laine tricotée assorti, se pavanait sûre d'elle, entourée de son bourreau et de ses aides.

-Cher Professeur Dumbledore, minauda-t-elle. Quand on m'a dit que vous abritiez un loup-garou et sa femelle dans ce château, j'ai cru à une erreur. Et puis non…

La déclaration interpela Harry qui fronça les sourcils, le cœur battant. Remus ? Elle avait vu Remus et Tonks ? Ou bien était-ce Bill et Fleur ? Près de lui, Ron s'était figé également, inquiet pour son frère aîné.

-Si vous vous expliquiez, Dolorès ? demanda le Directeur soudain soucieux.

-Nous avions prévu d'arrêter ce soir votre vampire sans calice, Severus Rogue, mais nous avons fait d'une potion deux doses. Nous avons trouvé un certain Remus Lupin dans le parc de Poudlard, accompagné par l'ex-Auror Tonks. Oui, elle a été renvoyée ce matin pour faute impardonnable. Epouser un loup-garou… je vous demande un peu !

-Qu'avez-vous fait d'eux ? gronda Albus en colère.

Près de lui, Minerva pinçait les lèvres, ses doigts serrés sur sa baguette magique.

-Nous avons tenté une arrestation conformément à la loi et comme ils ne se sont pas laissé faire, nous avons procédés à leur élimination, gloussa la folle en rose, d'une voix suraiguë.

Harry Potter, livide, s'était levé, alors qu'Hermione et Ron tentaient de l'en empêcher en tirant sur ses bras.

-D'ailleurs, poursuivit Ombrage, je voudrais officiellement remercier Monsieur Zacharias Smith pour son civisme. Sans lui nous n'aurions pas éliminé ces menaces.

-Qu'appelez-vous « éliminé » ? demanda Albus, le regard glacé et la voix dure.

Un petit ricanement se fit entendre.

-Deux maléfices de videntrailles, c'est très efficace sur ces animaux !

Des cris se firent entendre parmi les élèves. Certains venaient même de s'évanouir, choqués par l'annonce.

Harry Potter venait de comprendre que son dernier lien avec ses parents et Sirius avait été exécuté par les monstres qui se trouvaient devant lui. Pomona Chourave, choquée, avait regardé Smith comme s'il lui était poussé deux têtes dans la nuit. Ernie McMillan avait balancé un bon coup de poing dans le nez de son condisciple pour lui apprendre la loyauté de tout Poufsouffle. Smith était un déshonneur pour leur maison. Albus Dumbledore serrait l'avant-bras de Severus pour l'empêcher de bouger, craignant qu'il ne fasse une bêtise.

Le jeune Elu s'était arraché à l'emprise de ses amis, et avait quitté la table des Gryffondors. Autour de lui, l'air chargé de magie crépitait et lançait des étincelles. Dans le ciel magique de la Grande Salle, les nuages noircirent et se mirent à tourbillonner. De violents éclairs zébrèrent le plafond, faisant crier et sursauter les élèves apeurés dont certains s'étaient à présent réfugiés sous les tables.

Albus soupira en voyant le jeune homme qui laissait ainsi échapper sa magie. L'aura de puissance qui émanait du petit corps maigrichon était impressionnante, mais le plus curieux était ses yeux. Les deux émeraudes semblaient comme éclairées de l'intérieur et émettaient une lueur étrange semblable à celle de l'Avada Kedavra. L'électricité statique ambiante avait dressé ses cheveux sur sa tête. Il était perdu dans son monde et ne semblait plus entendre ce qui se passait autour de lui. Au ralenti, Harry vit Ernie qui secouait encore ce rat de Smith et d'un geste de la main écarta son ami du traitre. Il n'eut même pas besoin de sa baguette. Avec un seul geste d'une main d'Harry, Smith décolla du sol et fut expédié à toute vitesse vers le mur de pierre qui se trouvait derrière lui. Un craquement sinistre indiqua que son crâne venait d'exploser et la trainée de sang que le corps laissa en retombant confirma la mort de l'élève.

-POTTER ! hurla Ombrage. Je savais bien que vous étiez un petit monstre dangereux ! McNair, appelez les Aurors pour arrêter Monsieur Potter. Parkin ! Arrêtez le vampire Severus Rogue pour infraction à la Loi sur l'obligation de calice.

Harry Potter s'était avancé vers Ombrage, profitant de la panique créé par la mort de Zacharias Smith. Il leva la main, sifflant en Fourchelangue des insultes et des menaces. Un vent venu dont on ne savait où, tourbillonnait à présent violemment autour de lui, faisant voleter les robes et les capes dont ses camarades étaient vêtus.

-Sectumsem… commença-t-il.

Mais Albus Dumbledore, baguette à la main, venait de lancer un sort afin de contrer celui du garçon.

-Non ! Harry ! Non…

Le vieil homme quitta la table professorale et se dirigea à grands-pas vers son élève préféré qui s'effondra dans ses bras.

-Elle a fait… elle a fait tuer Remus et Tonks… elle a fait tuer Remus et Tonks, marmonna-t-il en tremblant.

-Je sais, Harry, je sais, mon petit. Mais nous devons sauver les autres…

Alors que le Survivant s'accrochait désespérément à la robe violette à fleurs de son mentor, la brigade d'Ombrage avait lancé sur Severus qui s'était levé, un sortilège anti métamorphose afin de l'empêcher de fuir sous sa forme de chauve-souris. Le cri poussé par Minerva fit le vieil homme se retourner.

-DOLORES ! tempêta-t-il, furieux. Qu'avez-vous l'intention de faire à mon professeur de potions ?

-Mais… l'expédier à Azkaban, comme prévu ! Et votre petit criminel aussi, par la même occasion !

Des chaines magiques en argent s'étaient enroulées autour de Severus Rogue qui poussa un cri de douleur alors que McNair lui retirait sa baguette. Comme deux autres membres de la brigade d'extermination s'emparaient du vampire, une escouade d'Aurors fidèles à Cornélius et non à l'Ordre du Phénix venait de faire son entrée, appelée par un miroir à double-sens.

-Potter vient de tuer ce jeune homme là-bas, dit Ombrage en désignant le corps de son indic' d'un geste de baguette. Arrêtez-le immédiatement et envoyez-le au Ministère pour interrogatoire.

Severus, vaincu et la tête basse fit signe à Dumbledore de l'oublier et de s'occuper d'Harry. La Brigade d'Ombrage le traina à travers la Grande Salle, tandis que les Serpentards, se levaient tous pour saluer une dernière fois leur Directeur de Maison. Rogue leur fit un signe de tête et quitta les lieux pour être envoyé par Portoloin directement à la prison d'Azkaban.

Une demi-douzaine de baguettes tenues par les Aurors pointa vers Harry Potter.

Ron, Hermione, Neville et la presque totalité des Gryffondors sortirent également leurs baguettes de leurs poches et les brandirent vers les Aurors.

-Vous n'arrêterez pas le Sauveur du Monde Magique, gronda Ron Weasley, fou de rage.

Un Auror qui semblait plus gradé que les autres répliqua.

-Nous arrêtons un meurtrier, peu importe son identité ! Si vous essayez d'empêcher notre intervention, nous vous arrêterons tous pour entrave à la justice magique !

Hermione mordit sa lèvre inférieure.

-Ron… Neville… il doit y avoir un autre moyen. N'aggravez pas le cas d'Harry.

La brunette posa sa main sur la baguette de Ron pour l'abaisser doucement.

-Voilà qui est raisonnable, Miss. Ricana l'Auror en faisant signe à ses hommes d'embarquer Harry Potter.

Pendant que Severus et Harry étaient ainsi expédiés vers leurs différentes destinations, Dumbledore s'était empressé de réunir aussitôt dans son bureau, ce qui restait de l'Ordre du Phénix dont la dernière bataille avait éclairci les rangs.

Kingsley Shacklebolt, les yeux rouges et larmoyants, indiqua d'une voix brisée que son équipe avait disposé des restes de Remus et Tonks et qu'ils avaient été expédiés à la Morgue de Sainte-Mangouste où les sorciers funèbres allaient s'efforcer de reconstituer les corps. Ombrage avait emporté avec elle le corps de Smith, comme preuve contre Harry Potter.

-Qu'allons-nous faire, Albus ? demanda Molly Weasley, à deux doigts de la panique. Elle pensait à son fils Bill qui devait attendre Remus dans la cabane hurlante, où les deux loups-garous passaient les nuits de pleine lune à s'amuser, à se courir après, avant de s'endormir roulés en boule l'un contre l'autre comme deux petits louveteaux.

Fleur était livide et accrochée à Arthur comme à une bouée. La famille Weasley était bien consciente que cela aurait pu être Bill et Fleur ce soir, au lieu de Remus et Tonks.

-Nous allons dès demain matin, donc un peu plus rapidement que prévu, envoyer Bill et Fleur au Manoir Delacour en France. Ensuite, nous allons essayer de récupérer Harry et Severus. Kingsley ? Avons-nous quelqu'un à Azkaban ?

-Non, Albus. Plus personne. Nous avons perdu les membres de l'Ordre qui y travaillaient lors de la Grande Bataille contre Voldemort. Une chose intéressante quand même, il n'y a presque plus de détraqueurs, toujours à cause de cette bataille. Les prisonniers sont donc moins affectés qu'auparavant.

-Comment allons-nous faire passer du sang à Severus ? s'inquiéta Minerva, suivie par les hochements de tête de Pomona Chourave.

-Hagrid ? Avons-nous un sombral ou un hippogriffe suffisamment fort pour emporter sur son dos un sorcier adulte vers Azkaban ?

-Oui, Professeur Dumbledore, Monsieur, affirma Hagrid en hochant vigoureusement la tête. Sirius m'avait rendu Buck et j'ai aussi Midnight, c'est le sombral qu'Harry avait chevauché jusqu'au Ministère de la Magie en 5ème année, il a pris goût aux sorties depuis !

-Ça ne marchera pas, Albus ! soupira Kingsley. Le Ministère a mis de nouvelles barrières magiques qui repoussent tout ce qui peut approcher d'Azkaban par voix aérienne ou maritime. Même les gardes ne peuvent plus recevoir de hiboux…

Ron et Hermione qui n'avaient encore rien dit depuis le début de la réunion commencèrent à s'agiter.

-Vous pensez qu'ils n'ont pas l'intention de nourrir les vampires capturés ?

-Non, Miss Granger. Ils nourrissent déjà à peine et très mal les sorciers prisonniers, rappelez-vous de l'état de Sirius lorsqu'il s'était échappé. Ils ne vont pas faire le moindre effort pour fournir du sang aux vampires. Ils vont les laisser mourir de soif. C'est le but recherché par Dolorès Ombrage, exterminer ce qu'elle appelle des nuisibles.

-Professeur, osa Ron. Est-ce qu'Harry va avoir un procès ?

-Ça m'étonnerait, Monsieur Weasley. Pourquoi Cornélius dépenserait ainsi l'or du ministère quand Dolorès lui a fourni toutes les preuves. Depuis le temps qu'ils veulent se débarrasser d'Harry.

-Il faut attaquer le Ministère et reprendre Harry !

-J'espère que nous en aurons le temps, mon garçon.

Alors que Severus Rogue avait été jeté sans ménagement dans une cellule au 3ème sous-sol d'Azkaban, après avoir été dévêtu et enchaîné, Harry Potter, lui, se trouvait présentement au quartier général des Aurors, au second niveau du Ministère de la Magie. Le jeune Gryffondor, encore vêtu de son uniforme de Poudlard, était assis dans un des boxes, enchainé à son fauteuil. Sa baguette magique avait été saisie et mise sous scellés après avoir été soumise à un Priori Incantatem qui n'avait rien révélé d'autre que de mineurs sortilèges scolaires. Gawain Robards, un des Aurors les plus chevronnés, avait été désigné par Rufus Scrimgeour, le Directeur du bureau des Aurors pour mener l'interrogatoire. Dolorès Ombrage avait bien tenté de s'immiscer mais n'appartenant pas au bureau, elle avait été froidement remerciée par Scrimgeour.

Gawain Robards leva un sourcil curieux vers le jeune homme pâle qui lui faisait face. Il n'avait jamais rencontré personnellement le Sauveur du Monde Magique et se montrait intrigué par ce petit sorcier maigrichon aux grands yeux verts et aux cheveux en pétard.

-Harry Potter… J'avoue que je suis surpris de vous voir ici. Le rapport que j'ai sous les yeux, bien que très succinct, indique que vous avez froidement assassiné sous les yeux de tous les élèves et les professeurs de Poudlard, un de vos condisciples. Ce fait est largement confirmé par Madame Ombrage et la brigade de contrôle des créatures magiques. Vous pouvez me dire ce qui s'est passé ?

L'homme s'exprimait d'une voix douce et bienveillante. Il fallait mettre le petit Gryffondor en confiance où il ne parlerait jamais. Il était honnêtement surpris de ce qu'il venait de lire dans le rapport de l'équipe d'intervention. Il avait souvent entendu Maugrey Fol Œil vanter les mérites du jeune sorcier qu'il trouvait trop tendre et trop gentil pour être à la hauteur face à Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom. Pourtant, Harry Potter avait réussi l'impossible, il avait vaincu le mage noir. Bien sûr, il avait reçu de l'aide, Fol Œil y avait laissé la vie d'ailleurs, s'étant jeté dans la bataille comme un beau diable. Il avait emporté une dizaine de mangemorts avec lui avant de succomber sous le nombre. Dumbledore et son âme damnée, le vampire Rogue l'avaient aidé aussi, ainsi que ces gens qui se faisaient appeler l'Ordre du Phénix et dont il soupçonnait certains des Aurors de faire partie.

Harry avait levé un regard perdu vers Robards et murmuré.

-Elle a tué Remus et Tonks…

-Pardon ? Parlez plus fort Monsieur Potter, qui a tué qui ?

-Ombrage, elle a tué Remus Lupin et Dora Tonks.

Le sang de Gawain Robards se figea dans ses veines lorsqu'il entendit la mention du nom de Tonks. Il eut du mal à avaler sa salive.

-Potter, quand vous parlez de Dora Tonks, est-ce de l'Auror Tonks dont il s'agit ?

-Oui, Monsieur.

-Elle est morte ?

-Oui, Ombrage a dit qu'elle lui avait lancé un maléfice de videntrailles… et aussi sur Remus.

Robards ferma les yeux un instant. Il avait entendu le matin de bonne heure que Tonks avait été démise de ses fonctions par le Ministre pour faute grave. Il en ignorait la raison, n'ayant rien entendu de particulier dans le service. La mine sinistre qu'avait fait toute la journée Scrimgeour lui avait juste indiqué qu'il s'était passé quelque chose mais rien ne précis n'avait filtré. Et un maléfice de videntrailles, c'était une mort affreuse… on n'exécutait même pas les prisonniers ainsi. Ce maléfice avait été découvert accidentellement au 17ème siècle, par un médicomage revêche de Sainte-Mangouste qui tentait de trouver un remède efficace à la constipation…

Robards savait que l'Auror Tonks avait épousé il y a seulement quelques mois, un ancien professeur de Poudlard qui écrivait à présent des manuels scolaires de Défense Contre Les Forces du Mal. Tout ceci n'expliquait pas la mort de Tonks et de ce Remus qui devait être son époux.

-Remus, c'était le mari de l'Auror Tonks ?

-Oui, Monsieur, et c'était mon second parrain.

L'Auror comprenait à présent pourquoi le garçon semblait si anéanti, il venait de perdre son second parrain après avoir déjà perdu le premier, Sirius Black qui avait été un de ses condisciples à l'école des Aurors. Mais tout ceci n'expliquait pas la mort de cet élève, comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, Zacharias Smith, un 7ème année de Poufsouffle.

-Monsieur Potter, avez-vous tué Zacharias Smith ? tenta-t-il à brûle-pourpoint.

-Heuuuu… je sais pas trop, bredouilla Harry un peu perdu. Peut-être… Il est mort ? Je me rappelle pas… je suis pas sûr…

Ces paroles décousues et presque dénuées de sens laissèrent l'Auror perplexe. Le gamin ne semblait pas mentir, il avait l'air complètement paumé, choqué, et Robards se demanda même si Potter savait vraiment pourquoi il était là.

-Potter, vous savez pourquoi vous êtes là ?

-Remus et Tonks ?

-Non, Potter. Je déplore tout autant que vous la mort de ma collègue et de son époux, mais vous êtes accusé d'avoir froidement exécuté l'élève Zacharias Smith devant tous vos camarades. Vous en rappelez-vous ?

-Non, Monsieur, fit Harry en fronçant les sourcils. Vous êtes sûr que j'ai fait ça ?

-Il semblerait bien selon le rapport que j'ai sous les yeux. De quoi vous rappelez-vous exactement ?

-Ombrage… elle est venue dire qu'elle arrêtait le professeur Rogue parce qu'il n'a pas de calice. Tout le monde sait à Poudlard que c'est un vampire. J'veux dire… ça gène personne. Il n'est pas dangereux, sinon ça se serait su depuis longtemps. C'est juste son mauvais caractère qui est dur à supporter.

-Je vous crois, Potter, j'ai été en classe avec lui, il a toujours été infect avec tout le monde. Poursuivez !

Mis en confiance par l'attitude bonasse de l'Auror qui mâchouillait à présent une baguette magique à la réglisse, Harry poursuivit.

-Elle a dit qu'elle avait trouvé Remus et Tonks dans le parc de Poudlard et aussi que quelqu'un lui avait dit qu'ils étaient là. Ensuite elle a dit qu'elle les avait éliminés avec un maléfice de videntrailles et qu'elle remerciait Zacharias Smith de l'avoir prévenue qu'ils se trouvaient à Poudlard.

-Je vois.

-Ernie a balancé son poing dans la figure de Smith, je crois. Ensuite je ne sais plus trop… j'ai voulu jeter un sort à Ombrage mais le Professeur Dumbledore m'en a empêché.

-Votre baguette n'a rien indiqué de particulier, Monsieur Potter. La liste des sorts apparus avec le Priori Incantatem est très scolaire. Rien de mortel ou de dangereux. J'aimerais savoir comment Smith s'est retrouvé le crâne fracassé. Les témoins disent qu'il a été propulsé contre le mur et s'y est écrasé.

Harry haussa les épaules en se triturant les doigts. Il fixait ses mains obstinément depuis pratiquement le début de l'entretien.

-Je me rappelle pas. Je voulais juste me venger d'Ombrage. Elle a tué Remus et Tonks.

Robards soupira, il ne tirerait rien de plus du garçon dans l'état où il se trouvait. Il faudrait le confier au médicomage du Ministère, et reprendre l'interrogation sous Véritasérum. Lui-même n'avait plus envie de rester au Quartier Général, il voulait rentrer chez lui, la mort cruelle et inattendue de Tonks le choquant bien plus qu'il ne voulait le dire. Il avait de plus la drôle de sensation que ce n'était que le début de quelque chose de bien plus déplaisant. Cette brigade anti nuisibles et ce nouveau décret allaient faire bien des dégâts. Il voulait quand même une précision avant de conduire le gamin en cellule pour la nuit.

-Monsieur Potter, avant que nous en restions là pour ce soir, je voudrais vous demander une chose. Ce monsieur que vous nommez Remus, le mari de l'Auror Tonks, était-il un loup-garou ?

-Oui, Monsieur. Mais il prenait la potion Tue-Loup. C'était le Professeur Rogue qui la lui préparait tous les mois.

L'Auror soupira intérieurement. On était en plein pendant la période de pleine lune. Si le vampire Rogue qui était un des meilleurs maître des potions du monde magique fournissait la potion Tue-Loup à ce Remus, il n'était pas étonnant qu'il se soit trouvé à Poudlard et qu'il ait été aperçu par ce Smith. Le loup-garou était un ancien professeur de l'école, pas étonnant que le Poufsouffle l'ait reconnu. Par contre, Robards se demanda un instant ce qui avait bien pu motiver ce garçon pour ainsi dénoncer l'ancien professeur à la brigade anti-nuisibles. Si ce Zacharias était le fils du Smith auquel il pensait, alors tout était possible. Cette famille là était pire encore que les Malefoy.

Un planton vint chercher Harry et le conduisit dans le couloir des cellules. Il ouvrit une porte d'un geste de baguette et fit entrer le garçon sans un mot. La porte se referma sur le Gryffondor et le jeune Auror alla confirmer à Gawain Robards que le prévenu était bien en cellule. Robards ramassa ses affaires et accrocha sa cape sur ses épaules. Alors qu'il se dirigeait vers l'ascenseur pour quitter le Ministère, il ne se doutait pas qu'il ne reverrait pas Harry Potter de si tôt.

La nuit était tombée sur le Ministère, mais dans les couloirs déserts, quelques personnes avec de mauvaises intentions circulaient en silence. Deux hommes ouvraient successivement les portes devant une petite silhouette plus large que haute, avec force courbettes. Le trio poursuivit son chemin depuis le 4ème niveau jusqu'au second où se trouvait principalement le Quartier Général des Aurors et surtout le couloir des cellules. Harry qui gisait sur un vieux matelas élimé, enroulé dans sa cape d'école eut juste le temps de remettre ses lunettes en entendant la porte s'ouvrir. Une lueur éclaira légèrement sa cellule mais il ne vit que trois silhouettes à contre-jour. Il entendit une voix aigue crier « Endoloris » et sombra dans l'inconscience presque aussitôt, terrassé par les impardonnables qui émanaient de trois baguettes à la fois.

La porte de bois lourdement ferrée qui fermait la cellule sans fenêtre de Severus Rogue, s'ouvrit brusquement sur Walden McNair dont la silhouette décharnée apparut à contre-jour dans l'encadrement, juste éclairée par une torche tenue par un garde armé de sa baguette. Aux pieds de McNair, un petit tas de chiffons gisait.

-Severus… ricana McNair. En souvenir du bon vieux temps, je t'ai apporté un cadeau. Non, non, ne me remercie pas. Je sais que tu vas avoir faim bientôt. Tous les combiens tu te nourris ? Notre défunt et regretté maître te fournissait des moldus à volonté, je le sais. Tu dois consommer ta ration de sang au moins tous les jours, ou tous les deux jours ?

Attaché au centre de la pièce par deux longues chaines reliées par des anneaux à ses poignets, Severus, à genoux sur les dalles glacées et sales, frissonnait de froid. Ses bourreaux l'avaient complètement déshabillé et isolé du bat-flanc accroché contre un mur et qui bien que fait de quelques planches, comportait une vieille couverture pas trop élimée. Le vampire savait que le froid allait provoquer une soif de sang bien plus rapide et la petite silhouette inerte qui gisait aux pieds de McNair n'allait pas faire long feu s'il arrivait à lui mettre la main dessus, et les crocs…

-McNair ! gronda Severus Rogue en se redressant de toute sa haute taille. Tu es venu pour faire ton sale boulot ? Alors fais-le et épargne-moi tes commentaires !

-Tss, tss… quand tu verras ce que je t'apporte, tu ne feras pas autant d'histoire…

Le bourreau du Ministère se pencha sur le tas de chiffons qui était toujours à ses pieds, et sans sembler faire un seul effort, le souleva et le jeta au milieu de la pièce. L'odeur du sang frais assaillit les narines sensibles du vampire. McNair emprunta la torche de son collègue qui s'empressa d'allumer sa baguette à la place, et le borgne Mangemort entra dans la pièce. Sans quitter Severus des yeux, il souleva la tête de la victime qu'il avait apportée. Rogue, impuissant, vit une paire de lunettes rondes brisées qui pendaient et une cicatrice en forme d'éclair, rose sur un front livide. Du sang coulait des narines et de la bouche du garçon.

-POTTER ! gronda Severus.

-Tu vas pouvoir faire de l'assassin de notre maître, ton prochain repas. Et après on dira que je ne suis pas gentil…

Severus eut une lueur inquiétante dans le regard, et cette lueur plut énormément à McNair.

-Je trinquerai à ta santé, Walden…

Le bourreau se mit à rire et referma la porte sur le vampire et Harry Potter, les laissant dans la pénombre la plus totale. Rogue entendit les rires des deux membres de la Brigade d'Ombrage s'éloigner le long du couloir. Il eut lui aussi envie de rire, mais pas pour les mêmes raisons. Potter ici avec lui, le garçon était en sécurité. Le tout était maintenant de savoir dans quel état était le Gryffondor. Il voyait bien dans le noir, mais en monochrome, ça limitait un peu. Le gamin était blessé, ça s'était sûr, étant donné l'odeur de sang qui émanait de son petit corps maigre.

-Bon ! POTTER ! Debout la d'dans ! Réveillez-vous, nom d'un chaudron fendu, c'est pas le moment de dormir !

Severus tendit le pied droit, arque-bouté sur ses chaînes. Il donna un coup de pied dans une des jambes d'Harry, seul endroit qu'il pouvait atteindre. Au bout d'un moment, un gémissement se fit entendre et le petit tas de chiffon se mit à remuer légèrement.

-POTTER ! Vous allez bien ? Comment vous sentez-vous ? Répondez-moi !

-Ro… Rogue ? fit une petite voix brisée.

-Professeur Rogue ! Monsieur Potter ! Ce n'est pas parce que nous sommes enfermés dans une des cellules sans fenêtre d'Azkaban que vous devez me manquer de respect !

Un bruit de respiration haletante se fit entendre. Rogue vit le petit corps se recroqueviller en chien de fusil et trembler.

-Potter, si vous pouvez vous lever, je vous conseille de le faire, c'est répugnant par terre et glacé en plus. Il y a un bat-flanc à votre droite. Il n'y a qu'une couverture mais ça suffira. De toute façon je suis enchainé au milieu de la pièce, je ne peux pas bouger.

Le maître des potions vit la silhouette grise de son élève se redresser difficilement et s'appuyer sur une main, l'autre frottant son épaule en grimaçant.

-Pourquoi, le noir ?

-Je suis un vampire, Potter. Je vais agoniser plus longtemps dans ce trou à rats si je ne suis pas exposé à la lumière du jour… surtout sans nourriture.

-Je suis votre bouffe. J'ai entendu ce qu'ils disaient… vous savez.

La voix d'Harry n'était qu'un murmure à peine perceptible, mais l'ouïe surnaturelle du vampire lui permit de tout comprendre aisément.

-Potter, je sais que vous n'êtes pas mauvais du tout pour la magie sans baguette. Alors si vous pouviez vous approcher de moi un peu et lancer deux petits Lashlabask sur mes chaines, ça serait grandement apprécié. Ce n'est pas pour dire, mais j'ai froid ! Ces connards-là m'ont en plus foutu à poil !

Harry eut une sorte de petit hoquet de surprise. Toujours assis par terre, il tendit vaguement une main devant lui, vers la voix de son professeur.

-Je suis juste devant vous, Potter.

Se trainant sur une fesse et une cuisse, à demi-rampant et une main tendue devant lui, Harry entra en contact avec ce qui lui sembla être un… mollet poilu. Ok, il avait trouvé Rogue et il semblait bien qu'il ne portait pas de pantalon. Severus se pencha autant que pouvaient le lui permettre les deux chaines et attrapa Harry par les bras. Sans effort il le souleva et le mit sur ses pieds. Mais il dût le soutenir complètement, le Gryffondor n'avait pas la force de se tenir debout.

-Potter, vous avez encore assez de force pour me libérer ? Ça arrangerait bien nos affaires, je pourrais me rendre compte de votre état.

Severus Rogue sentit Harry hocher la tête, plaqué contre lui. Le vampire approcha l'anneau qui enserrait un de ses poignets de la main d'Harry. Celui-ci murmura le sort d'ouverture et l'anneau glissa à terre avec un tintement métallique.

-L'autre, Potter. Un peu de courage. Après je vais vous allonger sur le bat-flanc.

La main d'Harry se tendit vers l'autre anneau et l'enserra. Severus sentit le picotement de la magie du garçon et la chaine et son anneau tombèrent lourdement à terre. Aussitôt le vampire souleva le garçon dans ses bras sans effort et alla l'allonger sur le bat-flanc de bois. Il s'enroula lui-même dans la couverture, n'ayant rien d'autre pour se réchauffer, ou se vêtir. Fébrilement, il défit les boutons de la chemise d'école d'Harry, ou du moins ce qu'il en restait. Le corps du gamin était couvert d'hématomes mais seulement de quelques plaies certainement auto-infligées. Le résultat habituel d'un tournoi de Doloris bien appliqué.

-Ça va aller, Potter. Du moins je le crois. Fit-il en rhabillant comme il pouvait, son élève avec sa chemise abimée. Nous aurions été à Poudlard je vous aurais donné une cure post-doloris, pour contrer les effets sur le système nerveux, mais malheureusement, je crains qu'on ne doive laisser la nature faire son œuvre.

Le garçon tremblait à présent, et claquait des dents. En soupirant, Severus l'enroula comme il put dans sa cape d'école d'été, on était encore que fin septembre. Puis il s'allongea près Harry sur l'inconfortable bat-flanc et les recouvrit tous deux de la couverture.

-Mer… merci… Pro… Professeur…

-Chut, gardez vos forces, Potter, vous en aurez besoin. Dormez…

L'ordre donné par le vampire eut un effet immédiat sur le Sauveur du Monde Magique. Aussitôt son corps se détendit et il s'assoupit immédiatement. La terreur des cachots, allongé sur le côté, posa sa tête sur son avant-bras replié, et profitant de la chaleur émise par Harry, s'endormit lui aussi, afin de reposer son corps glacé et endoloris par l'enchainement.

Le bruit des pas d'au moins deux gardes dans le couloir, réveilla Severus Rogue bien avant que les deux Aurors soient près de sa porte. Il les entendit bavarder des derniers résultats des matchs de Quidditch. Une trappe s'ouvrit au bas de la porte et une cruche d'eau en terre cuite fut glissée par l'ouverture, ainsi qu'une demi-miche de pain.

-Du pain et de l'eau ? Je croyais que c'était un vampire qu'on avait là ?

-Ouais. Mais McNair a dit de lui donner du pain et de l'eau. Me demande pas pourquoi, c'est comme ça.

-Tu penses qu'il veut le faire durer plus longtemps ?

-Y a des chances… Le tout est de savoir ce qu'il veut en faire. Moi, je m'en fous, c'est pas mes mandragores.

La trappe se referma et Severus se tourna vers Harry qui semblait toujours dormir. Le mouvement que fit le vampire pour se lever souplement et se diriger vers la cruche d'eau dont il avala une bonne rasade, réveilla le jeune Gryffondor. Le maître des potions se tourna vers lui et la cruche toujours à la main s'approcha tranquillement.

-Potter ? Vous vous sentez comment ?

-Bi…bien… mieux… Mais… le… le noir… m'oppresse. Mauvais… souvenirs.

-Ils nous ont laissé de l'eau, elle est correcte, et du pain aussi. Vous avez soif ? J'ai la cruche avec moi, je vais vous faire boire. Je présume que vous tremblez encore…

-Oui, fit Harry dans un souffle, mais je voudrais… j'ai besoin… on fait comment… pour aller aux toilettes ici ?

-Bonne question.

Le vampire se retourna dans tous les sens, pour voir si quelque chose était aménagé dans la cellule, une commodité quelconque, voire un simple trou. Un rebord arrondi de pierre maçonnée, à une vingtaine de centimètres du sol, à l'autre bout de la pièce le renseigna. Un simple trou avec un rebord, pas question d'un luxe tel qu'une chasse d'eau ou même de papier toilette bas de gamme, style toilettes des stades de Quidditch : Tout le monde savait la Fédération de Quidditch très radine.

-Il y a un trou avec rebord maçonné, qu'on pourrait presque appeler des toilettes en y mettant un peu du sien. Je vais vous y conduire. Vous pouvez vous tenir sur vos jambes ?

-Pas sûr… murmura Harry un peu déboussolé.

Rogue le vit redresser ses lunettes cassées sur son nez, inutilement car dans le noir il n'en avait guère besoin, puis passer une main dans ses cheveux emmêlés et sales. Le vampire reposa la cruche sous le bat-flanc bien à l'abri, puis toujours emmitouflé dans la vieille couverture, il prit Harry par les aisselles et le mit sur ses pieds. Aussitôt le garçon vacilla, et s'accrocha aux bras de son professeur détesté.

-La cellule est petite, il n'y a guère que deux ou deux mètres cinquante, à parcourir. Courage, Potter, après vous pourrez vous allonger.

Harry hocha la tête et se laissa entrainer par Severus Rogue.

-On y est, Potter, vous pouvez vous défaire seul ?

Harry secoua la tête en dénégation, ses deux mains tremblantes n'arrivaient pas à se saisir ni du bouton de son pantalon d'école, ni de la tirette de la fermeture éclair. En poussant un soupir, Rogue cala Harry contre lui et lui défit à toute allure son bouton et sa fermeture éclair. Le pantalon glissa jusqu'aux genoux de l'Elu. Voyant Harry de plus en plus agité, Severus se résolu à baisser d'un seul coup le boxer qu'il portait et qui rejoignit le pantalon au niveau des genoux.

-Je pense que vous pouvez vous en sortir seul, non ? Ne me dites pas que je dois aussi vous la tenir, s'amusa la terreur des cachots.

Un simple sanglot lui répondit et des soubresauts des épaules, lui indiquèrent que le garçon fondait en larmes.

-Allons, allons, Potter, c'était juste pour détendre l'atmosphère, pas de quoi en faire un plat. Calmez-vous, prenez-votre temps. Et ma foi, bien, pour viser je vais vous aider. C'est déjà pas terrible ici, mais si on commence à pisser partout ça va être vite invivable.

Severus guida le poignet d'Harry afin qu'il ne fasse pas pipi à côté du trou, puisqu'il ne pouvait rien voir. La chaleur du corps du Gryffondor contre lui, l'odeur de son sang qui pulsait dans ses veines, commençaient à faire de l'effet au sinistre et glacial maître des cachots. Il n'avait pas eu le temps de se nourrir la veille, ni de sang, ni du peu de nourriture humaine qu'il consommait encore, et il savait qu'il ne tarderait pas à être dangereux. D'ici vingt-quatre heures, il allait se jeter sur le petit corps souple et chaud qu'il tenait contre lui. Il fallait qu'il se décide sur la façon dont il allait le faire. Il n'y avait pas trente-six solutions, soit il saignait à blanc son élève après l'avoir violé, comme traditionnellement avec une proie, soit il en faisait son calice, afin de les faire survivre le plus longtemps possible dans cet enfer. Le choix s'avérait vite fait, il n'y en avait pas vraiment d'ailleurs, à tout bien considérer. Ce que craignait le plus le vampire, c'est que la maigre ration de pain et d'eau ne suffise pas à rassasier Harry qui était déjà maigre, ni à lui faire produire le sang nécessaire pour nourrir le vampire. Il n'allait pas falloir trainer trop longtemps dans le coin.

Severus, sans faire de détails, remonta le boxer sur les hanches étroites du garçon ainsi que son pantalon qu'il reboutonna impeccablement. Il souleva ensuite Harry dans ses bras et alla le déposer sur le bat-flanc. Assis contre le mur de pierre, Harry respirait bruyamment, en proie à une presque crise de panique.

-Du calme, Potter, fit le Professeur en s'asseyant près de lui. Tenez, voici la cruche d'eau, faites attention de ne pas la renverser surtout, je crains que nous n'en ayons pas d'autre.

Harry porta la cruche à ses lèvres, aidé par Rogue qui ne la lâcha pas. Il empêcha Harry de s'étrangler avec l'eau en la lui retirant au bon moment. Puis, il prit le pain, en arracha un morceau et le mit dans la main d'Harry.

-Je crains qu'il ne s'agisse pas de pain frais, mais c'est mieux que rien. Mangez lentement, mâchez bien, ça vous remplira mieux le ventre.

Severus laissa Harry manger tranquillement et en silence, pendant quelques minutes. Lui-même ne se servit pas, il préférait laisser la nourriture humaine à Harry, il ne savait pas dans combien de temps ils pourraient en avoir d'autre. Et si d'ailleurs, il était prévu on leur en donne. Aux réflexions des Aurors, il semblait évident que personne ne savait qu'Harry se trouvait dans la cellule avec Severus.

-Monsieur Potter, pouvez-vous me dire comment diantre, avez-vous atterri hier soir, dans ma cellule ? Et qui vous a lancé ces Doloris ?

-J'ai été emmené chez les Aurors au Ministère, répondit le petit brun d'une voix à peine audible. On m'a interrogé. Un Auror, gentil. Il avait l'air contrarié, pour Tonks et Remus.

-Je suis navré pour votre loup, Potter et aussi pour Nymphadora.

-Merci, Monsieur.

-J'espère qu'Ombrage et sa brigade n'ont pas eu Monsieur Weasley et son épouse.

-J'espère aussi, soupira Harry.

-Poursuivez, Potter. Au Ministère… que vous a-t-on fait ?

-Un élève Auror m'a conduit en cellule et je me suis couché sur le matelas. J'ai été réveillé par des personnes qui sont entrées dans ma cellule. J'ai entendu des voix dire « Endoloris » et je ne me souviens plus de rien.

-Vous avez identifié une ou plusieurs voix ?

-Une seule, ce n'était pas bien difficile, et celle là, je ne risque pas de l'oublier : Dolorès Ombrage !

-Je vois. Tout ça c'est un coup monté. Ils veulent exterminer les loups-garous et les vampires pour commencer. Les choix proposés sont impensables ! La castration, l'avortement forcé, la mise à mort des fœtus survivants. L'obligation de calice, tout en sachant que mis en résidence surveillée et interdits de travailler c'est la misère et la mort pour le calice et le vampire à plus ou moins longue échéance. Morts de faim ! Potter ! Parce qu'un calice, ça mange pour deux, et que la nourriture ça coûte de l'or ! Personne n'acceptera de son plein gré de se soumettre à cette folie. Ombrage se retranchera derrière la loi qu'elle a fait passer et les rebelles seront éliminés, de la même façon que Lupin et Tonks. Quant à vous, Monsieur Potter, votre petite démonstration devant les élèves et les Professeurs de Poudlard, sans compter la Brigade anti-nuisibles au complet ne vous a pas rendu service. Depuis le temps qu'Ombrage voulait votre peau, vous la lui avez servie sur un plateau. Vous aviez besoin de fracasser cet idiot de Smith de cette façon ? Vous n'avez pas fait de détails d'ailleurs, sans baguette, et informulé en plus ! Jolie démonstration. Mal venue, mais jolie tout de même. Encore heureux que le Professeur Dumbledore ait pu arrêter votre Sectumsempra, sinon ça me tombait dessus, je vous rappelle que c'est moi qui l'ai inventé celui là !

-Je sais. J'ai pas fait exprès pour Smith, mais ce connard a toujours eu le chic pour me foutre en rogne, et cette trahison… elle a été de trop. D'ailleurs, je me souviens pas trop de ce que je lui ai fait. C'est flou.

-Je concède que Smith était un petit crétin qui n'avait pas une once de loyauté. On se demande même ce qu'il pouvait faire à Poufsouffle, pas assez futé pour faire un Serpentard, et pas assez ambitieux. Trop lâche pour faire un Gryffondor. Il est allé dans la Maison Fourretout, quoi. Vous l'avez projeté contre le mur de la Grande Salle alors que Monsieur McMillan s'en servait comme punching-ball. Le choc a été si violent que sa boite crânienne a éclaté. Voilà ce qui s'est passé.

-Professeur Rogue, on va rester longtemps, ici ? Je veux dire… dans le noir et tout.

-Nous ne sommes pas obligé de rester dans le noir, Potter. Juste ce qu'il faut pour ne pas que les gardes vous soupçonnent être ici, car je pense qu'ils ignorent tout de votre présence à Azkaban d'abord, et dans cette cellule ensuite. Je ne maîtrise pas la magie sans baguette de la même façon que vous, Potter, mais à nous deux nous pouvons nous débrouiller.

Gawain Robards était furieux lorsqu'il entra dans le bureau de Rufus Scrimgeour suivi de quelques Aurors. Ils avaient tous été convoqués de bonne heure pour une réunion, et Robards venait de s'apercevoir que personne ne savait où se trouvait son prévenu de la veille, le dénommé Harry Potter.

-Mais enfin Rufus, que se passe-t-il ici, par Merlin ? J'arrive de bonne heure, pour finir l'interrogatoire de Potter qui entre nous, était pas mal déboussolé hier soir. Il m'a raconté un truc énorme comme quoi l'Auror Tonks et son mari seraient morts ! Et ce matin, plus de Potter et aucune trace de lui nulle part !

Scrimgeour passa une main lasse dans sa crinière rousse de lion et remonta ses petites lunettes ovales sur son nez.

-Assieds-toi Gawain, ordonna-t-il. Vous aussi, asseyez-vous tous.

Robards, Shacklebolt, Savage, Fiertalon, Dawlish et Johnson le jeune élève Auror qui était en stage avec cette brigade obéirent sans discuter.

-Ce matin, les Elfes du Ministère, chargés de faire le ménage dans notre Quartier Général ainsi que dans les cellules, sont venus me prévenir que la cellule numéro 4, qui aurait du être occupée par Harry Potter depuis la veille, selon le registre, était vide. Enfin, disons qu'elle ne contenait que quelques traînées de sang. Le résidu magique que j'ai pu analyser indique que plusieurs personnes se sont introduites dans cette cellule cette nuit et on lancé une quantité élevée d'impardonnables sur le prévenu.

-Mais enfin, Rufus, s'énerva Robards, en voyant les mines effarées et pâles de ses hommes. C'est un moulin moldu ici ou quoi ? N'importe qui peut entrer et exécuter ou torturer les prévenus ou les témoins ? Où est Potter ? Ce gamin doit être expédié à Sainte-Mangouste, il n'était déjà pas dans son état normal hier soir. Et où est Tonks, bon sang !

-L'Auror Tonks, enfin, je devrais dire l'ex-Auror Tonks a été éliminée hier soir par la Brigade anti-nuisibles après qu'elle ait résisté à l'arrestation de son mari, le loup-garou Remus Lupin, dans le parc de Poudlard.

-Alors, c'est vrai ? Ce que disait le gosse hier soir… Tout est vrai ?

-Oui, malheureusement. J'ai lu le premier jet du rapport du légistomage, il y a quelques minutes. Ils ont été tués par deux maléfices de videntrailles. Les premières constatations indiquent que le loup-garou venait d'ingurgiter une dose de potion Tue-Loup de qualité supérieure, sans nul doute celle du vampire Rogue, ce qui explique la présence de Lupin et de Tonks sur les terres de Poudlard. Le rapport indique aussi qu'un fœtus de trois mois non atteint de lycanthropie a été retrouvé dans les restes funèbres de l'Auror Tonks.

-Elle était enceinte ? rugit Kingsley qui ne pouvait plus garder son calme. Et le petit était sain ? Si elle n'avait pas tenté de résister, elle aurait été envoyée à Sainte-Mangouste et avortée de force d'un enfant parfaitement normal ?

-Exact, fit Scrimgeour les deux mains posées à plat sur son bureau. Mes enfants, je crains que nous ne vivions des heures bien sombres. Je n'ai pas réussi à savoir où était passé Harry Potter, mais je crains le pire. Nous ne sommes même plus les maîtres dans notre propre département. J'ai bien peur que Madame Ombrage n'ait un peu fait déborder son autorité très récemment et malheureusement notre Ministre Fudge la soutient complètement et n'a rien voulu entendre de mes protestations, ce matin.

-Rufus, vous nous dites que cette cinglée a les pleins pouvoirs, c'est ça ?

-En quelque sorte, Gawain… répondit prudemment Scrimgeour. Si certains d'entre vous ont des connaissances dans l'Ordre du Phénix, il serait bon que ces personnes soient averties, nous aurons besoin d'aide, de toute l'aide possible. Nous allons vers le chaos. Encore une fois…

-Si les loups-garous et les vampires se mettent à se révolter pour échapper à la Brigade anti-nuisibles, nous allons avoir une nouvelle guerre sur les bras, entendit-on Fiertalon dire soudain.

-C'est bien ce que je crains.

-Rufus, et Potter ? insista Robards.

-Ne comptez plus sur le garçon, Gawain, je pense qu'Ombrage s'en est débarrassé cette nuit. Il faudrait prévenir Poudlard, il était sous leur responsabilité. Je ne voudrais pas être à la place de Fudge quand Dumbledore va lui tomber dessus.

-Je m'en occupe ! affirma Kingsley Shacklebolt en se levant immédiatement de son siège.

Rufus Scrimgeour le laissa sortir de la pièce sans chercher à protester. Il venait officieusement de demander de l'aide à Dumbledore et l'Ordre du Phénix. La disparition d'Harry Potter avait été le facteur déclenchant. Il ne voulait pas se trouver du même côté que ses assassins.

La communication par cheminette venait de s'interrompre dans le bureau directorial de Poudlard. Les yeux glacés derrière ses lunettes en demi-lune, Albus Dumbledore se releva vivement, sans égard pour ses vieux genoux. Les nouvelles qu'il venait d'apprendre de Kingsley Shacklebolt lui avaient figé le sang. Le Ministère, par l'intermédiaire de Dolorès Ombrage, venait de déclarer la guerre à une partie du Monde Magique. Ils avaient tué, semble-t-il, le jeune héros, Harry Potter, celui derrière qui les Sorciers se seraient sans nul doute regroupés en cas de dissension avec l'autorité ministérielle. Maintenant, sans leur meneur, aussi virtuel soit-il, les sorciers de la rue se sentiraient impuissants, abandonnés. Dumbledore n'avait pas l'intention de laisser passer ça. Remus et Tonks étaient peut-être morts ainsi qu'Harry Potter, mais il n'avait pas l'intention d'abandonner tous les autres, parmi eux Bill et Fleur qui elle aussi était enceinte et avait pris le portoloin vers la France, terrorisée à la pensée de finir comme Tonks. Bill avait souhaité rester en Ecosse, pour se battre mais Albus l'en avait empêché, lui disant qu'il serait bien plus tranquille de les savoir tous deux en sécurité chez les Delacour, Molly et Arthur avaient aussi insisté pour qu'il se mette à l'abri. Bill s'était donc résolu à suivre son épouse et avait pris le portoloin suivant.

Albus n'avait aucune nouvelle de Severus Rogue. Il le savait à Azkaban, certainement dans les niveaux souterrains de haute-sécurité où on gardait les vampires habituellement. Mais ceux-ci étant normalement des criminels, leurs séjours étaient limités à la durée de leurs procès et ensuite à leur exécution éventuelle par transfert en cellule lumineuse, où l'aube les réduisait en poussière en un instant, n'ayant plus de potions pour les protéger de la lumière du jour. Rien n'était prévu pour un séjour de longue durée, Albus se doutait que le traitement infligé à son maître des potions ne devait pas être très agréable. Dans moins d'une journée, le vampire aurait faim et une affreuse agonie commencerait pour lui.

Le vieil homme sortit sa baguette de sureau de la poche de sa robe jaune et fit ce qu'il ne pensait plus jamais faire depuis la mort de Voldemort. Il lança un Patronus général appelant L'Ordre du Phénix au grand complet ainsi que les professeurs de l'école à une réunion immédiate pour cause de grave péril pour l'école et le Monde Magique. Puis il s'assit à son bureau après avoir libéré de son mot de passe la Gargouille ailée qui gardait l'escalier à vis. Il croisa les mains sur son buvard rose, puis regarda l'un après l'autre les tableaux des anciens directeurs qui le fixaient, muets et passablement inquiets. Une voix se fit entendre, celle de Phineas Nigellus Black depuis sa toile au fond de la pièce.

-Albus, si je comprends bien, c'est de nouveau la guerre ? Et contre le Ministère ?

-Oui, Phineas, vous avez tout compris. D'ailleurs si certains d'entre vous, veulent aller espionner depuis leurs autres portraits, ne vous gênez surtout pas !

Aussitôt une nuée de portraits s'empressa de quitter les toiles qui devinrent désertes. Seul Phineas qui n'avait pas de portrait ailleurs qu'au Square Grimmaurd resta, il ne voulait rien perdre de la réunion qui allait avoir lieu. Enfin un peu de distraction, depuis la mort de son arrière-arrière petit-fils et semblait-il de son héritier, ce qui était fort contrariant pour la Maison des Blacks.




Dernière édition par ainat le Sam 11 Juin - 14:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Ven 10 Juin - 22:51

Bah, ça ressemble vraiment à Harry Potter, non ? T'es sure que t'aurais pas copiée ? x) T'as même pas de fautes, toi qui en fait souvent. C'est normal ? x)

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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Sam 11 Juin - 12:14

Hey! J'en fait pas autant que SA!mPis oui j'ai copier mais d'un site ou des gens écrivent des fanfictin :D En plus il y as 10 chapitre :)
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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Sam 11 Juin - 12:16

Ah d'accord ! :D C'est bien quand même ! :)

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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Sam 11 Juin - 14:55

Walden McNair avait tenté de venir se gausser du vampire prisonnier au 3ème niveau souterrain d'Azkaban, ce matin-là. Le bourreau avait passé la nuit précédente à boire avecses comparses ainsi qu'à torturer les quelques prisonniers qu'ils avaient sous la main. Il s'agitait et parlait fort dans le couloir, et Severus l'entendit bien avant qu'il n'approche de la cellule. Aussitôt, il souleva Harry qui somnolait sur la couche de fortune et le déposa au centre de la pièce.

-Faites le mort, Potter, McNair vient aux nouvelles.

-Ok, fit Harry dans un souffle, toujours enroulé en chien de fusil, dans sa cape aux armes de Gryffondor.

Le vampire jeta la couverture qui l'enveloppait sur le bat-flanc et reprit sa place au centre de la cellule. Il tendit les deux mains et les chaines semblèrent se rattacher à ses poignets, sauf qu'il les tenait entre ses doigts, mais dans la pénombre, il était peu probable que le borgne puisse voir quoi que ce soit. Lorsque la porte s'ouvrit sur McNair et son acolyte de la veille, un relent de Whisky frelaté bas de gamme sauta aux narines sensibles du vampire qui grimaça.

-Alors, Severus, tu t'es amusé avec ton cadeau ?

-Pas encore, je le garde pour plus tard, quand j'aurai bien soif. Il n'est pas en très bon état, d'ailleurs, tu parles d'un cadeau, je vais en avoir juste pour deux minutes à le vider. Même pas le temps de m'amuser avec.

Le bourreau se mit à hurler de rire à la pensée de ce qui attendait ce petit misérable de Potter. Il savait bien ce que Severus entendait par « s'amuser avec », il connaissait les manières des vampires avec leurs proies et se doutait bien que même si l'ancien Mangemort disait qu'il n'aurait pas le temps, il le prendrait bien entendu, et viderait de son sang le soi-disant sauveur du Monde Magique après lui avoir fait subir les derniers outrages.

-Bon, je viens récupérer tes déchets quand, alors ? Demain ?

-Comme j'ignore l'heure et si nous sommes le jour ou la nuit, ça va être difficile de te répondre, ricana Severus en laissant apparaître deux longues canines blanches bien luisantes et visiblement tranchantes et pointues.

Le bourreau frissonna à cette vue et recula dans le couloir. De toute évidence, le vampire commençait à se réveiller et il ne valait mieux pas rester trop dans les parages. Il avait déjà vu Rogue en proie à une soif de sang et le spectacle n'était pas des plus jolis, bien qu'il ait paru follement amuser le Seigneur des Ténèbres à l'époque. Lord Voldemort s'était d'ailleurs empressé de fournir deux moldus à Severus, un homme et une femme, qu'il avait pratiquement mis en pièces en plus de les saigner à blanc. C'était ce jour-là que McNair avait compris comment s'amusaient les vampires avec leurs proies. Rogue avait violé l'homme tout en s'abreuvant à son cou, il n'avait pas touché la femme de cette façon là, laissant ainsi paraître ce qui semblait être ses préférences sexuelles. Mais il l'avait complètement vidée de son sang et s'était acharné sur le corps, la mutilant de façon incroyable, à la plus grande joie du Seigneur des Ténèbres, fasciné par le spectacle. D'ailleurs, un remake était régulier, il semblait que le mage noir ne se lassait pas de la vision offerte par un Severus affamé. Lucius Malefoy, Parkinson et les Lestranges appréciaient bien la vue aussi, si les souvenirs de McNair étaient fidèles.

-Bon, je te laisse, fit le bourreau en refermant la porte. Je viendrai dans cinq ou six heures. Ça ira ?

-Parfait ! répondit une voix rauque qui était à présent celle du vampire en Severus Rogue.

Le borgne frissonna en claquant la porte. Aussitôt, un bruit de clés se fit entendre, et la serrure s'enclencha à la façon moldue. Aucun sorcier ne pouvait crocheter une serrure moldue tout comme un petit voyou moldu de quatorze ans pouvait le faire. Il était bien plus simple de les enfermer ainsi, avec un simple anti-alohomora sur la porte.

Les dents du vampire se rétractèrent dès que la porte se referma, il laissa les chaines retomber sur le sol et se pencha pour soulever Harry qui n'avait pas bougé. Le garçon l'inquiétait, il était prostré depuis son arrivée, et sans nul doute sous le choc de la mort du loup-garou et de Tonks. Severus ne regrettait pas une seule minute Lupin, mais le décès de l'infortunée et jolie Auror était dommage et complètement inutile. Sans compter que ça faisait deux membres de moins pour l'Ordre du Phénix.

-Potter, nous allons devoir avoir une petite discussion tous les deux. Il n'est pas possible de la remettre. Je pense que vous savez pourquoi.

-Vous allez me bouffer, soupira Harry, presque indifférent.

-Tout de suite les grands mots !

Le vampire assit Harry sur le bat-flanc et récupéra la couverture qui y gisait afin de s'y enrouler de nouveau.

-McNair s'attend à ce que je sois en soif de sang dans quelques heures. Obligatoirement, vous êtes la proie qu'il m'a laissée afin de me sustenter et de venger la mort du Seigneur des Ténèbres. Ainsi il fait d'une potion, deux doses. Nous avons deux possibilités, Monsieur Potter, où je vous vide de votre sang complètement après vous avoir violé, ou bien je fais de vous mon calice.

-HEINNNN ? Tu parles d'un choix ! s'énerva soudain le Survivant. Et pourquoi cette histoire de viol ? Ça va pas, non ?

-Potter, je croyais que vous aviez étudié les vampires en 3ème année avec ce cher Lupin… Ne me dites pas qu'il a édulcoré sa petite histoire ?

-Je… je ne suis pas au courant. Remus n'a jamais parlé de viols…

-Alors, il a édulcoré. M'étonne pas, il a toujours été coincé. Il suffit de voir le temps qu'il a mis à répondre aux avances plus que visibles de Tonks. Fallait vraiment être bouché pour ne pas piger.

-Ne parlez plus de Remus et Tonks ! gronda Harry, que la simple mention de leurs noms faisait pleurer.

-Potter, pour faire court. Ce que votre loup-garou ne vous a pas dit, c'est que les vampires ont systématiquement une relation sexuelle en s'abreuvant. Si le donneur est un calice, c'est un rapport sexuel banal comme pour n'importe quel couple. Si c'est une proie, une victime, bien entendu elle ne se laisse pas faire et c'est le viol obligatoire.

-C'est dégueulasse !

-Autres races, autres mœurs, Monsieur Potter ! Vous croyez que les loups-garous se montrent tendres avec leurs proies ? Non, Potter ! Croyez-moi sur parole, non. J'ai déjà vu Greyback à l'œuvre et je suis un lutin de Cornouailles à côté de lui.

-Si je comprends bien, je n'ai que le choix de devenir votre calice. Mais je ne suis pas une fille… Vous ne pourrez rien me faire, pas vrai ?

-Innocent ! s'amusa le maître des cachots. Je préfère les sorciers, Potter, donc vous allez parfaitement faire l'affaire.

A cette annonce, Harry frissonna et se figea. Il n'avait jamais eu aucune relation sexuelle avec personne. Il ne savait même pas s'il préférait les filles ou pas, n'ayant jamais été attiré par quiconque de cette façon-là.

-Mais… mais… je…

-Laissez-moi deviner, s'amusa le vampire en s'adossant lui aussi au mur de pierre, près d'Harry. Vous allez me dire que vous êtes hétéro.

-J'en sais rien, murmura le Sauveur du Monde Magique.

Severus Rogue ferma les yeux, pinça l'arête de son nez entre son pouce et son index, et se mit à compter mentalement jusqu'à dix.

-Vous… n'en savez rien. Vous êtes donc puceau, Monsieur Potter. Etonnant, je pensais qu'avec tous les fans qui se jettent à vos pieds sans arrêt, vous auriez eu au moins cette curiosité-là. Vous ne faites décidément jamais rien comme tout le monde.

-Jamais eu envie.

-Bizarre. Si vous voulez mon avis. Je croyais que vous étiez sorti avec Miss Chang déjà.

-Juste un baiser et c'était pas terrible en plus.

-C'est tout ?

-Ginny Weasley a essayé aussi, mais je l'ai repoussée dès qu'elle a mis ses lèvres sur moi.

Le maître des potions garda le silence un instant, scrutant le visage d'Harry Potter dans la pénombre, grâce à sa vision améliorée de vampire.

-Si je comprends bien, votre expérience se limite à un baiser pas terrible de Miss Chang, et une tentative de Miss Weasley. Tentative que vous avez vous-même repoussée. Eh bien… On n'est pas sorti du chaudron !

-Désolé ! J'ignorais que j'allais tomber dans les griffes d'un vampire doublé d'un satyre et qui ne penserait qu'à me faire des choses dont j'ignore tout ! s'énerva Harry en serrant un peu plus fort les pans de sa cape contre lui.

-Vous avez quand même bien une petite idée de ce qui se passe entre deux hommes qui font l'amour… Potter !

Harry sentit ses joues devenir écarlates, il se mordit la lèvre inférieure et bénit Merlin et toutes les déités disponibles pour l'absence totale de lumière.

-Non… pas vraiment, avoua-t-il dans un souffle.

-Okaayyyy… et un homme et une femme ? Ça vous inspire mieux ?

-Non.

-Vous voulez me faire croire que vous n'avez aucune idée de ce qui se passe entre un homme et une femme non plus ?

-Pas… tellement.

-Monsieur Potter, vos moldus ne vous ont donc jamais expliqué le minimum basique ? Pas d'éducation sexuelle ?

-Non. Ce genre de conversation était interdite. Et si quelque chose de ce genre passait à la télévision, ils changeaient de chaîne aussitôt.

-Ben voyons ! Vous savez au moins comment on fait les enfants ?

-Heuu… j'en suis pas très sûr.

-Par la barbe de Merlin, mais qu'est-ce que Minerva fabrique avec ses lions, franchement ! J'envoie mes Serpentards à Poppy Pomfresh par petits groupes en seconde année. Elle leur explique les bases et leur remet une petite brochure contenant en plus quelques sortilèges de contraception, de lubrification, ce genre de choses. Je sais bien qu'ils sont encore jeunes en seconde année, mais il vaut mieux prévenir que guérir, croyez-moi ! Vous avez dix-sept ans et vous êtes aussi innocent qu'un de mes « première année ».

-Désolé.

-Bon, reprenons. Vous savez au moins qu'elle est la différence physique entre un garçon et une fille ?

-Oui. Les animaux sont… différents, ça se voit bien. Et puis, j'ai vu une fois, par accident, Katie Bell et Angelina Johnson dans les douches des filles au Stade de Quidditch, leur porte s'était ouverte.

-On avance ! Donc les filles ont des seins, et pas de pénis ni de testicules, je suppose que ça vous a sauté au nez, si je puis dire…

-Oui.

-Les filles, Potter, pour faire court, elles ont une fente, avec un trou qui sert de réceptacle à nos pénis en érection, si l'envie nous en prend de le leur mettre là. Selon, nos penchants personnels bien entendu. C'est ainsi qu'on fait les enfants, Potter.

Harry hocha la tête en silence dans le noir.

-Entre deux hommes, c'est un peu différent. L'un d'eux, dit le dominant est celui qui va utiliser son pénis, le second dit le passif ou soumis est celui qui sert de fille. Et le seul orifice disponible pour l'introduction du pénis est l'anus, Potter. Me suis-je bien fait comprendre ?

-Héééé ! Mais ça doit faire un mal de chien !

-Pas quand c'est bien fait, Potter, c'est même très plaisant, il parait. Moi, je suis comme tous les vampires, un dominant. Mais c'est très connu que les calices apprécient particulièrement le pénis de leur vampire à cet endroit, donc c'est forcément plaisant d'une façon ou d'une autre.

-D'accord. Et quand c'est pas avec un calice ?

-Ah ça… c'est sûr que pour la proie c'est loin d'être drôle, mais ça donne du goût au sang, un goût de gibier, ricana le vampire.

-Z'êtes dégueu, là.

-Je suis pratique, Potter. Je vous livre la vérité toute nue, à vous d'en faire ce que vous voulez.

-Le sang des calices est meilleur ?

-Il parait que c'est un pur nectar. Mais je n'ai jamais eu de calice, Potter, alors je ne peux pas vous en dire plus.

-Comment ça se passe ? Je veux dire… pour devenir un calice. Remus ne s'est pas étendu sur le sujet, non plus.

-Etonnez-vous… Je vais boire une petite quantité de votre sang, ensuite je vous donnerai du mien à boire, et je boirai de nouveau du vôtre.

-Et quand… quand est-ce… que vous faites, la chose là… celle en plus ?

-Quand vous voulez… s'amusa le vampire, devinant l'angoisse du garçon.

-Et si je veux pas ?

-Oh mais vous allez vouloir, Potter, croyez-moi, vous allez vouloir…

-Je ne vous crois pas !

-Vous avez tort, je peux être très persuasif… quand je veux.

-Je… je croyais que vous ne violiez que les proies et pas les calices ? paniqua Harry, tentant de fuir la proximité du vampire.

Celui-ci le rattrapa par le bras d'un geste vif, et l'obligea à rester assis près de lui.

-Je ne vous violerai pas, Potter, Vous viendrez à moi, tout seul… de vous-même.

-Pas vrai ! C'est pas possible d'abord !

-Que vous êtes naïf, Potter… c'en est incroyable ! Dommage que nous manquions de temps, j'aurais aimé m'amuser plus longtemps avec vous.

-Parce que vous croyez que c'est un jeu ? Décider si vous aller me bouffer et me violer, tu parles d'un jeu plaisant !

-Je croyais que nous avions déjà décidé que je ne vous boufferai pas comme vous dites, et le reste non plus. Alors pourquoi remettre ça sur le tapis ? Vous avez si peur que ça ?

-Oui.

-Vous avez peur de l'inconnu. Votre manque catastrophique d'expérience et même de théorie en est la cause.

-Pas de ma faute.

-Vous voir aussi asexué est pour le moins étonnant. Vous n'êtes jamais excité, le matin par exemple ?

-Des fois, mais je m'en fous. J'y pense pas. Il dégonfle tout seul quand il en a marre et c'est tout.

-C'est… tout ? sursauta le vampire stupéfait, la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Vous n'y avez jamais touché un peu ?

-Nan, pourquoi faire ?

-Il demande pourquoi faire… Merlin, achevez-moi ! Si je sors d'ici, je chope Albus et je l'oblige à inscrire les cours d'éducation sexuelle dans le cursus de Poudlard, même si je dois les faire moi-même.

-Vous n'aurez personne, vu la façon dont vous vous y prenez… répondit sèchement Harry, un peu vexé.

-Ok, ok, la théorie c'est peut-être pas mon truc, mais en revanche question pratique, j'ai de l'entrainement.

-Tu parles, des viols ! Ça fait un putain d'entrainement !

-Et l'instinct des vampires, vous en faites quoi, Potter ? Nous avons ça en nous, dans nos gènes !

Dans le bureau directorial de Poudlard, Molly Weasley en larmes, tordait son mouchoir dans tous les sens, tandis qu'Arthur, tentait désespérément de la calmer.

-Ils ont osé ! criait la sorcière rousse. Ils ont torturé et tué mon petit Harry ! Il faut faire quelque chose, tout de suite, ils ont tué Remus et cette pauvre petite Tonks, et ils voudront mon Bill aussi ! Et Severus, hein ? Que sont-ils en train de faire à Severus, pendant que nous parlons ?

-Calme-toi, Molly, calme-toi… c'est un drame épouvantable, cette affaire. Mais Bill est à l'abri avec Fleur, nous ne sommes encore sûrs de rien pour Harry. Comme disent les Moldus, pas de corps pas de crime.

-POUR LES MOLDUS PEUT-ÊTRE ! Mais nous ne sommes pas des Moldus, Arthur ! Un simple evanesco peut faire disparaître un cadavre !

Tandis qu'Arthur tentait de calmer une Molly au bord de l'hystérie malgré la potion calmante que Poppy avait glissée dans sa tasse de thé, Ron et Hermione, hébétés, sanglotaient dans leurs mouchoirs, tout près de Fred et George, dramatiquement pâles et stoïques, ce qui ne laissait rien présager de bon. En fait, toutes les femmes de l'assemblée pleuraient, ainsi que quelques hommes dont le petit Professeur Flitwick.

-Kingsley, qu'avez-vous appris ? demanda Albus Dumbledore d'une voix basse.

-Rufus nous a confirmé que nous ne sommes plus les maîtres dans notre service. Ombrage passe systématiquement au dessus de nous. Harry a été mis en cellule par un élève Auror hier soir. Il était prévu qu'il soit envoyé pour examen à Sainte-Mangouste ce matin, étant donné le choc qu'il a reçu hier soir, avec les morts de Remus et Tonks. Dans la nuit, plusieurs individus non identifiés ont pénétré dans sa cellule et lui ont lancé un certain nombre d'impardonnables. Les Elfes on trouvé du sang dans la cellule ce matin et plus de Potter. Scrimgeour a tenté d'en savoir plus, mais les signatures magiques étaient masquées semble-t-il. Il n'a pu identifier que des Doloris en grand nombre. Il n'y a aucune trace qu'Harry soit sorti du Ministère, en tout cas rien dans les registres, ni les parchemins. Et Fudge ne veut rien entendre, bien sûr.

-Si Harry est encore en vie, où peut-il être ? tenta Arthur.

-N'importe où, répondit Albus.

-Azkaban ? tenta Minerva, en frottant son nez rouge avec son mouchoir écossais.

-Je ne crois pas. Azkaban tient des registres de ses prisonniers et ils sont tous répertoriés par cellule. Un prisonnier en plus, aussi célèbre qu'Harry ne passerait pas inaperçu parmi les Aurors de garde.

-On ne peut pas vérifier, pour être sûrs ? proposa Hermione.

-Difficilement. Alastor n'est plus là, et malheureusement c'est lui qui avait tous les contacts à Azkaban. En outre, Kingsley a appris que les barrières magiques de la prison avaient été modifiées et que même les barques et les hiboux n'arrivaient plus jusque là.

-Alors, il faut utiliser du Polynectar et remplacer un des gardes. Affirma Fred sûr de lui.

-Bonne idée, mais nous ne connaissons aucun garde, répondit Kingsley. Ils ne viennent pas du Ministère. On se demande même d'où ils viennent. Je me pose la question depuis un moment est-ce que ce sont des vrais Aurors d'ailleurs, ou de simples gardes-chiourmes sous qualifiés ?

-Il serait intéressant d'essayer d'en apprendre plus à ce sujet. Si nous pouvions vérifier la présence d'Harry ou pas à Azkaban ça serait une avancée, et aussi voir ce que nous pouvons faire pour Severus. Il ne va pas tarder à avoir soif de sang, dans quatre ou cinq heures il sera dangereux. Il va commencer à souffrir, et l'agonie va débuter également.

-Combien de temps aura-t-il ?

-Dans douze heures après le début de la soif de sang, il sera comateux. Il va se déshydrater progressivement et sera mort dans moins de vingt-quatre heures.

-C'est court ! s'étonna Hermione. J'avais lu que…

-Miss Granger, le Professeur Rogue a toujours été un vampire privilégié et bien nourri. Il n'a jamais manqué de sang, que ce soit du sang en poche provenant de la banque du sang moldue que nous lui fournissons ici, soit les proies vivantes que Voldemort mettait à sa disposition de façon, plus que généreuse, je dirai. Severus ne sera pas capable de faire face, de la même façon qu'un vampire habitué à se restreindre quotidiennement.

-C'est pour ça que le Professeur Rogue n'a jamais posé de problème à Poudlard ?

-Tout à fait, Miss Granger. Et c'est aussi pour cette raison qu'il n'a jamais eu besoin de recourir à un calice et qu'il est tombé sur le coup de la loi. Nous avons été pris de court et nous n'avons même pas eu le temps de lui faire accepter la possibilité de prendre un calice. Maintenant, je crains que ce ne soit un peu tard. J'aimerais juste pouvoir le sauver et le cacher.

-Ensuite, ils vont s'attaquer aux hybrides diurnes, les centaures, les demi-géants comme Hagrid.

-Oui, Monsieur Weasley, soupira le vieil homme en entendant Ron se manifester pour la première fois. Firenze a été prévenu et est retourné dans la Forêt Interdite cette nuit. Magorian et sa horde sont masqués par de nouvelles barrières magiques que Minerva, Filius et moi avons mis en place aussitôt. Le Ministère ne pourra pas les débusquer là. Hagrid va partir pour Beauxbâtons dès que Madame Ombrage passera à ce qu'elle va nommer les nuisibles diurnes. Notre amie Olympe Maxime s'est proposée pour l'héberger sans souci, le temps qu'il faudra, ainsi que les Vélanes que nous aurions à l'école éventuellement. Il y a une petite communauté de Vélanes à Beauxbâtons, ils ont donc l'habitude.

-On n'a pas de Vélanes… fit Ron en reniflant.

-Si, Monsieur Weasley, nous en avons un, Drago Malefoy a un quart de sang-vélane par son père. Mais je ne pense pas qu'il soit en danger à Poudlard. Pas tant que Lucius est protégé par Cornélius Fudge.

-Que va-t-on faire, Albus ?

-Kingsley et ses hommes n'ont que la solution d'envoyer éventuellement un faux prisonnier à Azkaban, afin qu'il ouvre les yeux et les oreilles.

-On peut faire ça ?

-C'est risqué, Minerva, mais si quelqu'un a une idée, qu'il le dise, je suis ouvert à toutes les propositions.

-Je vais le faire, affirma aussitôt Fred après un regard à George. Il suffira que je me déguise avec des trucs moldus qui passeront les détecteurs de magie. Pendant qu'on m'installera à Azkaban, King et les autres auront le temps de fouiller partout. Entre la cape d'invisibilité d'Harry et les deux de Fol Œil qu'il nous a laissées, ça va aider, non ?

-PAS QUESTION ! hurla Molly. J'ai déjà perdu Harry, Remus et Tonks et presque Bill, je refuse de risquer aussi votre vie !

-M'man… Si j'y vais pas, c'est George qui va y aller, ça changera quoi ?

-Et si les jumeaux n'y vont pas, j'irai ! gronda Ron, affirmant son soutien à ses frères.

Molly passa son regard d'un visage à un autre et sanglota dans son mouchoir, voyant la partie perdue. Arthur intrigué, en profita pour demander aussitôt à ses jumeaux.

-Vous avez parlé de déguisement moldu… C'est quoi ? Je peux voir ?

Dans la cellule numéro 723, du 3ème niveau souterrain d'Azkaban, un vampire tentait de dérider un futur calice coincé et frigide. Le temps leur était compté et le garçon n'y mettait vraiment pas du sien.

-Potter, retirez vos vêtements ou je le fais moi-même !

-Pas question ! Et pourquoi faire d'abord ?

-Nom d'un noueux en chaleur ! Je suis à poil, Potter, je veux que vous vous colliez contre moi et que vous me disiez si ça vous fait quelque chose.

-Ça… ça devrait ? hoqueta Harry choqué et accroché à sa cape comme à une bouée de sauvetage.

-C'est possible. Mais au moins on le saura et on avancera un peu.

-Vous… vous z'allez pas… hein ?

-Je ferai rien de plus que ce que j'ai dit, pas de panique inutile ! Mais quelle chochotte ! Un Gryffondor, ça ? Pouah ! A peine un Poufsouffle !

-Hé ! C'est fini ! Oui ?

A contrecœur, Harry entreprit de retirer un à un ses vêtements dans le noir, il essayait de ne pas faire de bruit de froissage de tissu afin de ne donner aucune indication à la Terreur des cachots, sur le niveau de son déshabillage. Puérile idée, car le vampire voyait dans le noir et n'en perdait pas une miette.

-J'ai froid, fit Harry en grelottant soudain, plus de peur qu'à cause de la température d'ailleurs.

-Monsieur Potter, retirez également votre pantalon et votre boxer ou nous n'allons jamais en sortir. Vous aurez chaud dans quelques minutes, je vous le promets.

-Marchera pas… grommela le Sauveur avec une mauvaise foi inouïe.

Tandis qu'Harry se levait du bat-flanc pour retirer ses chaussures et son pantalon, le maître des potions étalait la couverture qu'il avait précédemment sur le dos, sur les rudes planches afin de tenter de faire une sorte de lit acceptable avec également la cape du Gryffondor et le lambeau de chemise. Severus lui arracha le pantalon des mains et le glissa contre le mur le long des planches.

-Hééé ! Vous faites quoi avec mes fringues, d'abord ?

-Un lit acceptable, Potter. Retirez vos lunettes et mettez-les sous le bat-flanc, sinon elles vont être encore en plus piteux état qu'elles ne le sont déjà. Et franchement, vous auriez pu vous en passer, on ne peut pas dire qu'elles vous aident à voir en ce moment.

-Très drôle ! Mais au moins, elles me donnent un semblant de normalité, dans ce trou du cul du diable ! protesta Harry, tout en obéissant néanmoins.

-Allongez-vous, Potter ! Et par Merlin, qu'est-ce que j'ai dit, hein ? Le boxer ! Retirez-moi ce putain de boxer ou je le fais immédiatement ! Vous êtes dur du feuillage, hein ?

-On dit dur de la feuille ! Pas du feuillage !

Le boxer glissa le long des jambes du Sauveur mortifié et tomba sur le sol.

-Je fais quoi, maintenant ? demanda-t-il d'une petite voix inquiète.

-Oh, rien de trop difficile pour votre petit cerveau de coincé. Allongez-vous sur le dos, c'est tout.

Inquiet, Harry obéit, tout en soupirant et en écarquillant les yeux comme si ça allait changer quelque chose. Il retint son souffle en sentant un autre corps s'allonger près de lui sur le côté. Le vampire glissa sa jambe repliée par-dessus celles d'Harry pour l'immobiliser et lui donner une idée de ce que pouvait être le contact avec un autre corps. Pétrifié, Harry n'osait plus bouger et avait fermé les yeux, tournant en plus son visage du côté opposé au vampire. Une main un peu froide l'obligea doucement à tourner la tête vers lui. Les doigts fins caressèrent quelques secondes la joue douce et imberbe du Gryffondor sur laquelle ils s'attardèrent.

Pendant ce temps, le vampire exhalait des phéromones par tous les pores de sa peau. C'était son arme secrète, celle que tous les vampires possédaient mais qu'il n'avait jamais pris la peine d'utiliser, n'y voyant aucun intérêt. Mais là, sa survie et celle de Potter dépendaient de sa capacité à faire de lui un calice acceptable et donc à séduire le morveux coincé et niais au possible.

Severus vit les yeux d'Harry papilloter et sa respiration se faire plus profonde. Il approcha sa bouche de la mâchoire du futur calice et commença à y déposer quelques baisers légers. Un petit gargouillement inquiet sortit de la gorge d'Harry lorsque les lèvres froides du monstre des cachots se posèrent sur les siennes et commencèrent à jouer avec. Harry songea que ce n'était pas désagréable du tout et se laissa faire avec une certaine bonne volonté, si on considérait ses apriori. A présent, une main légère se promenait sur son torse menu, effleurant un téton érigé par le froid, glissant le long des abdominaux, se perdant au milieu des poils noirs qui ornaient le bas-ventre du jeune homme. Pourtant le vampire ne touchait rien de stratégique encore. Il jouait toujours avec les lèvres d'Harry à qui il espérait bien faire ouvrir la bouche de lui-même afin d'y glisser sa langue et de commencer les choses sérieuses. Une caresse impromptue sur un testicule bien rond et doux, fit sursauter Harry qui en ouvrit la bouche pour protester. C'était ce qu'attendait bien évidemment le vampire qui en profita pour se coucher complètement sur Harry et lui dévorer la bouche de baisers tout en glissant une langue sournoise dans la cavité humide du futur calice.

Deux mains fébriles s'accrochaient à présent aux épaules de Severus qui jubilait. Harry se réveillait, les phéromones faisaient de l'effet. Il respirait plus fort à présent, et le monstre des cachots put voir et surtout sentir sous ses doigts l'érection à présent bien nette du Gryffondor. Aussitôt, il enserra le pénis rigide dans sa main et commença un très lent et savant mouvement de va et vient, tout en faisant glisser sa bouche dans le cou dont la veine tentatrice palpitait.

Les gémissements d'Harry le firent sourire, et sa bouche s'ouvrit dévoilant deux canines pointues qu'il allait sans tarder planter dans le cou du futur calice. Il déposa quelques baisers dans le cou largement offert à présent, lécha longuement l'endroit qu'il avait choisi, prenant son temps pour ne rien rater, et ne rien brusquer. Le bassin d'Harry ondulait à présent contre lui, quelques gouttes de rosée annonciatrice d'une éjaculation proche coulaient déjà sur les doigts du vampire. Le futur calice semblait finalement sensible, enfin une chose positive ! Au moment où Severus planta ses crocs dans le cou d'Harry, celui-ci poussa un râle d'extase, s'accrocha de toutes ses forces aux épaules du vampire et éjacula à longs traits un sperme épais et gluant, presque grumeleux.

Le vampire ne tira que quelques longues gorgées d'Harry, ne voulant pas l'affaiblir. Il se rendit compte que le sang était différent de celui dont il avait l'habitude. Pas de goût de gibier, comme avec les proies, pas de saveur insipide comme les poches moldues, celui d'Harry était sucré, doux, enivrant, une fois transformé véritablement en calice, ce serait un vrai nectar. Severus retira ses crocs à regrets et lécha la plaie afin qu'elle cicatrice. Harry, les yeux fermés, alangui, respirait encore très fort.

-Ça va, Po… Harry ?

Une langue rose humidifia les lèvres du Lion, et il tourna un peu la tête. Un hochement de celle-ci, répondit à la question du vampire.

-Me sens… bizarre.

-Bizarre comment ?

-Faible ? Mais bien… C'est le sang que vous m'avez pris ? Vous m'avez mordu, murmura Harry d'une voix à peine audible.

-Non, ça c'est l'effet d'un orgasme sur un corps humain masculin, Po… Harry.

-Ça fait toujours ça ? Je comprends pourquoi Ron n'arrête pas de jouer avec son machin quand on va se coucher.

-Lui et tous les autres, vous êtes vraiment un cas unique ! Non, tu es un cas unique, Harry. Je pense qu'on peut passer au tutoiement à présent que tu vas être mon calice, et tu peux m'appeler Severus, bien entendu.

-D'a… d'accord.

Harry se mordit la lèvre de gène en découvrant les jets de semence sous ses doigts.

-Ton sperme, Harry, tu as eu du plaisir, tu as éjaculé. C'est ça qui fait les bébés. Les filles ont un œuf et la rencontre des deux créé un bébé.

-C'est comme en botanique, alors ?

-Tout à fait.

Le vampire lança un tergeo sur le ventre d'Harry, d'un geste de la main. Il était encore abasourdi par l'innocence crasse du garçon. Une telle naïveté était criminelle à cet âge. Poppy et Minerva allaient avoir des comptes à rendre au vampire. Et si Harry n'était pas le seul ? C'était la porte ouverte à tous les débordements. Des élèves aussi innocents étaient virtuellement dans l'incapacité de se défendre contre certains des prédateurs sexuels que comptait la Maison Serpentard, notamment un certain quart de Vélane, nommé Drago Malefoy qui n'hésitait pas à se servir de son charme afin de remplir son lit de filles et de garçons.

-Harry, tu dois boire de mon sang, maintenant.

Severus sortit ses crocs et mordit son poignet. Aussitôt une rigole grisâtre pour lui, à cause de sa vision nocturne, apparut et coula sur son avant-bras gauche. Il plaqua la plaie sur la bouche d'Harry, qui surprit, tenta de protester.

-Bois, Harry, bois…

Surmontant sa répulsion première, Harry avala le sang qui coulait dans sa bouche. Curieusement, il n'avait pas mauvais goût, juste métallique et chaud, presque… rassurant. Les yeux du jeune homme se fermèrent tandis que le vampire retirait son bras et en léchait la plaie pour la cicatriser. Si tout s'était bien passé, Harry devait normalement être grisé, comme un peu ivre. Un léger sourire sur les lèvres du brun aux yeux émeraude rassura le vampire qui osa un rictus de satisfaction.

Maintenant les choses sérieuses allaient commencer. Le lien devait être finalisé et il n'y avait pas trente-six solutions pour ça. Il allait boire encore le sang succulent d'Harry et posséder son petit corps chaud et vierge. Un frémissement d'anticipation le parcourut et une certaine partie de son anatomie se réveilla de nouveau. Ses doigts caressaient de nouveau le corps tentateur qui semblait apprécier ses administrations. La respiration d'Harry se faisait de nouveau plus rapide, alors que les deux mains de la chauve-souris de Poudlard glissaient sur ses abdominaux bien dessinés, pour rejoindre une verge provisoirement ramollie qui reposait sur un lit de poils noirs et bouclés. L'organe revint à la vie aussitôt, ce qui n'était pas étonnant, Harry n'avait que dix-sept ans et tout à découvrir, encouragé et désinhibé par les phéromones de son vampire. Quelques caresses de la main lui rendirent une rigidité acceptable et Severus tenta une approche vers une destination un peu plus basse. Il lança un sort de lubrification spécial magie vampirique, destiné normalement aux calices, sur la petite ouverture rose, plissée et vierge qui n'attendait plus que son bon vouloir.

La sensation fit sursauter Harry qui tenta de protester vaguement. D'une voix rauque, Severus l'interrompit.

-Viens… approche… touche-moi.

Comme hypnotisé, Harry obéit et s'agenouilla sur les haillons qui garnissaient la couche de fortune. D'une main hésitante, dans le noir complet il tâtonna pour trouver les pectoraux du vampire qui aussitôt le prit dans ses bras pour l'embrasser à pleine bouche, en ayant pris soin de rentrer ses crocs avant. Harry se surprit à se frotter contre le corps de Severus, comme pour s'y fondre. Il lui semblait que tout ceci était parfaitement naturel à présent. Le professeur de potions saisit la main d'Harry et la posa sur son sexe dressé, bien plus impressionnant que celui du jeune Gryffondor.

-Caresse-moi… ordonna-t-il de sa voix vampirique.

Harry obéit sans se poser de question. Maladroitement, il imita les gestes que Severus avait eu pour lui peu de temps avant.

-Ouiii… rugit le vampire… Bientôt tu seras plus expérimenté, tu verras… tu verras comme ce sera bon, comme tu vas aimer.

-Montre-moi… répondit une voix pâteuse.

Les yeux du vampire se mirent à luire dans le noir mais Harry ne s'en rendit pas compte. Le prédateur nocturne le renversa sur la couche rude, lui écarta les jambes et les remonta sur les côtés de sa poitrine. Anormalement détendu, Harry était complètement passif et se laissait faire, ne semblant pas se rendre compte de ce qui se passait. Il était ivre du sang du vampire, drogué par les phéromones, et hypnotisé par la voix rauque et sensuelle qui lui donnait des ordres. Et par Merlin, il était foutrement bien et n'avait pas envie que ça change ! Il se mit juste à gémir un peu, lorsque Severus commença de nouveau à caresser son sexe tendu et hypersensible. Pendant ce temps, le vampire présentait le sien devant l'entrée qu'il convoitait et qui normalement ne devait pas opposer de résistance. D'un coup de rein précis et lent à la fois, il pénétra pour la première fois le rectum vierge du jeune brun. Une fois complètement à l'intérieur, il caressa encore Harry pour le distraire. Un sourire lui vint lorsqu'il sentit le bassin du garçon venir à sa rencontre et instinctivement réclamer les mouvements ancestraux de l'accouplement.

Severus souleva le bassin d'Harry de ses deux mains et commença un pilonnage en règle, cherchant et trouvant presque aussitôt la prostate du Gryffon, qui se mit à s'agiter et gémir sous la douce agression. Il était bien réveillé à présent, et n'avait pas du tout mal. C'était une sensation très plaisante, la sensation d'appartenir enfin à quelqu'un, de faire corps avec lui. Il sentait le plaisir qu'il avait découvert peu de temps avant, revenir et monter comme une vague, s'accumuler dans ses reins et son ventre. Brusquement le vampire le souleva complètement et l'empala sur lui, s'adossant contre le mur de pierre du cachot humide. D'une main il caressait la verge d'Harry tout en donnant des coups de rein. Sa bouche remonta le long du cou du calice. Il allait boire, le lien allait être finalisé. Tout était parfait…

Les crocs pointus entrèrent de nouveau dans la chair, juste à l'endroit précédent, créant ainsi une marque particulière, celle de l'appartenance du calice au vampire et que n'importe quel autre vampire allait à présent reconnaitre. Dorénavant, Harry était tabou pour les autres vampires. Les premières gorgées de sang avalées furent si succulentes que Severus crut défaillir et cela accéléra son orgasme qu'il manifesta d'un grognement sonore et d'un coup de rein plus puissant qui envoya Harry au paradis lui aussi. Le calice, épuisé, retomba contre la poitrine de son vampire et se laissa goulument saigner. Mais Severus savait précisément quand il devait s'arrêter et retira ses crocs délicatement pour lécher la plaie de nouveau. Il couvrit de baisers le visage d'Harry, prenant garde de ne pas le blesser avec ses canines qui n'étaient pas encore rentrées complètement. Le lien était parfait. Il avait envie de protéger le petit corps chaud lové contre lui, de ne plus le lâcher. Jamais.

Délicatement, Il allongea Harry sur le lit rudimentaire. Un flot de sperme coula entre les jambes du garçon endormi, anéanti par la puissance de l'orgasme offert par son vampire ainsi que par la perte sanguine. Severus le nettoya d'un geste de la main, et lança sur leurs deux corps un simple sortilège de réchauffement. Il s'allongea près de lui, le serra dans ses bras, et s'endormit presque aussitôt, repus et comblé d'une façon qu'il n'avait encore jamais imaginée de toute son existence.

Quelques heures s'écoulèrent, au cours desquelles Severus examina son calice endormi sous toutes les coutures. Il découvrit avec une certaine inquiétude le nombre important de cicatrices qu'Harry avait sur le corps et qui ne semblaient pas toutes dues au Quidditch. Des réponses précises allaient être exigées. Le garçon était trop maigre et il faudrait qu'il se remplume. Là, aucun souci, sa nouvelle nature de calice allait s'en charger… Il allait manger pour deux et même un peu plus au début. Le tout était de sortir d'ici.

Severus frotta son grand nez dans le cou du Gryffondor, s'enivrant de son odeur légère de vanille qui commençait pourtant à s'estomper. Il passa ses doigts dans les cheveux emmêlés de son bel endormi, et donna même quelques petits coups de langue sur la peau salée de sueur de ses pectoraux. Le maître des potions savait qu'Harry allait dormir pendant de très longues heures, afin de récupérer de la perte sanguine pourtant minime qu'il lui avait infligé. Le lien trop récent, n'allait pas permettre de le laisser quitter cette couche rudimentaire et inconfortable où gisait son calice. Harry allait risquer de sentir l'éloignement de Severus à travers leur lien tout neuf, et se réveiller en proie à la panique. Pourtant Severus devrait se lever à un moment où un autre. Il avait bu du sang, donc il avait fait provisoirement redémarrer son organisme de mort-vivant. Pour l'instant, son cœur battait, son corps était chaud et ses organes internes fonctionnaient de nouveau, ce qui impliquait ses reins et ses intestins. Il allait devoir aller aux toilettes comme n'importe quel humain s'alimentant. McNair allait se pointer sans tarder aussi, afin de récupérer le cadavre exsangue d'Harry. Il allait devoir dissimuler son calice dans la pénombre. Il en était là de ses réflexions quand un bruit de pas et de clés retentirent dans le couloir.

Severus se leva à toute vitesse et enroula Harry dans les couches de tissus gisant sur le bat-flanc. Il alla le déposer à l'autre bout de la pièce sur le sol et le recouvrit complètement de la cape noire d'école, puis reprit sa place au centre du cachot, faisant semblant d'être attaché. Sentant Harry s'agiter dans le lien, Severus tourna la tête vers lui, et de sa voix vampirique lui ordonna :

-Dors, Harry. Tout va bien. Ne bouge pas.

Aussitôt, le calice se calma et le lien se stabilisa. Un rictus apparut sur le visage du vampire et ses crocs sortirent aussitôt. Comme la lourde porte de bois s'ouvrait sur un McNair qui semblait toujours aussi éméché, le vampire se redressa de toute sa haute taille, pas du tout gêné de sa nudité.

-Tu as bien dîné, Severus ? Où as-tu mis les restes ?

McNair ne sut jamais ce qui le frappa. Le vampire se jeta sur lui et d'un geste sec lui brisa la nuque. Le corps maigre tomba sur le sol avec quelques soubresauts et s'immobilisa. Severus le souleva par le col et déchira la chemise du Mangemort. Il planta ses crocs dans le cou inerte et aspira de toutes ses forces le sang encore chaud, mais qui ne circulait plus. C'était comme avaler le sang des poches moldues qu'Albus lui fournissait mais qui n'avaient presque aucun goût, à part ici pour McNair, un arrière-goût d'alcool. Harry n'était pas assez alimenté pour lui fournir le sang nécessaire et il n'était pas question de gâcher une telle réserve. Tranquillement il vida McNair du précieux liquide carmin, puis s'essuya la bouche d'un revers de main, tandis qu'il laissait retomber le corps sur le sol. Le tintement des clés que le bourreau tenait toujours à la main attira le vampire qui s'en empara avec un large sourire. Il fouilla fébrilement le cadavre et lui soutira sa baguette magique et un paquet de cigarettes sorcières, vague copie des créations moldues, les Moldus étant bien meilleurs pour créer de quoi s'empoisonner allègrement. Severus fit tournoyer la baguette entre ses doigts, la jaugeant, la soupesant. Elle était teintée de Magie Noire bien évidemment et ne pourrait pas être utilisée par Harry par exemple, mais pour lui, créature des ténèbres, elle était presque parfaite. Elle suffirait bien, le temps qu'il mette la main sur sa propre baguette de bouleau noir, ainsi que sur ses vêtements. Severus connaissait la musique, à Azkaban, rien n'était perdu. Les plus mal-payés des gardes attendaient les exécutions avec impatience, afin de négocier contre quelques gallions, les biens et effets personnels des condamnés dans les boutiques mal famées de l'Allée des Embrumes.

-Evanesco, fit-il baguette tendue vers le cadavre dépouillé qui disparut aussitôt.

McNair était un ivrogne et personne ne s'attendrait à le voir revenir de sitôt. Severus avait maintenant les clés de sa cellule, plus quelques autres, une baguette magique, et il était plus que rassasié, à la limite de l'indigestion s'il était honnête. Il fit léviter Harry doucement sur la couche de fortune et retourna s'allonger près de lui. Il conjura cette fois-ci une nouvelle couverture bien duveteuse et douce et les en recouvrit tous les deux.

Dans la boutique du 93, Chemin de Traverse à Londres, les jumeaux Weasley mettaient une dernière touche au déguisement de Fred, aidés par Arthur Weasley, émerveillé de l'ingéniosité et de l'audace de ses jumeaux, et par Kingsley Shacklebolt, quelque peu dubitatif. Fred était déguisé en espèce de clochard, croisement entre un sorcier du style Mondingus Fletcher et un sans-abri moldu. Une potion du style Polynectar, encore à l'essai malheureusement, lui avait donné les cheveux brun sale méchés de gris, des rides creuses et des yeux noisette plus ou moins injectés de sang. Le jeune homme semblait avoir vieillit de trente ans en l'espace de quelques minutes.

-L'embêtant c'est qu'on ne sait pas combien de temps va durer la potion. Normalement on l'a conçue pour qu'elle ne disparaisse qu'avec l'antidote, mais on n'a pas eu trop de temps pour la tester. Faut espérer qu'elle tienne, c'est tout ce que je peux dire, soupira George, l'air un peu inquiet, en ajustant au cou de son frère un vieux foulard crasseux qui avait du faire les beaux jours d'une poubelle.

-Bon, trancha Kingsley. Fred, avec Dawlish, on t'a fait une nouvelle identité. Tu es maintenant Waldemar Mordlorf, un sorcier plus ou moins sans abri, qui traine souvent dans l'Allée des Embrumes pour s'enivrer. Tu as été ramassé par des Aurors à la suite d'une plainte pour trouble de l'ordre public, ivresse sur la voie publique et dégradation de bien ministériel… Tu es sensé avoir pissé dans une des jardinières de fleurs du Ministère, en plus.

Fred et George se mirent littéralement à hurler de rire, tandis qu'Arthur ne put s'empêcher de sourire.

-Qui a inventé ça ? hoqueta George, rouge et les yeux larmoyants.

-Savage. Ne me demande pas ce qui l'a inspiré… Mondingus, très certainement. Je ne vois franchement personne d'autre qui oserait un truc pareil.

-Et maintenant ?

Le ton sérieux d'Arthur calma immédiatement les esprits.

-Fred, tu as été condamné à trois jours d'emprisonnement à Azkaban. C'est peu, mais le crime si on peut dire, n'en est pas un, et tu ne seras que du menu frottin pour les gardes qui te foutront une paix royale. Tu n'as pas d'or, tu ne les intéresseras pas. Ouais, ils sont tous pourris plus ou moins, on a eu quelques échos très récents. Un portoloin t'emmènera depuis le Ministère jusqu'à la prison. Nous allons y aller à plusieurs, comme si nous étions complètement désœuvrés au Quartier Général. Dawlish, Savage et Fiertalon vont essayer de fouiner un peu et de voir les registres d'entrées et de sorties. Nous devons savoir si Harry se trouve à Azkaban et à quel niveau se trouve Severus. Et si possible voir si on peut le sortir de là.

-Vous avez du sang pour lui ?

-Fiertalon aura une petite poche de sang moldu avec lui, coincée dans une de ses bottes. Il est le seul à porter de grandes bottes toute l'année, ça ne choquera personne. Si on trouve Rogue, ça l'aidera à tenir un peu, en attendant mieux.

-On y va ?

Kingsley hocha la tête et sortit dans l'arrière-cours des jumeaux, où étaient entassés des cartons ornés du logo des Farces pour Sorciers Facétieux. Il attrapa Fred par le bras et sortit son portoloin officiel de la poche de sa cape d'Auror. Aussitôt, les deux hommes ressentirent le tiraillement habituel dans la zone du nombril et autour d'eux tout devint flou et tourbillonnant. A peine quelques secondes plus tard, Kingsley et Fred atterrissaient dans la zone spéciale portoloin du Quartier Général des Aurors. King traina Fred vers l'un des box occupé par Dawlish. L'Auror aux cheveux en brosse eut un léger sourire en voyant l'accoutrement du fils Weasley.

-Encore toi, Waldemar ? Qu'est-ce que tu as encore fait, hein ? tonna-t-il d'une voix un peu plus élevée que la normale.

Quelques têtes se tournèrent vers eux, avant de retourner à leurs parchemins.

-Figure-toi que cet énergumène-là s'est encore saoulé au Whisky Pur Feu et qu'il a fait du cirque dans l'Allée des Embrumes, le fils Beurk a du appeler une brigade, notre ami Waldemar empêchait les clients d'entrer dans sa boutique. Et pour couronner le tout, il n'a rien trouvé de mieux à faire que de pisser dans une des jardinières de fleurs que le Ministère a mis pour décorer le Chemin de Traverse. J'te d'mande un peu !

-Ben alors, Waldemar, ça va plus ça mon gars ! T'es bon pour le gnouf, là ! Tu le sais ?

-Trois jours au frais du Ministère à Azkaban. Madame Bones dit que c'est pas la peine d'encombrer plus la prison avec des fléaux comme lui, ça sert à rien.

-Ben ça va nous faire une sortie, fit John Dawlish en baillant et s'étirant ostensiblement. Me dégourdirais bien les jambes, moi. Pas pour dire, mais on se fait suer là… Ehhhh ! Savage ! Fiertalon ! Vous v'nez les mecs ? Ça vous dit un p'tit tour à Azkaban avec nous, histoire de prendre l'air…

-Ouais, pourquoi pas, répondit Fiertalon en se grattant l'entrejambe avec désinvolture. T'en dis quoi Savage, un p'tit bol d'air iodé, ça marche ?

-On y va… on y va…

Les Aurors se levèrent tous avec un air de profond ennui sur le visage. L'élève Auror Johnson leur jeta même un petit regard d'envie mais ne demanda pas à aller avec eux. Il ignorait si aller à Azkaban faisait partie de son stage ou non et comme il n'appartenait pas à l'Ordre du Phénix, sa présence n'était de toute façon pas prévue par l'équipe de Kingsley Shacklebolt.

Kingsley et Dawlish attrapèrent chacun un des bras de Fred alias Waldemar, tandis que Savage et Fiertalon, penchés sur le faux dossier d'inculpation gloussaient devant les inepties soi-disant reprochées à Waldemar. Les Portoloins se déclenchèrent et les quatre Aurors ainsi que leur prisonnier atterrirent devant les lourdes portes d'Azkaban. Une guérite abritait un garde-chiourme qui fumait une drôle de cigarette mal roulée et porta deux doigts à sa coiffe réglementaire en les voyant. La mer était un peu houleuse et un petit vent piquant soufflait, emportant même quelques paquets d'écume non loin des Aurors.

-Un nouveau ? demanda le garde sans même se lever de son banc.

-Ouais, annonça Kingsley. Juste trois jours de gnouf pour trouble de l'ordre public. C'est d'un calme chez nous, j'te dis pas comme on se fait chier.

-Ça va changer les mecs. Z'allez avoir du boulot avec les nuisibles.

-Parait… ben pour l'instant on voit rien venir. Et vous ?

Le garde lança un coup de baguette et la lourde porte de la prison s'ouvrit sans attendre.

-Quelques vampires, mais pas beaucoup pour l'instant. Trop tôt. Allez-y les mecs !

-Merci, vieux !

Avec un air de profond ennui, les Aurors entrèrent dans la prison. Dans le petit bureau d'accueil des prisonniers, le garde qui mâchouillait un croûton de pain et du saucisson poussa son verre de bièraubeurre et donna un petit coup de baguette sur la table pour enlever les miettes.

-Alors, vous m'amenez quoi là ?

Il prit le registre des entrées, une plume fatiguée et un encrier sale qui traînait dans un coin.

-Waldemar Mordlorf, cinquante ans, sans domicile connu, un ivrogne qui faisait du cirque dans l'Allée des Embrumes. On lui a piqué sa baguette déjà et il n'a pas une noise pour payer l'amende d'où sa présence ici. En plus ce con-là, il a pissé dans les jardinières de fleurs du Ministère.

L'homme se mit à rire grassement, révélant des dents gâtées. Il attrapa le faux dossier que lui tendit Savage et recopia les renseignements dont il avait besoin.

-Tu vas le coller où ? demanda négligemment Kingsley en se laissant tomber sur une des chaises qui se trouvait dans la pièce sombre.

-En haut, à l'air pur, ça va le dégriser.

-Dis-donc ça faisait un bail qu'on n'était pas venu, ça a changé depuis qu'il n'y a plus les détraqueurs.

-On en a encore un peu. On les a mis dans la section des Mangemorts, répondit négligemment le garde.

-C'est bien, c'est bien. Z'êtes pas trop débordés, les gars ? Avec les nuisibles qui vont arriver, tout ça…

-On gère, c'est que le début, renifla le garde en allant reposer le registre des entrées sur l'étagère derrière lui, avant de se rasseoir pesamment.

Kingsley sortit une bouteille de Vieil Ogden de la poche de sa redingote d'Auror et la posa sur la table.

-Ça te dirait de trinquer un peu avec nous autres, là. On s'est fait suer comme des rats morts toute la journée au Quartier Général. On voulait aller boire un coup au Chaudron Baveur et à la place on a du venir ici pour conduire Waldemar.

Le visage du garde s'illumina de plaisir. Il sortit deux verres propres du placard qui se trouvait derrière lui et regarda Kingsley déboucher la bouteille d'un geste de baguette.

-Dites, les gars, dit-il à Savage, Dawlish et Fiertalon, si vous alliez conduire Waldemar en cellule, hein ? Vous qui vouliez voir les changements depuis les Détraqueurs. Ça nous fera de quoi causer au bureau…

-Très bonne idée, fit le garde qui lorgnait la bouteille avec un regard lubrique. Mettez le dans la cellule 103, second niveau à partir du haut. Il aura de l'air !

-Par ici, Waldemar, fit Fiertalon en tirant Fred par le bras. Nous allons te conduire à ta villégiature.

-Peux… peux… pas avoir… un 'tit coup, avant ? balbutia le faux ivrogne en regardant la bouteille, les yeux plein d'envie.

-Tu te fous pas de nous, là ? gronda l'Auror qui le tenait par le bras. Et vous, buvez pas tout, hein ? Pensez aux copains !

Le garde-chiourme éclata de rire et tendit son verre vers Kingsley qui s'empressa de le servir jusqu'au rebord. Dans le couloir, Savage fit un geste entendu à Fiertalon qui sortit aussitôt une des capes d'invisibilité de Fol Œil de sous sa chemise.

-Je conduis Fred en haut avec John, on va prendre notre temps, essaie de jeter un œil sur le registre pendant que Kingsley occupe l'autre naze-là. Tu regardes si tu trouves Severus Rogue ou Harry Potter quelque part.

Dans la cellule sombre numéro 723 du 3ème niveau souterrain, Severus Rogue commençait à s'ennuyer sérieusement. Il se sentait en pleine forme, et son calice dormait du sommeil du juste. Il n'avait pas du tout envie de s'éterniser dans le coin, maintenant qu'il avait les clés. Peut-être qu'une petite promenade pourrait lui être bénéfique. Il lui était impossible de prendre sa forme de chauve-souris, un sortilège anti-transformation spécial vampire ayant été lancé sur la prison récemment, mais il pouvait quand même se désillusionner. Le souci était de ne pas aller trop loin afin de ne pas réveiller Harry. Le lien était parfait mais jeune, trop récent pour être fiable et permettre un éloignement physique durable. Rien que la pensée de quitter la proximité de son calice, provoquait une sourde angoisse et une gêne dans la poitrine de Severus. Son besoin de protection était très fort, semble-t-il, et cette sensation inhabituelle le dérangeait un peu. Le vampire soupira et retourna s'allonger contre son calice, sa chaleur le grisait et comme il sentait qu'il ne pourrait pas quitter la cellule avant un moment, autant passer le temps agréablement. Et le plus agréable pour un vampire était d'être collé nu à son calice dans le plus simple appareil également. Severus se coucha à demi sur Harry qui instinctivement s'accrocha à lui. La terreur des cachots ferma les yeux et osa un léger sourire, puis il enfouit son visage dans les mèches brunes du jeune Elu, déposant même un baiser sur sa tempe au passage.

L'Auror Fiertalon ne suivit pas ses collègues à travers le dédale des couloirs et des niveaux d'Azkaban, à peine sortit du bureau qui servait d'accueil, il s'était dissimulé sous une des capes d'invisibilité laissées par le regretté Fol Œil et était revenu aussitôt dans la pièce. Le garde-chiourme entretenait avec Kingsley une conversation sur les résultats minables de l'équipe des Canons de Chudley au dernier tournoi de la ligue de Quidditch, tandis que l'Auror remplissait leurs verres dès que le niveau baissait. Dissimulé par la cape, Fiertalon s'approcha du registre des entrées et sorties et entreprit de tourner les pages le plus discrètement possible. A la date de l'arrestation d'Harry et de Severus, il n'y avait eu que deux entrées, deux vampires. Severus Rogue et un nommé Sanguini, arrêté par erreur, et que son calice, un écrivain célèbre était venu chercher avec un Auror au bout de deux heures, en faisant un cirque pas possible, et avec une lettre du Ministre Fudge comme levée d'écrou. Aucune trace d'Harry Potter nulle part, mais le vampire Rogue se trouvait au 3ème sous-sol dans la cellule 723.

Un anneau rempli de clés était accroché au mur au dessus du registre et Kingsley vit les doigts de Fiertalon sortir de la cape pour s'en emparer. Aussitôt, il décida de trinquer à la gloire du Ministère et remplit le verre du garde. Le bruit des deux verres qui se heurtèrent ainsi que les exclamations des deux hommes permirent à l'Auror de récupérer le trousseau sans se faire repérer. Tranquillement, dissimulé aux yeux de tous, il entreprit de prendre les sombres escaliers qui menaient aux niveaux souterrains de la prison et qui n'étaient que faiblement éclairés par quelques rares torches. Il croisa juste deux gardes éclairés par leurs baguettes allumées et se plaqua contre le mur afin de les laisser passer. Les murs de pierres étaient humides et suintaient, laissant flotter dans l'air une odeur de moisi qui prenait à la gorge. Il y avait même des algues vertes dans les escaliers menant au 3ème sous-sol, ce qui indiquait que parfois la marée devait s'engouffrer d'une façon ou d'une autre dans la prison et noyer les cellules ainsi que sûrement les prisonniers s'y trouvant. Fiertalon dut se résoudre à allumer sa baguette afin d'avancer dans le couloir car il n'y avait même plus de torches dans les supports de métal noircis accrochés aux murs. Lentement, il déchiffrait les vieux numéros inscrits au dessus des lourdes portes. Il approchait de la cellule 723…

Une fois qu'il fut devant la porte, il leva l'anti-alohomora d'un geste de baguette et introduisit une des clés dans la serrure. Si ses souvenirs étaient bons, les serrures étaient toutes les mêmes, du moins en ce qui concernait les prisonniers, les autres clés desservaient les pièces réservées aux Aurors et aux gardes-chiourmes. Raté, ce n'était pas la bonne, il pesta silencieusement et en essaya une autre qui s'avéra fonctionner cette fois-ci. Après un coup d'œil à droite et à gauche, il ouvrit la porte et retira la cape qui dissimulait son visage. La baguette allumée éclaira un visage suspendu magiquement dans le vide.

-Rogue ! Rogue ! Vous êtes là ? C'est L'Auror Fiertalon, on est venu vous faire évader, ordre de Dumbledore.

-Je suis là, Fiertalon, fit le vampire d'une voix posée en se rasseyant sur le bat-flanc.

L'Auror poussa un soupir de soulagement, entra dans la cellule et referma la porte derrière lui. Là, il retira complètement la cape de Fol Œil.

-Je vous ai apporté une poche de sang, vous avez soif je suppose…

-C'est gentil à vous, mais non, je n'ai pas soif du tout, j'ai même un peu trop bu.

-Comment ?

-McNair a eu la brillante idée d'entrer dans ma cellule alors que j'avais un petit creux…

-Vous l'avez ? Heuuu… c'est sans importance. On doit filer d'ici, Savage et Dawlish sont venus conduire Fred Weasley déguisé en faux prisonnier, afin d'avoir une raison de venir ici, et Kingsley occupe le garde de l'entrée.

-Je n'ai aucun vêtement sur moi, vous allez devoir aller me chercher mes affaires dans la pièce où les détenus sont déshabillés, ainsi que ma baguette.

-D'accord, ensuite ?

-Ensuite, vous refermerez la porte sur la cellule vide. J'utiliserai ma vitesse vampirique pour quitter la prison, du moins arriver jusqu'à la porte.

-Je peux vous laisser la cape, si vous voulez… normalement je peux circuler ici, je suis un Auror après tout.

-Si vous voulez, accepta Severus qui pensait ainsi dissimuler son calice aux yeux de tous.

-Professeur Rogue, le Directeur nous a demandé de chercher aussi Harry Potter, il a disparu du Ministère et on n'a aucune nouvelle. Scrimgeour dit qu'il a juste trouvé du sang dans sa cellule. On pense qu'Ombrage s'en est débarrassé.

-Il y a des fortes chances… soupira le vampire qui voyait une nouvelle idée germer dans son cerveau. Je n'ai rien entendu, mais vu où nous nous trouvons, ça aurait été étonnant ! Allez me chercher mes affaires, Fiertalon, moins on trainera ici, mieux nous nous porterons.

-Oui ! J'y vais !

L'Auror sortit sans même refermer la porte et Severus l'entendit courir le long du couloir. Aussitôt il se saisit de la baguette de McNair et d'un geste rhabilla Harry. Il récupéra les lunettes brisées sous le bat-flanc et les glissa dans la poche de la robe d'école éculée. Il caressa les cheveux de son calice qui dormait toujours, vérifia qu'il ne laissait rien dans la pièce et recouvrit provisoirement le Gryffondor de la couverture qu'il avait conjuré précédemment. S'il pouvait sortir Harry d'Azkaban sans que personne ne sache qu'il y était et qu'il était devenu son calice, ça lui donnerait un avantage certain sur l'ennemi. Il valait bien mieux qu'on les pense morts tous les deux.

Severus avança dans la pièce et referma les anneaux qui normalement auraient du se trouver accrochés à ses poignets. Il conjura un petit tas de poussière qui en regardant bien pouvait avoir l'aspect de vagues traces d'un corps humain, exactement ce que laissait un vampire qui mourrait brûlé par le soleil ou consumé par la soif.

Lorsque l'Auror entra dans la pièce avec un tas de vêtements noirs et une chemise blanche qui dépassait, le maître des cachots ne put s'empêcher de claquer la langue de satisfaction. Il prit le temps de s'habiller façon moldue, regrettant de ne pas pouvoir prendre une bonne douche avant, ce qui n'était que partie remise. Il caressa sa baguette de bouleau noir et la rangea dans sa manche puis se leva du bat-flanc sur lequel il était assis, dissimulant Harry du peu de lumière qui entrait dans la pièce, l'Auror montant la garde à la porte dans le couloir.

-Fiertalon, je vais remonter en utilisant ma vitesse vampirique, dès que je serai sorti, fermez la porte derrière moi, ils me penseront mort et c'est ce que je veux faire croire. Vous avez compris ?

-Oui, pas de problème, je dois remettre les clés dans le bureau sans me faire prendre, donc je dois garder la cape de Fol Œil, désolé. Mais j'ai fait des doubles provisoires de vos affaires dans la pièce de déshabillage, ils devraient durer la journée, ils vont vous croire mort en effet.

-Excellente initiative !

Severus recula de nouveau dans la pièce et sortit la baguette de McNair de la poche de sa cape. Il se désillusionna habillement d'un coup sec de baguette sur la tête et fit de même avec Harry qu'il prit alors dans ses bras comme une mariée. La tête brune se nicha dans le cou du vampire et le calice ne bougea plus. La terreur des cachots sortit dans le couloir en silence et murmura à l'Auror qui attendait à la porte.

-Allez-y, je vous attends en haut, j'utiliserai votre portoloin pour rentrer avec vous, ensuite j'irai me cacher. Et pas à Poudlard. Dites à Albus que tout va bien pour moi et qu'il ne se fasse pas de souci.

-Entendu. Bonne chance, Rogue.

Severus ne répondit pas et courut à travers les couloirs, et les escaliers, serrant son précieux fardeau endormi contre sa poitrine. Arrivé au niveau du sol, il fouilla dans les poches de sa robe et en sortit une fiole de potion qu'il ouvrit et avala cul-sec. Cette potion lui était nécessaire pour affronter la lumière du jour. Au bout de deux minutes, elle faisait effet parfaitement et le vampire invisible se dirigea tranquillement vers le bureau des entrées et sorties où il regarda amusé, Kingsley saouler le garde qui chantait des chansons grivoises. Un bruit de voix le tira de sa rêverie et Savage, Dawlish ainsi que Fiertalon qui les avait rejoints apparurent dans le bureau. Les trois Aurors prirent le temps de vider chacun un verre de Vieil Ogden et Severus en profita pour balancer un coup de pied dans une des bottes de Fiertalon pour lui signifier sa présence.

La bouteille étant vide, l'équipage ne s'éternisa pas et sortit sur le rocher qui faisait face à la porte de la prison, devant le petit débarcadère où autrefois les barques apportaient les prisonniers depuis le continent. Lorsque Fiertalon sortit son portoloin, Severus s'accrocha à son bras et atterrit avec lui au Ministère de la Magie. Il utilisa sa vitesse vampirique pour quitter les lieux aussitôt, et transplana vers l'impasse du tisseur, sa vieille bicoque, où il allait se réfugier et retaper son calice pendant quelque temps, et avec lui mettre au point un plan de bataille contre l'immonde Ombrage.

Au Quartier Général des Aurors à présent désert, Kingsley fouillait les tiroirs de son bureau à la recherche d'un flacon de potion de dégrisement, dont il avait un urgent besoin. Une fois ladite potion ingurgitée, il s'affala sur son fauteuil et leva deux yeux marron fatigués vers ses hommes.

-Alors ?

-Harry Potter n'est jamais entré à Azkaban, fit Fiertalon. Seuls deux vampires ont été arrêtés, Sanguini et Rogue.

-Sanguini c'était une erreur, Fudge a fait un foin pas possible, je suis au courant. Le calice du gars est un de ses amis personnels. Ombrage s'est fait engueuler sur ce coup-là ! T'as trouvé Rogue ?

-En pleine forme, il a saigné ce connard de McNair, et il avait plein son ventre. Je l'ai fait sortir, il est parti se planquer après avoir mis en scène sa cellule pour faire croire à sa mort. Il faut dire à Dumbledore qu'il va bien.

-Bizarre qu'il n'aille pas se fourrer dans ses robes aussitôt, ricana Savage.

-Ben vu ce qui est arrivé à Remus et Tonks à cause du fils Smith, on peut le comprendre… répondit Kingsley d'une voix sombre. Par contre pour Potter, c'est le noir le plus total ! Mais où est passé ce gamin, par Merlin !
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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Sam 11 Juin - 14:56

C'est génial cette fanfiction ! :D

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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Sam 11 Juin - 14:57

xD
encore 8 chapitre et ce seras fini
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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Lun 4 Juil - 14:26

Severus Rogue transplana au beau milieu de son vieux salon poussiéreux, son calice toujours endormi dans ses bras. Lui seul pouvait ainsi pénétrer dans la vieille bicoque héritée de ses parents défunts. Délicatement, il déposa Harry sur le vieux sofa et de deux coups de baguette les rendit visibles de nouveau tous les deux. Le vampire alla vérifier la fermeture de la porte d'entrée ainsi que les barrières magiques de la cheminette qui étaient bien toujours en place. Les lourds rideaux de velours marron furent fermés d'un autre coup de baguette et plongèrent la pièce dans une pénombre presque totale. Inutile d'alerter les passants moldus et les quelques voisins qu'il y avait encore dans le quartier, sur sa présence inhabituelle en dehors des mois d'été.

Ils allaient devoir s'organiser rapidement, trouver de la nourriture humaine pour Harry qui n'allait pas tarder à se réveiller et à avoir sérieusement faim. En attendant, les placards devaient encore conserver quelques vivres et denrées sous des sorts de stase depuis son dernier séjour, ça suffirait bien jusqu'au lendemain. Mais pour l'instant, une chose urgente le pressait, il s'était littéralement goinfré de sang et maintenant un passage obligatoire aux toilettes était plus qu'urgent, ainsi qu'une bonne petite douche. Avec un peu de chance, il parviendrait à réveiller Harry afin qu'il partage cette douche avec lui…

La cheminette tira le vieux Directeur de sa rêverie. Il n'arrivait pas à se concentrer sur son travail et pensait à Harry et à Severus. Dans quel état était le vampire ? Et Harry ? Etait-il toujours en vie ? Albus Dumbledore leva un visage fatigué vers les flammes vertes d'où sortirent Kingsley Shacklebolt époussetant sa robe d'Auror comme à chaque fois.

-J'ai des nouvelles, Albus. Une bonne et une moins bonne.

Le grand noir s'installa sans cérémonie dans le fauteuil des visiteurs, qu'occupait habituellement Severus Rogue qui passait beaucoup de temps dans le bureau directorial lorsqu'il n'avait rien de spécial à faire. Il tira un instant sur une de ses boucles d'oreilles en or puis commença son récit.

-Notre petite expédition avec le jeune Weasley a marché du tonnerre. Nous sommes entrés dans Azkaban sans souci et Fiertalon a pu fouiner à sa guise. Nous avons trouvé Severus.

Un soupir de soulagement sortit de la bouche du vieil homme qui se laissa aller contre le haut dossier sculpté de son fauteuil en bois.

-Comment va-t-il ?

-Il allait parfaitement bien. D'après Fiertalon, il a saigné McNair à blanc lorsqu'il est entré dans sa cellule et on suppose qu'il a fait disparaitre le corps. A cette heure, il a quitté Azkaban et se cache. Il vous fait dire qu'il va très bien.

-Merlin soit loué… soupira le vieil homme, les yeux clos.

-J'ai jamais compris l'attachement que vous aviez envers lui, Albus, si vous permettez.

-Il est le fils que je n'ai jamais eu et que je n'aurai jamais, mon petit. C'est un brave garçon, incompris… courageux.

-La mauvaise nouvelle, le coupa l'Auror, ben… nous n'avons aucune idée où se trouve Harry Potter. Il n'y a aucune trace de lui dans les registres d'Azkaban.

-Zut ! J'avais un petit espoir que peut-être…

-Je pense qu'ils l'ont éliminé, Albus. Il y avait trop de traces d'impardonnables dans sa cellule. C'est peu probable qu'il ait survécu. Il n'est pas à Sainte-Mangouste non plus, c'est le premier endroit que Rufus a vérifié quand il a vu le sang dans la cellule.

-Je vais devoir aller demander des comptes sérieux à Cornélius. Harry est un de mes élèves, il a été emmené de cette école et j'exige de savoir où il est !

-Et ce Zacharias Smith ? Ce garçon qu'il a fracassé…

-J'ai les Smith sur le dos, vous vous en doutez… grimaça le Directeur. Son grand-père était d'ailleurs un peu choqué que son petit-fils ait dénoncé quelqu'un spontanément à la brigade anti-nuisibles. La réaction d'Harry, quoiqu'excessive, n'en est pas moins compréhensible… surtout si on considère sa puissance magique et la raison de son débordement. Remus et Tonks…

-Albus, j'ai vu le rapport du légistomage, Tonks était enceinte de trois mois d'un fœtus mâle parfaitement normal. Aucun gène de lycanthropie. Selon les premières analyses magicolégales, l'enfant aurait été un métamorphomage, comme sa mère. Et vous connaissez leur rareté.

-Quelle misère, soupira Dumbledore. Trois vies brisées, sans compter celle d'Harry…

-D'après ce que nous savons la liste des éliminés va être publiée dans la Gazette du Sorcier de demain matin. S'ils se sont aperçus de la disparition de Severus à Azkaban, il sera compté décédé.

-Remus Lupin était un membre influent de la communauté lycanthrope. Le seul loup-garou à avoir reçu un Ordre de Merlin de seconde classe pour ses efforts dans la lutte contre Voldemort. Sa disparition ainsi que celle de sa famille va avoir un impact certain sur les différentes meutes qui se cachent en Ecosse et dans le reste du pays. Ils vont vouloir fuir à l'étranger. Il va falloir que nous organisions les départs. J'ai déjà eu quelques contacts avec le Ministre de la Magie de Transylvanie, il s'estime insulté personnellement par la chasse aux vampires sans calice, et par la mise en résidence surveillée et sans possibilité de travailler, des vampires avec calice. Il accepte d'accueillir les vampires seuls ou en couple sans restriction de nombre.

-Bon, une bonne chose. Fudge a déjà fait sortir d'Azkaban, Sanguini, qui avait été arrêté par erreur.

-Sanguini ? Mais tout le monde sait qu'Eldred est son calice, voyons !

-Dites ça à Ombrage, Albus…

-Cette folle dépasse vraiment les bornes !

-Elle va mettre le Monde Magique à feu et à sang, Albus…

A l'impasse du tisseur, Severus Rogue se prélassait sous la douche. Il avait réussi à grand peine à réveiller son calice pour lui dire qu'ils étaient enfin sortis d'Azkaban. Le vampire avait déshabillé le garçon et l'avait installé sous le robinet d'eau chaude et gardé suffisamment conscient pour qu'il puisse se laver. A la fin, Severus avait du laisser Harry assis dans le fond du bac en émail blanc et lui avait lavé les cheveux lui-même, le jeune Gryffondor se contentant de fermer les yeux en murmurant deux mots : « Dormir » et « fatigué ». Le maître des potions s'était mis à rire, avait séché Harry d'un coup de baguette et l'avait couché dans son grand lit moelleux, dans la chambre aux fenêtres magiquement occultées que Severus occupait pendant ses courts séjours dans la maison.

Le calice accroché à l'oreiller de Severus comme à une bouée et ronflant légèrement, la terreur des cachots était retourné terminer sa douche tranquillement. L'horloge dans le salon, lui avait indiqué en entrant qu'il n'était que dix-huit heures lorsqu'ils avaient quitté Azkaban, il avait quand même passé une nuit et une journée complète dans cet enfer. Il n'allait pas manquer de sang avant un bon moment, voire même plusieurs jours, vu comment il s'était littéralement empiffré. Il allait pouvoir faire le tri dans ses potions et ses ingrédients. Si Harry ne se réveillait pas pour manger de lui-même, il allait devoir lui expédier magiquement dans l'estomac quelques potions de nutrition, le temps qu'il récupère ses forces.

Severus éteignit les robinets de la douche et attrapa une serviette de bain qui pendait sur une barre de bois. Délaissant sa baguette, il se sécha façon moldue, n'ayant rien de plus pressé à faire. Il enfila néanmoins une longue robe de chambre en épais velours moirée noire avec un grand col châle qui lui avait été offerte à Noël par Albus mais qu'il n'avait jamais encore portée. Trainant les pieds dans ses mules de cuir noir, Severus descendit l'escalier branlant qui menait au rez-de-chaussée et entreprit de faire l'inventaire des placards, afin de déterminer quelles seraient les choses les plus urgentes à acheter.

Curieusement, Severus avait à peine terminé sa liste, qu'il sentit Harry s'agiter dans le lien. Aussitôt, il posa sa plume sur le parchemin qu'il venait de remplir et referma le bouchon de l'encrier. Il se leva et remonta l'escalier vers la chambre à coucher. Le calice se réveillait et semblait perdu dans le grand lit. Ses bras tâtonnaient comme pour chercher quelque chose ou quelqu'un qui n'était pas là. Le vampire eut un sourire fugace, Harry cherchait sa présence, il avait besoin de lui. Il retira sa robe de chambre et ses pantoufles, puis écarta les draps et les couvertures de l'autre côté du lit.

-Je suis là, Harry… je suis là… dit-il tranquillement d'une voix rauque.

Un simple gémissement lui répondit. Visiblement, les paroles de rassurances n'étaient plus suffisantes, il fallait un contact physique au calice. Il fallait dire aussi que le vampire avait quand même pu déambuler seul dans la maison un bon moment, sans que son calice ne se manifeste.

Le Directeur des Serpentards se glissa dans le lit et s'allongea près d'Harry. Il éteignit le plafonnier électrique d'un geste de baguette et la rangea sous son oreiller. Puis il prit Harry dans ses bras et le serra contre lui. A sa grande surprise, le jeune homme enroula ses jambes autour des siennes, puis glissa ses bras autour de son cou. Peu habitué aux marques de tendresse en général et à celles particulières des calices, Severus se contenta de caresser le dos nu du garçon d'une main, tandis que de l'autre il lui caressait les cheveux. Il avait oublié que les calices étaient des pots de colle, des bouillottes ambulantes ou tous autres qualificatifs dont certains vampires les affublaient avec tendresse. D'ordinaire, Severus n'avait jamais eu que des ricanements de mépris devant ces déclarations, mais il devait avouer que c'était bien agréable…

Le tout était de savoir comment allait se comporter l'insolent morveux une fois réveillé et de nouveau lui-même…

Les hiboux avaient déposé les journaux du matin dans la grande salle, ainsi que les lettres aux élèves. Il y en avait plus que d'habitude d'ailleurs, ce qui indiquait un profond malaise dans la communauté magique. Deux élèves de première et seconde année de Poufsouffle avaient déjà quitté l'école depuis la veille au soir. Leurs parents étaient venus les chercher dès que les journaux avaient annoncé la mise en place de la Brigade anti-nuisibles. La sœur ainée de l'un d'eux était une louve-garou, mordue par Greyback pendant la Guerre, et l'autre, une fillette était l'enfant d'une nymphe des bois et d'un sorcier. Ne voulant pas attendre qu'on les qualifie de nuisibles, ces derniers préféraient quitter le Royaume-Uni et s'installer en Suisse.

-T'as pas peur qu'elle s'attaque aux Vélanes, Drago, murmura Pansy à son voisin de table.

-Si, mais nous on risque rien, Fudge nous a à la bonne. Mais crois-moi Pans', si elle va trop loin, je dégage ! Père a un manoir sur la French Riviera, on va pas traîner là longtemps. J'ai échappé à Tu-Sais-Qui, c'est pas pour que cette grosse folle foute ma vie en l'air !

-T'as des nouvelles du Professeur Rogue ?

-Nan.

Les deux Serpentards déplièrent leur Gazette du Sorcier en même temps et restèrent bouche bée. Le blond platine ne réagit même pas lorsque le hibou lui pinça les doigts pour avoir un morceau du bacon qu'il lui donnait systématiquement tous les jours. Le rapace résolut donc de se servir lui-même dans l'assiette du Serpentard et s'envola vers le plafond magique après son forfait.

Pansy, Drago, ainsi que tous les autres élèves de l'école découvrirent en même temps la une du quotidien sorcier.

Premières rafles de la Brigade anti-nuisibles !

Des loups-garous et des vampires éliminés.

De notre envoyée spéciale Rita Skeeter.

Nous apprenons de la bouche même de Madame Dolorès Ombrage, Directrice du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques que la Brigade anti-nuisibles a déjà commencé l'élimination de la menace terrible que sont les loups-garous et les vampires pour les sorciers de la rue. Un loup-garou et sa femelle ont été éliminés avant-hier soir sur les terres de Poudlard. On se demande ce que faisait cette bête immonde dans l'école de magie et de sorcellerie dirigée par Albus Dumbledore. Le loup-garou, un ancien professeur de défense contre les forces du mal, nommé Remus Lupin a été éliminé avec sa femelle une ancienne Auror du Ministère nommée Nymphadora Tonks-Lupin. Le même coup de filet a permis d'arrêter le vampire sans calice Severus Rogue qui occupait jusqu'à présent le poste de maître des potions et Directeur de la Maison Serpentard. L'ancien Mangemort, protégé de Dumbledore a été immédiatement déferré à Azkaban où les gardiens disent qu'il a trouvé la mort récemment, suite à une soif de sang.

Nous espérons qu'Albus Dumbledore cessera dorénavant de confier nos enfants à des créatures nuisibles et dangereuses. Nous rappelons également à nos fidèles lecteurs que le poste de Professeur de soins aux créatures magiques est occupé par le demi-géant Hagrid et qu'un centaure enseigne la Divination à nos chères têtes blondes !

La seconde page ne valait guère mieux, elle était consacrée au crime d'Harry Potter.

Le Sauveur est un assassin !

Le crime d'Harry Potter

Par Rita Skeeter

Avant-hier soir à Poudlard, à l'heure du dîner dans la Grande Salle, a eu lieu un crime horrible devant tous les élèves, les enseignants et les membres au complet de la Brigade anti-nuisibles. Venue arrêter le vampire Rogue conformément aux nouveaux textes en vigueur, Madame Dolorès Ombrage a tenu dans le même temps à remercier publiquement pour son civisme, l'élève de 7ème année de la Maison Poufsouffle, Zacharias Smith. A cette annonce, Harry Potter, connu pour être le Sauveur du Monde Magique mais aussi mentalement instable (voir pages 7 et 8) a froidement tué son condisciple en le projetant violemment et volontairement contre un mur où il a eu le crâne fracassé.

Immédiatement arrêté par les Aurors, Harry Potter n'a exprimé aucun regret quant à son geste. Nous ignorons actuellement où se trouve le jeune criminel, le Ministère se refusant à toute déclaration. Tous les détails en page 4.

Des grondements inquiétants se faisaient entendre depuis la table des rouge et or. Les Poufsouffles poussaient des soupirs, honteux du comportement de Smith, tandis que certains des Serpentards, choqués de la mort annoncée de leur idole, pleuraient sans aucune honte dans leurs assiettes.

-Minerva. Nous n'allons pas pouvoir laisser les Serpentards sans soutien. Que suggérez-vous ?

-Aurora Sinistra. Vous savez bien que c'est une ancienne de la maison. En attendant que tout se calme et que Severus revienne. Vous êtes sûr qu'il va bien, n'est-ce pas ?

-Je ne l'ai pas vu de mes yeux, Minerva, mais je fais confiance à Kingsley.

Alors qu'Albus se levait de table pour aller proposer à Aurora Sinistra la place par intérim de Directrice des Serpentards, Hermione Granger à la table des Gryffondors, repoussait son assiette vide sur le côté, et sortait de son sac de cours un parchemin, une plume et de l'encre.

-Tu vas faire quoi, Mione ?

-Moi aussi je vais écrire un article, Ronald. Je peux faire aussi bien que les torchons de la mère Skeeter, et je te prie de croire qu'elle a intérêt à le publier où elle sera la prochaine victime de la brigade anti-nuisibles.

-Mais c'est pas une vampire ou une louve…

-Tu crois que ça va gêner Ombrage, Ron ? Elle va se jeter sur toutes les dénonciations qu'elle va recevoir, tout comme elle s'est précipitée sur celle de cet idiot de Smith.

-Mais tu n'es pas journaliste, tu ne sais pas écrire des articles.

-Ne me sous-estime pas, Ronald Bilius Weasley ! Je vais dire la vérité, la mienne la nôtre, celle d'Harry et on va voir si elle va continuer son cirque. S'il faut foutre le Ministère en l'air, Ron, et bien on le fera !

-Hééé ! Comme tu y vas, Mione !

-Laisse-moi écrire, Ron et mange ! Tu ne sais faire que ça !

-Pas vrai… je pense à Harry, aussi.

-Et ça ne te coupe pas l'appétit, on dirait ! Remus, Tonks, le Professeur Rogue, tous morts et peut-être Harry aussi. La prochaine fois ça sera qui ? Bill et Fleur ? Hagrid ?

-Stop, stop ! Ok… écris ton affaire là… je dis plus rien.

Tandis qu'Hermione planchait sur son parchemin, la silhouette fine et racée d'Aurora Sinistra se dirigeait toute de noire vêtue vers la table des Serpentards, afin d'essayer de consoler les élèves qui pleuraient leur maître des potions.

-Pleurer pour Rogue… j'te jure… grommela Ron.

Dans le lit du maître des potions, Harry commençait à se réveiller pour de bon. Il mourrait de faim d'après les grognements de son estomac. Pourtant il se sentait bien et n'avait presque pas envie de bouger, étrange sensation. Alors qu'il émergeait lentement des brumes du sommeil, le jeune brun se rendit compte qu'il n'était pas seul et qu'un corps tiède se trouvait près de lui. Pas que se fut désagréable du tout d'ailleurs. Il hésitait entre ouvrir les yeux et se laisser encore bercer par la douce chaleur des couvertures et le bruit des pages du grimoire que quelqu'un tournait près de lui.

Grimoire ? Pages ? Pas seul… se réveiller !

Le choc tira Harry définitivement du sommeil et d'un bond, s'assit, regardant autour de lui, hébété, sans même se rendre compte qu'il y voyait correctement, la pièce étant modestement éclairée par une lampe de chevet à l'abat-jour marine un peu trop vieillot.

-Bien dormi, Harry ?

Bouche bée, les yeux écarquillés, Harry regardait un Severus Rogue goguenard, qui installé nu –semblait-il- près de lui dans le lit, lisait un livre de potions, confortablement adossé à deux oreillers. Harry écarta les draps et couvertures qui le recouvraient afin de juger de l'état de sa vêture. Se voyant dans le plus simple appareil, il se mit à bredouiller.

-Misère, misère… Je fais quoi là, ici, comme ça ?

-Bienvenue dans le monde des gens réveillés, Monsieur Potter ! s'amusa la terreur des cachots en levant un sourcil narquois vers son calice. Tu as faim ? Tu veux manger ?

-Heuuu… Professeur Rogue, on fait quoi là, ici ? Dans… heuuu… votre lit ?

-Nous sommes dans mon lit. Et tu y es depuis hier soir. Pour le moment tu n'as fait qu'y dormir, mais ça peut encore changer…

-Héééé ! Doucement là !

Harry serrait frileusement les draps autour de lui, comme une barrière. Il attendait des réponses. Par la barbe de Merlin, qu'est-ce qu'il foutait bien dans ce lit et avec la chauve-souris des cachots ?

-Tu te souviens de quoi ?

-Chais pas…

-Toujours aussi explicite !

Le maître des potions tourna une nouvelle page de son grimoire sans paraître le moins du monde émotionné.

-Mes lunettes ?

-Tu n'en as plus besoin, tu n'as pas remarqué ?

Harry tâtonna son visage et plissa les yeux. En effet, il voyait nettement, c'était très curieux.

-Azkaban, on était à Azkaban !

-Dix points pour Gryffondor ! Ensuite ?

Harry resta silencieux un moment, plongé dans ses pensées, puis il se mit à rougir, et à balbutier.

-Non… non… On n'a pas… pas possible. On a fait… ça ?

-Fait quoi, Harry ? demanda tranquillement Severus en fermant son livre et en le posant sur la table de chevet près de lui. Si tu veux savoir si on a fait l'amour, alors c'est oui. Ensuite, si tu veux savoir si j'ai fait de toi mon calice, alors c'est encore oui. Est-ce que je regrette ? Pas pour l'instant…

Le petit sourire que fit le vampire eut un curieux effet sur Harry, qui soudain, se sentit beaucoup moins sur la défensive. Les souvenirs revenaient les uns après les autres… D'abord Remus et Tonks et l'odieux Smith et puis… Ombrage et les tortures infligées… Il frissonna en se souvenant de ce moment et se sentit soudain seul et malheureux. Aussitôt le vampire grogna et se redressa pour le prendre dans ses bras.

-Du calme… je ne sais pas à quoi tu penses, mais je peux te dire que ça affecte terriblement notre lien.

Le fait d'être dans les bras du vampire apaisa Harry qui ferma les yeux et laissa son visage reposer contre la poitrine nue de la terreur de Poudlard.

-Ombrage… torture… les Doloris… Remus…

-Je vois… Mais elle ne te touchera plus maintenant. Jamais ! Personne ne sait où nous sommes et on nous croit sûrement morts.

-Morts ? Mais… Ron, Hermione… Dumbledore…

-Albus sait que je me suis échappé d'Azkaban avec l'aide de Kingsley et de son équipe. Il ignore où je suis et que tu es avec moi. Il n'y a aucune trace de toi dans les registres de la prison. Le seul à savoir était McNair… et… j'ai eu un petit creux, pendant que tu dormais.

-Hein ? Vous… vous l'avez… bouffé ?

-Tu… Harry… Et appelle-moi Severus. Nous sommes liés maintenant. Tu es mon calice. Nous sommes un couple.

-Couple ? Comme… des gens mariés ?

-Absolument. Sauf que nous sommes deux hommes. Ça te gêne ? Hier soir, tu as pourtant semblé pas mal apprécier…

Amusé, Severus perçut la confusion et la honte dans le lien qu'il partageait avec Harry. Un petit coup d'œil lui permit de voir que le Gryffondor était écrevisse. Il caressa l'épaule nue de l'élève qui fondit instinctivement sous le geste. Un calice ne pouvait jamais résister aux caresses de son vampire. Il avait presque oublié cette vieille notion. D'ailleurs c'était le moment d'en profiter un peu, et de faire une petite révision… Du genre, qu'est-ce que les calices aiment particulièrement comme caresses ? C'était une bonne entrée en matière pour refaire connaissance avec le brun aux yeux émeraude fraichement déniaisé, et une excellente façon de renforcer encore un peu plus leur lien. Ensuite, ils passeraient aux choses sérieuses.

D'un geste puissant, Severus bascula Harry sur le dos et se coucha sur lui, profitant de la surprise du calice. Il plaqua sa bouche sur celle du garçon et sa main gauche glissa le long d'une fesse ronde et ferme, musclée par le Quidditch. Il posa son doigt sur l'anneau de chair palpitant et y jeta un sortilège de lubrification. Lorsque l'index du prédateur entra sans prévenir dans son fourreau chaud et accueillant, le Gryffon eut un petit hoquet et instinctivement remua son bassin pour en réclamer plus, sa soudaine érection frottant contre celle de son vampire.

Les minutes qui suivirent ne furent plus remplies que de bruits de baisers, de gémissements, de soupirs et de petits cris de plaisir. Le calice s'abandonnait au vampire. Harry Potter s'abandonnait totalement dans les bras de Severus Rogue, oubliant qui il était, qu'ils étaient deux hommes également. Il ne voulait plus que ce sexe démesuré qui le remplissait, le caressait, le comblait de plaisir, ainsi que ces lèvres voraces qui lui dévoraient la bouche et le cou. Et ces mains qui le touchaient partout…

Hagard, pantelant, brûlant d'un feu encore récemment inconnu de lui, Harry Potter s'arque bouta soudain et hurla, se libérant dans le plaisir, éjaculant intouché contre les abdominaux du vampire radieux, avant de retomber presque inconscient contre les oreillers, tandis que son vampire plantait ses crocs dans son cou pour provoquer son propre orgasme.

-Harry… murmura Severus en léchant les deux trous qu'il venait de faire au cou du morveux.

Deux bras minces mais musclés s'accrochèrent au cou du vampire dont les longs cheveux noirs lui balayaient le visage. Sentant le besoin du calice, Severus le serra très fort contre lui également et Harry se détendit progressivement, sa respiration revenant à la normale au fil des minutes.

-Tu vas devoir manger, et un solide repas. Je ne t'ai pris qu'une gorgée, mais comme tu n'as rien eu qu'un crouton de pain hier, ça ne va pas te faire trop de bien.

-Je croyais que tu avais… bouf… heuu… saigné McNair ?

-Je ne t'ai pas mordu par faim, mais juste pour le plaisir. Mordre son calice et boire provoque un orgasme, je ne voulais pas attendre plus longtemps… J'avais trop envie, sentir ton plaisir est une sensation extraordinaire et je n'y suis pas encore habitué.

-Je… je suis pas… trop nul ? Alors ?

-Tu es parfait ! Si on considère que tu es un novice. Je pense que nous allons très bien nous entendre sur ce point-là.

Harry passa les quelques minutes suivantes, lové dans les bras du vampire à se reprendre un peu avant que tous les deux ne descendent pour commencer la journée.

Le Gryffondor dévora consciencieusement tout ce que Severus lui mit dans son assiette. La terreur des cachots, un vieux tablier de femme autour de la taille pour protéger sa robe noire, jouait les cuistots avec un plaisir inavoué. Il avait toujours aimé faire la cuisine, depuis son adolescence. Alors qu'il n'était pas encore une créature des ténèbres, il cuisinait souvent pour sa mère de santé plus que fragile et dont les maigres forces ne lui permettaient plus ce genre d'activité. A Poudlard, il s'en remettait à la cuisine des Elfes, mais depuis qu'il avait été mordu et transformé, dix-huit années auparavant, cuisiner et surtout manger étaient passés très largement au second plan.

-C'est bon ? demanda-t-il en resservant à Harry, une part de ragout de bœuf dégoulinant d'une sauce brune odorante.

-Génial ! répondit le petit brun les yeux fermés de plaisir, un morceau de pain couvert de sauce dans la main. Tu es un chef hors-pair ! Qu'est-ce que je peux avoir faim ! Je ne comprends pas, je ne mange jamais autant d'habitude…

-Ton organisme doit nous nourrir à présent tous les deux. Tout est normal, rassure-toi. De plus cet apport de nourriture va combler tes carences, tu vas grossir et grandir, tu vas voir.

-Tu veux dire que je vais manger presque pour trois, là ?

-Presque. Pour toi d'abord, ensuite pour moi, et le surplus afin que tu te remplumes. Un peu d'extra ne te nuira pas.

-Ok. Si c'est toi qui cuisines pas de souci ! s'amusa le sale gamin, le regard en coin.

Severus avait revêtu sa tenue habituelle de chauve-souris des cachots, si on exceptait le vieux tablier ridicule orné de la chauve-souris publicitaire des bièraubeurres « Barny la Roussette ». Harry qui n'avait aucun bagage, avait du se rabattre sur les vieilleries que le vampire avait déniché dans une vieille malle au grenier. Quelques sortilèges ménagers avaient nettoyé un vieux pantalon d'uniforme de Serpentard, ainsi qu'une chemise blanche démodée et usée à l'écusson vert de cette même maison. C'étaient les seules choses qu'Harry pouvait mettre, ne se voyant pas revêtir une des robes noires de son vampire.

-J'arrive pas à croire que je n'ai plus besoin de lunettes ! Comment tu as fait ça ?

-Tu as bu de mon sang, rappelle-toi… Il a corrigé un défaut majeur qu'il a trouvé en toi. C'est en quelque sorte un cadeau pour être devenu mon calice.

-Cool… franchement j'apprécie !

Harry trempait un morceau de pain dans la sauce, tout en piquant les bouts de viande et les pommes de terre avec sa fourchette de l'autre main. Amusé, Severus se demanda ce qu'il aurait fait, s'il avait eu une troisième main à sa disposition. Le vampire déboucha deux bouteilles de bièraubeurre et en tendit une à Harry qui la saisit aussitôt pour en porter le goulot à ses lèvres. Le professeur sirota tranquillement sa bouteille idéalement tiède, tout en regardant Harry terminer son pantagruélique repas.

Dans le bureau de la secrétaire de Cornélius Fudge, Albus Dumbledore rongeait son frein. Le ministre venait de lui faire dire qu'il ne pouvait le recevoir étant débordé et actuellement en conférence avec Amos Diggory du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques.

-Insistez, Miss Bondupois ! pesta le vieil homme qui n'avait plus envie de jouer au grand-père bonasse. J'ai autre chose à faire de mon temps que de faire le pied de grue au ministère, j'ai une école à gérer, moi ! Et j'ai également un élève qui a disparu dans l'enceinte même de ce ministère ! Et j'aurai des réponses, croyez-moi ! Je veux savoir, non j'exige de savoir où est Harry Potter !

Cette fois-ci, le ton était franchement déplaisant, et la puissance magique du vieil homme commença à se faire sentir dans le bureau encombré de vieux parchemins de Donatella Bondupois. Celle-ci soupira et d'une petite voix lasse, répondit.

-Je vais encore essayer, Professeur Dumbledore, mais ne m'en veuillez pas s'il refuse de vous faire entrer. Il ne reçoit quasiment plus personne, sauf Madame Ombrage et les différents membres de son service.

La sorcière rajouta sur le ton de la confidence et à voix basse en remuant la tête à droite et à gauche, comme si ça pouvait empêcher une quelconque indiscrétion.

-Si vous saviez tous les gens qui viennent pour protester à cause de la nouvelle loi ! Ce matin à l'ouverture, on avait Norbert Dragonneau et sa femme, ils sont venus râler et je vous assure que ce n'était pas plaisant à entendre. Le Ministre de la Magie d'Allemagne a envoyé un émissaire hier soir. Si les loups-garous sont exterminés chez nous, il coupera toutes les relations diplomatiques avec notre Ministère. Et celui de la Transylvanie a dit pareil aussi… Je ne sais vraiment pas ce qui va se passer, mais ça commence à me faire peur. C'est vrai qu'ils ont tué une Auror ? Et puis ce héros de la guerre, ce Lupin ? Un sorcier avec un Ordre de Merlin ! Quand je pense ! Et Rogue aussi ? Vous n'avez plus de maitre des potions à l'école alors… Tout ça est terrible !

Albus se laissa tomber sur une chaise devant le bureau de Miss Bondupois. Il se souvenait d'elle. Une Poufsouffle, pas futée mais gentillette. Son frère était un des oubliators du ministère.

-Vous voulez une tasse de thé, professeur ?

-Allez-y pour le thé, Miss Bondupois, ça nous fera patienter.

La sorcière s'était à peine levée pour aller chercher sa théière en fonte qui l'attendait sur une étagère près du poêle à charbon réchauffant la pièce, que la porte de Fudge s'ouvrait avec fracas et qu'Amos Diggory, empêtré dans sa robe de sorcier mal boutonnée, apparaissait furieux et le visage rouge de colère. Albus leva un sourcil en le voyant ainsi, un gros dossier serré contre sa poitrine.

-Albus, fit le père du défunt Cédric. Je vous verrai bientôt…

Avant que le Directeur n'ait eu le loisir de répondre, Diggory était déjà parti sous l'œil inquiet de Miss Bondupois qui tenait sa bouilloire à la main.

-JE N'AI PAS LE TEMPS, DUMBLEDORE ! hurla le Ministre, au bord de l'apoplexie.

-Et bien nous allons donc faire très vite ! assura Albus en poussant le rondouillet ministre dans son bureau et en fermant la porte derrière eux. Cornélius, je n'irai pas par quatre chemins. Où est Harry Potter ?

-C'est après votre petit criminel que vous en avez ? Je ne sais pas où il est ! Voilà, vous êtes content ? Il n'y a aucune trace de sa sortie dans les registres des Aurors, et personne ne sait ce qu'il est devenu. Sa baguette est toujours sous scellés. Rufus ne comprend pas ce qui s'est passé. Pour ma part, je pense qu'il a du s'enfuir… la peur après son crime !

-Vous ne parlez pas sérieusement, j'espère ? Harry ? S'enfuir et sans sa baguette ? Le seul endroit où il aurait pu être susceptible de se réfugier c'est à Poudlard ! Et il n'y est pas !

-Et le Manoir Black ?

-Le Manoir Black était occupé jusqu'à très récemment par Remus Lupin, et son épouse l'Auror Tonks ! Couple qui a été comme par hasard éliminé par votre petite brigade de choc ! Une Auror et un héros avec un Ordre de Merlin ! Si vous ne calmez pas Dolorès, Cornélius, vous allez avoir une révolution sur les bras ! Si Harry était au Manoir Black, je le saurais…

-Cherchez-le si ça vous amuse, mais j'ai d'autres fléreurs à fouetter. De toute façon, si nous mettons la main sur lui, après ce qu'il a fait à ce Zacharias Smith, c'est Azkaban qui l'attend ! Ah… oui, j'oubliais, plus de vampire pour le prochain poste de maitre des potions. Si vous n'avez personne, Arsénius Beaulitron est ravi de reprendre du service. Je l'ai eu par cheminette ce matin même !

-Arsénius Beaulitron a cent-quatre vingt-trois ans et est sourd comme un pot ! En plus il est gâteux ! Je préfèrerais encore enseigner les potions moi-même !

-Si ça vous amuse, Dumbledore ! En attendant, bon vent ! Si vous vouliez la place de ministre, il fallait la prendre quand on vous l'a proposée !

-Non, merci, Cornélius, je n'ai pas changé d'avis. Je n'en veux pas… Comme diraient les jumeaux Weasley… le siège est trop éjectable ! Bonne journée !

Le vieil homme sortit de la pièce à grandes enjambées, marmonnant un vague au revoir à Miss Bondupois qui versait des feuilles de thé dans une boule. Malgré sa colère, Albus avait quand même appris quelque chose… Cornélius Fudge ignorait où se trouvait Harry, et il n'avait pas menti, un soupçon de légilimancie l'avait confirmé. Une seule autre personne pouvait alors le savoir, le responsable, ou plutôt LA responsable : Dolorès Ombrage, sans nul doute.

Les jours passèrent les uns après les autres. A l'impasse du Tisseur, Severus et Harry s'étaient installés dans une presque routine. Une vieille boite à biscuits en fer blanc qui contenaient une bonne liasse de livres sterling, leur avait permis d'aller tranquillement au Supermarché Discount local pour remplir les placards et le vieux frigo des années 60 de Severus. Harry soupçonnait d'ailleurs qu'il ne fonctionnait encore que grâce à la magie. Hedwige leur avait fait la surprise de les attendre un matin, perchée sur le vieux lilas maigrichon qui survivait près de la porte donnant sur une petite arrière-cour. Depuis, le rapace leur apportait la Gazette du Sorcier tous les matins.

Une crise majeure avait d'ailleurs été déclenchée par la lecture de ce journal. Installé dans le vieux fauteuil de Severus, un mug de chocolat chaud dans une main et une boite de cookies aux noix de pécan sur les genoux, Harry se remplissait l'estomac, une de ses principales occupations depuis son arrivée. La chouette était entrée par l'imposte ouverte au dessus de la porte d'entrée et avait tendu sa patte à Harry pour qu'il lui retire le journal. Le Gryffondor l'avait tranquillement déplié et parcouru jusqu'aux dernières pages, où un communiqué de la Direction de Poudlard indiquait que les obsèques de l'ancien Professeur Lupin et de son épouse avaient eu lieu dans l'intimité à Poudlard et que le lieu de leur repos éternel n'était connu que des intimes des défunts.

Horrifié et choqué d'avoir raté ce moment, et surtout d'avoir pu oublier plus ou moins leur mort, il se mit à trembler et à pleurer. Des sanglots épouvantables l'empêchaient de respirer et il était complètement paniqué. Hedwige, perchée sur le haut d'une vieille bibliothèque, hululait d'inquiétude en le regardant. Dans la cave qui servait de labo de potions, Severus qui mijotait quelques mixtures délicates, s'était enfermé avec un sort de silence –Harry aimait bien chanter, mais ne chantait pas très juste- et avait provisoirement coupé leur lien afin de se concentrer sur ses recettes et pas sur le goût des cookies, du chocolat et des derniers tubes des Bizzar'sisters qui émanaient d'Harry.

Lorsque le monstre des cachots sortit satisfait de son labo, ce fut pour entendre les sanglots déchirants d'Harry. Il se rua paniqué vers le salon, laissant le flot des émotions du jeune homme l'envahir complètement afin de comprendre ce qui se passait. Une douleur atroce lui saisit la poitrine et une angoisse, un chagrin terrible lui coupèrent la respiration. Son calice avait besoin de lui, il allait mal et le vampire en lui n'avait pas été à la hauteur, il n'avait pas su ! Severus utilisa sa vitesse vampirique afin de rejoindre Harry qui était prostré allongé en chien de fusil sur le plancher à l'angle de la cheminée. Les yeux rougeâtres et les canines sorties, le vampire se précipita sur le petit corps sanglotant et le serra dans ses bras, le soulevant comme un fétu de paille. La voix rauque du vampire se fit entendre.

-Calice… mal ? Protéger… calice…

Ce n'était plus le sorcier qui était aux commandes, mais la créature des ténèbres paniquée que son calice puisse être en danger à cause de son incapacité à le protéger. Le nez collé à Harry, le vampire le reniflait pour sentir une blessure, il le tâtait, le caressait pour le rassurer et se rassurer aussi. Un coup de poing s'abattit sur la poitrine du Serpentard.

-TU ETAIS OÙ ? J'AVAIS BESOIN DE TOI ET TU N'ETAIS PAS LÀ ! TU M'AS LAISSÉ TOUT SEUL !

Les hurlements du calice firent reprendre le contrôle à Severus.

-Chut, je suis là, Harry, j'étais en bas, sur une potion délicate. Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal ? Dis-moi…

Le vampire caressait son calice des pieds à la tête, l'embrassait pour le rassurer, attentif à ce que ses crocs sortis ne le blessent pas.

-J'avais besoin de toi… murmura Harry entre deux sanglots déchirants.

Assis par terre, berçant Harry contre lui comme un bébé, Severus tentait encore une fois de comprendre.

-Dis-moi ce qui a provoqué une telle abomination dans le lien, une telle douleur, dis-moi…

-Sev'… besoin de toi, tout de suite.

-De quoi as-tu besoin ?

-Je sais pas… de toi, bois mon sang…

Severus comprit qu'Harry se sentait mal et avait besoin d'être rassuré par le renforcement immédiat du lien après cet abandon involontaire. Merlin ! S'il avait su, il n'aurait jamais coupé ainsi leur connexion même provisoirement afin de se concentrer sur sa potion. Tant pis pour les cookies et les Bizzarr'sisters. Severus dégagea le cou d'Harry et après deux coups de langue rapides, y planta ses canines, buvant longuement et à longs traits, tandis qu'Harry se détendait et se calmait. Du plat de la main, il caressa légèrement le sexe dressé du garçon par-dessus son pantalon, ce qui suffit à lui faire obtenir un orgasme et à le calmer complètement. Alors qu'Harry devenait mou comme une poupée de chiffon entre ses bras, le vampire lécha les deux trous fraichement percés, encore perturbé par cette petite crise dont il n'avait finalement pas compris encore la provenance. Il se redressa en soupirant, regardant le visage noyé de larmes de son calice et les quelques sanglots qui jaillissaient encore par moment de la poitrine menue. Il serra le Gryffondor contre lui, lui susurrant des mots sans suite, en embrassant son visage et ses lèvres. Puis il se releva son fardeau dans les bras et monta l'escalier pour rejoindre la chambre qui était dorénavant la leur. D'un geste de baguette, il déshabilla Harry et le coucha sous les couvertures. Il éteignit la lumière et glissa ses doigts dans les cheveux bruns en pétard.

-Je reviens, mon ange, attends-moi…

-Sev'… besoin de toi.

-Je sais. J'en ai pour une minute et je suis là… Je laisse le lien ouvert, tu sentiras ma présence. Je regrette de l'avoir fermé pour travailler d'ailleurs. Tu n'es visiblement pas prêt pour ça.

Severus utilisa de nouveau sa vitesse vampirique pour redescendre, ne voulant pas laisser Harry seul plus longtemps que nécessaire. Mais il s'était passé quelque chose, et il devait savoir quoi, trouver ce qui avait déclenché la crise d'angoisse et de larmes. Au pied du fauteuil de cuir noir éculé, un mug renversé laissait couler son chocolat et des cookies gisaient près de leur boite en carton. Un hululement fit Severus lever les yeux : La chouette des neiges d'Harry le regardait de ses yeux dorés. Hedwige était là, ce qui voulait dire qu'elle avait apporté quelque chose, une lettre ou… un journal ! Qui en effet, était abandonné dépassant à peine de sous le fauteuil. Un Accio informulé et sans baguette fit venir le quotidien dans la main du vampire. Il était ouvert à une page banale presqu'à la fin du journal. Le vampire interrompit son geste, la page n'était pas finalement si banale que ça. Entre les petites annonces pour des balais d'occasion, les publicités pour les commerces du Chemin de Traverse et le carnet mondain se trouvait un entrefilet qui semblait avoir été publié à la demande d'Albus Dumbledore. Severus le lut avidement et soupira. Il frotta ses yeux et son front d'une main lasse. Tout s'expliquait, Harry avait pris la nouvelle en pleine figure et n'avait pas pu la gérer seul. Instinctivement Severus avait utilisé ses capacités de vampire pour distraire son calice de la douleur du deuil, ce qui expliquait la presque indifférence du Gryffondor quant aux morts de Remus et Tonks. Le fait que Severus ait coupé provisoirement le lien avait provoqué un choc et une brusque rechute. C'était de sa faute, il n'avait pas su protéger son calice et n'avait plus qu'à réparer les dégâts.

Le vampire était fortement contrarié. Ne pas être à la hauteur était une faute très grave quand on avait un calice. Le devoir de protection était sacré, viscéral. Il fallait réparer, TOUT DE SUITE !

Le maître des cachots évanouit le chocolat et le mug d'un geste de baguette et expédia les cookies dans la cuisine de la même façon. Il remonta quatre à quatre les escaliers et se déshabilla d'un geste de la main. Aussitôt il rejoignit Harry dans leur lit et le serra dans ses bras. Grisé par la présence du vampire et par le lien, Harry somnolait en reniflant. Un sourire aux lèvres, Severus conjura un mouchoir et le lui tendit.

-Mouche-toi, bébé, où je te préviens, je ne te fais pas de bisous.

Sans discuter, le calice obéit, rangea le tissu sous son oreiller et se glissa entre les bras de son vampire, cherchant sa protection et sa tendresse. Ils s'endormirent ainsi dans les bras l'un de l'autre. Dans le salon, le journal gisait à présent oublié sur l'assise du fauteuil. Il servirait dans la soirée à alimenter le feu de cheminée.

Dans le bureau d'Albus Dumbledore, Amos Diggory avalait la tasse de thé que Minerva McGonagall venait de lui servir. Le Directeur le regardait de ses yeux clairs dans lesquels pas la moindre petite lueur espiègle luisait.

-C'est Arthur qui vous a prévenu, Albus ?

-Oui, Amos, il vous a aperçu à la cafétéria du Ministère l'autre jour au déjeuner, et il lui a semblé que vous aviez des soucis. Son collègue Perkins aurait entendu des choses également.

-Il faut faire quelque chose ! On ne peut plus la laisser faire… Si vous saviez ce qu'elle projette ! J'ai essayé d'en parler à Fudge, vous étiez là l'autre jour quand j'étais dans son bureau mais vous avez vu son attitude… Elle a tout prévu, elle va faire arrêter et exécuter tous ceux qui auront du sang de créature magique dans les veines. Ce n'est plus une histoire de loups-garous ni de vampires, c'est pire que ça ! La survie du Monde Magique est en jeu. Si j'osais, je dirais que celui-dont-on-ne-prononçait-pas-le-nom n'était pas aussi inquiétant et pourtant, vous savez ce qu'il a fait à mon garçon.

-Oui, Amos. Cédric était un élément brillant, un honneur pour Poudlard et la Maison Poufsouffle. Il ne sera pas oublié.

-Nous sommes content que le petit Potter ait pu nous le ramener, malgré tout. C'est moins dur. Au moins, il n'est pas trop loin de nous.

Minerva renifla, le nez dans son mouchoir. La mort de Cédric Diggory quelques années auparavant, était toujours un sujet sensible pour elle, comme pour Pomona Chourave qui avait eu beaucoup de mal à s'en remettre et avait du consulter un psychomage de Sainte-Mangouste pendant plusieurs mois, cette année-là.

-Racontez-nous ce que vous savez, Amos.

-Le dossier que j'avais l'autre jour, vous vous souvenez ? Je ne l'ai plus. Il a disparu de mon bureau la nuit suivante. Oh, il n'a pas été perdu pour tout le monde, je dirais… C'est cette Ombrage ! Elle veut masquer ses forfaits. Oui, je vous disais que les loups-garous et les vampires c'est juste la partie visible de l'iceberg comme disent les moldus. Son équipe a commencé à éplucher les registres magiques de l'état-civil. Quelques sortilèges spéciaux connus des langues-de-plombs, permettent de révéler les ascendances et le sang des créatures quel que soit sa dilution. Une très grande partie des sorciers a du sang de créature. Tout le monde sait que les Malefoy ont du sang de vélane par exemple. Abraxas avait épousé cette vélane bulgare, ça n'avait pas posé de problème, elle venait d'une honorable famille, disait-on. Les Moroz ont eu un ou deux vampires dans leurs ancêtres au siècle dernier, ce genre de chose. Rien qui ne prête à conséquence. Les Ondines, les Nymphes et les Sylphides qui épousent des sorciers, ça n'a jamais mis le Monde Magique en péril ! Elle va tous les traquer, Albus. Les parquer comme du bétail, les marquer, les exterminer ! Hommes, femmes, enfants, vieillards… TOUS !

De la bave coulait le long du menton d'Amos Diggory, sa main tenant sa tasse de thé tremblait, ses yeux étaient injectés de sang. L'homme n'en pouvait plus de toute cette émotion qui le submergeait. Bouleversée par les nouvelles, Minerva n'en croyait pas ses oreilles. Elle tentait maladroitement de récapituler qui dans sa maison pourrait faire l'objet des inquisitions du Ministère, mais elle ne voyait pas. Ses lions étaient tous de braves petits sorciers et de braves petites sorcières, personne à sa connaissance n'avait de sang de créature, mais il était vrai aussi qu'il n'était pas commun de le crier sur les toits. On n'en parlait pas parce que ça ne servait strictement à rien.

-Je peux vous dire, Albus, qu'elle est furieuse que McNair, son bourreau, ait disparu. Personne ne l'a revu depuis qu'il a envoyé Severus Rogue à Azkaban. On dit le vampire mort, je l'ai lu dans la Gazette, mais ce n'est pas vrai, et elle le sait. Les registres des naissances sont actualisés automatiquement et elle a vérifié, le vampire est toujours en vie. Et s'il est vivant, c'est qu'il s'est échappé et a tué McNair pour ça. Elle en est là de ses petites réflexions. Elle a la fâcheuse habitude de hurler quand elle est contrariée et vous savez que j'ai le bureau juste à côté du sien. Harry Potter est vivant également. Arthur est mort d'inquiétude pour le gosse, il n'a pas de nouvelles, et vous savez combien il est attaché à ce petit, autant qu'aux siens. Alors quand j'ai entendu, je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire. Il était si heureux le brave homme.

-Vous avez très bien fait, Amos et je vous en remercie car je n'en savais rien non plus et je m'inquiétais. Personne ne l'a revu depuis qu'il a été emmené par les Aurors et même Cornélius ignore ce qu'il est devenu.

-C'est à se demander qui est le ministre…

-En effet.

-Albus, l'interrompit Minerva McGonagall, mais si Monsieur Potter est en vie, où est-il par Merlin ! Le pauvre garçon n'a ni baguette, ni or, ni malle. Aucun abri !

-Je crois que je commence à avoir une petite idée d'où il pourrait être, Minerva. Et s'il est bien là où je pense, il est en parfaite sécurité.

-Qu'attendez-vous pour nous le dire ? s'énerva la professeure de métamorphose.

-D'être sûr, ma chère, d'être sûr.

A la table des Gryffondors Hermione Granger pestait. Les nouvelles qu'elle avait reçues de Rita Skeeter n'étaient pas pour lui plaire. La blonde journaliste refusait de s'investir malgré les menaces à peine déguisées de la Gryffondor. Son aptitude d'animagus scarabée avait permit à Skeeter d'apprendre ce que mijotait Dolorès Ombrage et elle paniquait. Elle avait un quart de sang de Vélane et n'avait pas l'intention de faire les frais lorsqu'on lui mettrait ses ancêtres sous le nez. Elle avait tout raconté à Barnabas Cuffe, son rédacteur en chef, qui en avait laissé tombé le beignet qu'il mangeait de stupéfaction. La décision fut prise de ne plus rien publier qui pourrait mettre le journal ou ses journalistes en péril. Rita avait accepté de continuer à fouiller pour leur propre profit, mais tout resterait entre les murs de la Gazette. Il ne fallait pas se mettre le Ministère à dos. Rita révéla à Barnabas le petit chantage auquel la meilleure amie du Sauveur criminel tentait de la soumettre. Barnabas conseilla à Rita de dire la vérité à la gamine. Si celle-ci était aussi intelligente qu'on le disait, elle saurait très bien mettre à profit les nouvelles et pourquoi pas, ça pourrait aider Harry Potter. Il avait déjà vaincu un Mage Noir celui-là, il pouvait bien s'attaquer à Ombrage !

Comme soupçonné, Hermione avait su lire entre les lignes et compris que l'affaire était grave. Si Rita se dégonflait visiblement paniquée, ainsi que son rédacteur en chef, c'était inquiétant. Rita Skeeter était connue pour ne reculer devant rien et adorer remuer la merde afin qu'elle éclabousse le plus de monde possible. La blonde n'avait pas hésité à dire à Hermione qu'elle s'estimait en danger de par sa condition et allait sans nul doute dans un avenir proche devoir entrer dans la clandestinité ou fuir l'Angleterre. La brunette aux cheveux touffus replia le parchemin que le hibou de Rita lui avait envoyé et le rangea dans son sac, sous le regard suspicieux de Ron qui enfournait dans son gosier des œufs sur le plat entiers sans même les couper… Un œuf = une bouchée… Répugnant !

La décision d'Hermione était prise. Elle allait devoir se débrouiller toute seule. Enfin, presque… Luna Lovegood s'était portée spontanément volontaire pour l'aider. La blonde voulait retrouver Harry. Son père pensait qu'un complot du Ministère était derrière sa disparition et que le Sauveur se trouvait au Département des Mystères où on faisait des tas d'expériences horribles sur lui, afin de savoir comment il avait vaincu le Seigneur des Ténèbres. Luna était d'accord sur l'idée du complot, mais ne pensait pas qu'il était encore aux mains de Fudge ou d'Ombrage. Si la Gazette rendait les armes, le Chicaneur prendrait le relais, comme toujours. Il serait comme précédemment, l'organe intègre de la vérité ! Mione allait mettre à profit les cours annulés de potions –elle regrettait sincèrement Severus qu'elle trouvait bon maître des potions- afin de planifier ses premières attaques. Si ses souvenirs étaient corrects, les Serdaigles de 6ème année commençaient à neuf heures. La brune, un air décidé, dépassa la table des Serdaigles son sac de livres sous le bras.

-On va réviser, Luna ?

Luna leva un sourcil et d'une voix rêveuse annonça que les joncheruines ayant quitté son nouveau chapeau, elle se sentait l'esprit très clair pour les révisions. Cette déclaration n'émut pas outre mesure Hermione, habituée aux élucubrations de la Serdaigle. Toutes deux se dirigèrent vers la salle sur demande au 7ème étage comme si tout avait été précédemment organisé. Lorsqu'Hermione poussa la porte de la pièce transformée en salle de rédaction, elle annonça simplement à son amie.

-Luna, la Gazette du Sorcier rend les armes et Rita Skeeter refuse de se mouiller.

-Pas étonnant. Elle n'est pas à la hauteur et ce journal non plus.

Les deux filles s'installèrent devant une pile de parchemins, de plumes et de bouteilles d'encre. Et posément, Hermione exposa son plan à Luna qui se mit à sourire d'un air ravi au bout de deux minutes.

Le plan d'Hermione n'était pas encore au point que les mauvaises nouvelles arrivaient toujours, tous les matins avec les hiboux. Dorénavant, tout le monde se jetait en premier lieu sur son journal, y compris la table professorale au grand complet pour y lire les platitudes édulcorées et gnan-gnan de Rita Skeeter et de Barnabas Cuffe qui se contentait quant à lui de publier les communiqués que lui transmettaient Ombrage et son équipe. Ce matin-là, donc, une nouvelle liste de victimes fut publiée laconiquement, comme une liste d'épicerie. L'article contenait quatorze noms de sorciers éliminés pour des résistances diverses à leurs arrestations. Il y avait semble-t-il douze vampires et deux loups-garous. Le Ministère annonçait également qu'une rafle géante en forêt de Dean avait conduit à l'éradication de cent quatre-vingt-treize loups-garous et de six harpies se trouvant là par hasard, comme qui diraient des dommages collatéraux. Une prime était également offerte pour la capture du Sauveur criminel Harry Potter, qui selon Dolorès Ombrage, suprême et récente référence entre le bien et le mal, était en passe de devenir un nouveau Vous-Savez-Qui-et-Quoi.

Agacée, Hermione replia son quotidien sans poursuivre sa lecture. Ces idiots offraient à présent vingt mille gallions pour retrouver Harry. Alors soit ils l'avaient vraiment perdu, ne savaient pas où il était et c'était la meilleure nouvelle du mois, soit ils noyaient le poisson boullu et c'était encore pire que tout. La jeune fille jeta un coup d'œil vers Dumbledore qui mangeait ses œufs brouillés le nez plongé dans sa lecture. Elle ne savait pas ce que le vieux sorcier avait préparé, ni s'il n'avait vraiment aucune nouvelle d'Harry. Ron avait révélé que les affaires de leur ami avaient été déplacées du dortoir des Gryffondor et se trouvaient chez McGonagall bien à l'abri. Fred et George avaient participé, déguisés, à des libérations massives de vampires des sous-sol d'Azkaban avec l'équipe de Kingsley Shacklebolt. Les évadés avaient été aussitôt envoyés par portoloins de contrebande en Transylvanie où ils avaient été pris en charge par le Conseil Vampirique Transylvanien, organe spécialisé du Ministère local.

Depuis leur villégiature forcée, Harry et Severus suivaient les tribulations de la Brigade des nuisibles à travers les platitudes de la Gazette du Sorcier. Le jeune Elu n'avait pas pu s'empêcher de ricaner bassement en lisant le montant de la récompense proposée pour sa capture. Quelle était encore cette sottise ? Ombrage et ses acolytes ignoraient s'il était en vie et où il se trouvait, et tout ça à cause de leur propre bêtise, pas qu'Harry s'en plaigne d'ailleurs. Il préférait être dans les bras de son vampire dont il appréciait de plus en plus les attentions et il fallait le dire, leurs parties de jambes en l'air assez torrides, plutôt que d'être coincé dans une cellule ou un cul de basse-fosse comme la 723 où Severus avait été enfermé.

-Tu veux devenir riche, Sev' ?

-Pas spécialement, pourquoi ?

-Le crapaud en rose offre vingt mille gallions pour ma capture. Je suis flatté…

-Ne le soit pas, mon ange, le Ministère proposait vingt millions de gallions pour la capture du Seigneur des Ténèbres.

-HEIN ? Et pourquoi je n'ai pas eu cet or ? C'est dégueulasse, c'est moi qui ai fait tout le boulot !

-Tu ne crois pas que tu abuses en disant ça ? J'ai fait quoi pendant dix-huit ans, d'après toi ? Prendre le thé avec lui ?

-C'est pas ce que je voulais dire, mais pourquoi j'ai jamais entendu parler de cette récompense ?

-Tout simplement parce qu'à l'époque c'était la Ministre Millicent Bagnold qui avait proposé cette prime et que Fudge l'a fait immédiatement annuler à son arrivée au pouvoir en 1990.

-En plus il est radin ! Pfff…

Harry poursuivit sa lecture sous l'œil de faucon de Severus qui son ample nez planqué derrière un grimoire de potions, surveillait les réactions du calice et son bien-être. Il n'était pas pour renier ou déprécier les moments de consolation nécessaires à un calice perturbé, ou nier qu'il aimait particulièrement consolider leur lien à tout propos et dans n'importe quelle position, mais il préférait prévenir que guérir. Et on ne savait jamais sur quoi on allait tomber avec ce torchon.

-Bordel, la salope !

-Langage, Harry… voyons…

-Ils ont complètement éradiqué la meute de loups-garous de la Forêt de Dean, cent quatre vingt-treize loups. Tous éliminés ! C'est dégueulasse !

-Il devait y avoir avec eux, des louves, des conjoints sorciers et sorcières, des louveteaux et des enfants non atteints, c'est ce qu'on trouve en général dans une meute de cette importance, des familles entières avec plusieurs degrés d'atteinte à la lycanthropie.

-Sûrement. Et aussi ils ont éliminés quatorze vampires et six harpies. Ah non… douze vampires et deux loups-garous, piégés ensemble certainement.

-Les loups-garous et les vampires ne se mélangent pas. Ils se détestent cordialement, tu le sais. Ca m'étonnerait qu'ils aient été pris ensemble.

-Si tu l'dis…

-Je l'affirme.

-C'est pour ça que tu détestais Remus, hein ?

-Non, Harry, ce n'est pas pour ça. J'ai détesté Lupin avant de devenir un vampire parce qu'il a simplement essayé de me mettre en pièce un soir de pleine lune, aidé par ton cher parrain Black dont c'était une des idées brillantes ! Si ton père ne les avait pas empêchés, Black et Lupin auraient fini à Azkaban pour meurtre prémédité et moi au cimetière au bout de la rue.

-Merde ! Les cons !

Harry fit la moue et sembla dégoûté de l'attitude de son parrain qui, il le savait bien avait été toute sa vie immature et puéril, voire même dangereux et incontrôlable.

Dès le lendemain, l'escalade amorcée les jours précédents sembla atteindre un nouveau tournant. Les vampires avec calice étaient maintenant dans l'obligation de se présenter au Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques afin d'être contrôlés et marqués. Il n'était pas question d'échapper à la loi en se faisant passer pour un calice si on n'en était pas un. Pour les deux contrevenants, c'était Azkaban illico. En lisant l'article, Severus avait pesté.

-Comme si on pouvait faire semblant, ils sont idiots ou quoi ? Les proies souffrent en se faisant mordre, les calices jouissent !

-Et les vampires ?

-Que veux-tu dire, Harry ?

-Et bien, imagine qu'un faux calice assez motivé et sérieusement maso arrive à faire semblant de trouver la morsure jouissive. Pour le vampire, on peut voir la différence comment ?

-La tendresse, tout d'abord. Nous ne pouvons pas faire de mal à nos calices, tu le sais. Les proies sont instinctivement malmenées, c'est comme ça.

-Je sais, ça donne du goût au gibier… ricana Harry.

-Il suffirait qu'un des hommes d'Ombrage malmène un calice même sans le vouloir, en le bousculant par exemple, ça provoquerait une réaction violente du vampire aussitôt. Et il vaudrait mieux que le sorcier se planque car il aurait du souci à se faire. Aucun vampire ne résiste à ça. On ne touche pas au calice d'un vampire et un autre vampire ne touche pas à quelqu'un, moldu ou sorcier, marqué comme calice.

-Il y a des moldus calices ? demanda Harry surpris.

-Plus qu'on ne croit. Beaucoup de vampires vivent dans le monde moldu, pour la facilité à se nourrir que ça apporte déjà. Ils ont l'opportunité de rencontrer des hommes et des femmes qui peuvent éventuellement leur plaire et en faire leurs calices. Une petite partie des pouvoirs magiques des vampires passent ainsi dans le moldu qui devient juste un peu plus qu'un cracmol et peut faire un tout petit peu de magie basique ensuite et vivre dans le monde magique avec le vampire s'ils le souhaitent. Mais à mon avis, la tendance va sérieusement s'inverser et ceux qui ont des calices d'origine moldue vont s'empresser de retourner se cacher dans ce monde.

-Un peu comme nous, non ? On est caché dans le monde moldu, là.

-Absolument. Ici, je ne suis que Severus Rogue, le fils de cet ivrogne de Tobias, qui n'a pas trop mal tourné en devenant professeur dans un pensionnat privé pour surdoués, en Ecosse. Je suis sensé être un vieil original grincheux, mais parfaitement moldu, qui ne vient ici que pour passer ses congés d'été. Affaire classée.

-Alors, le fait qu'on soit tous les deux ici, en pleine période scolaire, ça va jaser, nan ?

-Ça a jasé, j'ai du trouver rapidement une explication. Ils sont persuadés dans le voisinage que nous sommes en lune de miel, d'où ta présence. Tu sais que les unions gays sont autorisées dans le monde moldu, du moins dans notre pays.

-Oui. Ça je l'avais entendu à la télé. Oncle Vernon avait assez fait de cirque avec ça. Comment ça se fait que tu as inventé ça ?

-Pas eu trop le choix, tu t'es glissé dans mes bras pour m'embrasser, quand nous étions dehors l'autre soir. Un des anciens copains de beuverie de Tobias nous a vus, il a fallu trouver quelque chose d'honorable. Je ne voulais pas qu'on pense que je kidnappais mes élèves pour les séduire dans la bicoque familiale.

Harry se mit à rire franchement, ce qui était quand même relativement assez rare depuis quelques semaines. Severus sentit son hilarité dans le lien, et se mit à lui sourire avec indulgence. Le vieux grigou qu'il était s'attachait de plus en plus à son petit Gryffondor qui s'avérait au final facile à vivre et à contenter, et de plus toujours partant pour de nouvelles expériences sexuelles, ce qui pour un ex puceau asexué était un exploit digne d'être souligné. Severus appréciait de plus en plus ses nuits, lui qui allait toujours se coucher à reculons lorsqu'il était seul, était presque le premier à se déshabiller lorsqu'Harry décidait qu'il était temps pour lui d'aller dormir. Le vampire qui n'avait pas besoin d'autant de sommeil que son calice, calquait son coucher sur celui de son compagnon afin de profiter de son petit corps chaud d'abord et de son sang ensuite, moments très privilégiés pour tous les deux. Et lorsque le calice s'endormait afin de reconstituer son niveau de sang, le vampire se relevait et en pleine forme, lisait ou préparait quelques potions. En bref, une affaire très bien rodée.
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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Mer 6 Juil - 20:32

Wow, merci pour cette suite que j'ai dévoré ! =D

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MessageSujet: Re: Extermination HP/SS Dim 31 Juil - 14:56

Les efforts conjugués d'Hermione et de Luna virent bientôt le jour. Plus précisément lors de la sortie du numéro de novembre du Chicaneur. Xenophilius Lovegood avait reçu quelques menaces de la Brigade anti-nuisibles et de Dolorès Ombrage. Xeno avait un quart de sang de Vélane, ce qui n'était pas du tout connu, et sa défunte femme ayant été une Sylphide, cela faisait de sa famille une cible privilégiée du crapaud en rose.

Albus Dumbledore avait été averti de la menace qui pesait sur Luna Lovegood. Une demi-Sylphide avec un soupçon de sang de Vélane, c'était tentant en effet pour la Brigade anti-nuisibles dont les excès étaient de plus en plus difficilement dissimulés par les Oubliators et les Langues-de-Plomb. Le vieux Directeur avait alors organisé le transfert de l'imprimerie du Chicaneur qui se trouvait dans la Tour de Loutry Sainte-Chaspoule, et caché les vieilles rotatives et leur rédacteur en chef, dans une ancienne imprimerie moldue désaffectée depuis plus de vingt ans. Xeno avait été fasciné du matériel qu'il avait trouvé là et s'était tranquillement installé, avec quelques autres créatures magiques, elles aussi sous l'œil et la suspicion d'Ombrage.

Le numéro de novembre du Chicaneur était bien sorti, contrairement aux prévisions du Ministère. Le magasine était distribué soit par la poste moldue, à la grande joie d'Arthur Weasley, par des hiboux bardés de sortilèges anti-pistages, voire même par de curieuses et mystérieuses silhouettes qui s'évanouissaient dès que le mensuel était sur le paillasson ou dans la boite aux lettres du destinataire.

Ce premier numéro dit « de la Résistance » portait la signature d'une nouvelle journaliste inconnue, mais à la plume acérée. Une certaine Gangrène O'Mirher, et son assistante Logéa Novodul se déchainaient.

Les deux sorcières avaient repris toutes les informations glanées par Rita Skeeter lors de ses expéditions en cafard dans les couloirs du Ministère. Si la blonde de la Gazette ne pouvait plus se permettre de faire de vagues, ses informations pouvaient encore provoquer quelques tsunamis bien dérangeants. Et c'était exactement ce qu'avaient prévu Gangrène et Logéa.

Derrière ces pseudos imagés qui aurait pu imaginer qu'Hermione Granger, née-moldue de 18 ans, élève à Poudlard et Luna Lovegood, 16 ans, elle aussi encore à l'école, se cachaient ?

Dans ce numéro, Gangrène expliquait les véritables motivations de Dolorès Ombrage et de sa brigade. Elle nommait leur opération une « Extermination » et la comparait au Génocide moldu auquel Grindelwald avait participé aidant le tristement célèbre moldu Hitler dans son plan odieux. Elle expliquait la présence de Remus Lupin à Poudlard, avec son épouse enceinte : il était le second parrain d'Harry Potter et un héros à l'Ordre de Merlin de seconde classe. Il avait bu une potion Tue-Loup de qualité supérieure, fabriquée par le vampire Rogue, référence mondiale pour cette potion. Il n'était pas une menace pour le monde magique, ni pour aucun élève de cette école où il était honorablement connu et apprécié. Aucun élève des classes supérieures ne pouvaient prétendre ne pas le connaitre et le craindre. La dénonciation de Zacharias Smith, élève agressif et vindicatif, détestant Harry Potter n'était justifiée ni par la peur, ni par le civisme, seulement par la haine, la méchanceté et une vengeance longuement mijotée contre le Sauveur du Monde Magique.

Une copie du rapport magicolégal, venue d'on ne savait où, expliquait noir sur blanc que l'enfant attendu par l'Auror Tonks n'était pas un lycanthrope mais un métamorphomage, variété de sorcier extrêmement rare et précieuse, très recherchée par les recruteurs d'Aurors pour leurs compétences.

La disparition mystérieuse d'Harry Potter après un séjour en cellule au Ministère de la Magie, où selon un rapport des Aurors cité également en copie, il avait, semble-t-il, été torturé aux impardonnables, était également narrée. Un Elfe nommé Winston (un pseudo pour sa protection) témoignait qu'il avait trouvé la cellule vide et du sang partout en allant faire le ménage avant l'arrivée des Aurors. Une photocopie moldue montrait le registre des écrous du ministère. L'entrée d'Harry était bien consignée à la page de ce jour-là, mais aucune sortie n'avait jamais eu lieu. Où était donc passé Harry Potter ? Qui avait torturé et fait disparaitre le Vainqueur de Voldemort ?

Page suivante, Gangrène remettait le couvert avec l'arrestation du vampire Rogue, connu pour son mauvais caractère mais aussi pour être parfaitement inoffensif en tant que vampire. La journaliste calculait le temps passé entre son arrestation et sa mort annoncée, soi-disant d'une soif de sang. Le vampire était très bien nourri, c'était même la condition principale à son maintien dans l'école et en aucun cas, il aurait pu mourir seul d'une soif de sang en moins d'une journée. C'était impossible et Gangrène citait à ce sujet Eldred Worpel, spécialiste incontesté du vampirisme, ainsi que l'éminent Norbert Dragonneau qui abondaient tous deux en son sens.

Le reste du numéro était consacré aux arrestations musclées et qui se terminaient toujours mal pour les arrêtés, quelles qu'aient été leurs fautes. Gangrène disséquait ainsi la rafle contre les loups-garous de la Forêt de Dean, précisant tout comme Severus l'avait fait à Harry, qu'une telle communauté comportait des familles entières dont tous les membres ne pouvaient pas être des loups-garous, génétiquement ce fait n'était pas possible. Les dommages collatéraux, c'est-à-dire l'exécution des six harpies soit disant par erreur était aussi passée au crible ainsi que les douze vampires et les deux loups-garous arrêtés à la sortie du Chemin de Traverse.

Le mensuel fourmillait de photographies dont on ne savait même pas la provenance. Comment diable les deux filles avaient-elles fait pour mettre la main sur de telles preuves ? Il y avait des photocopies de tous les rapports d'expertises sensés être confidentiels. Pour la Brigade d'Ombrage, c'était un camouflet et même, c'était dangereux. Cela risquait de déstabiliser Cornélius qui pour l'instant n'était pas véritablement mis en cause. Il passait plutôt pour le crétin de service qui n'est pas capable d'être le maître chez lui. Il y avait fort à parier que c'était reculer pour mieux sauter et que le numéro de décembre allait être encore plus saignant.

Stoïque et indifférente, Hermione était descendue prendre son petit déjeuner avec Ron et Ginny, tout en écoutant distraitement les élucubrations de Lavande Brown qui avait écrit à son idole le chanteur vampire Lorcan d'Eath pour lui proposer d'être son calice s'il n'en avait pas déjà un. Cette annonce stupide avait fait soupirer Hermione qui décida alors qu'écouter Ron se plaindre du nouvel attrapeur qui remplaçait Harry n'était, au final, pas si mal du tout.

Les deux Weasley plongés dans leur conversation animée, réagirent à peine lorsque Coq le microscopique hibou de Ron, laissa tomber le Chicaneur dans les céréales du Gryffondor. Ginny libéra le petit rapace agité de son encombrant fardeau et l'installa derechef sur une boite de céréales, un morceau de bacon dans le bec.

-T'as pas eu le Chicaneur, Mione ?

-Le hibou n'a pas du arriver, Ron. Il a sûrement été retardé, c'est pas grave. Si je ne l'ai pas reçu pour la fin du repas, tu me prêteras le tien ?

-Ouais, je suppose qu'on peut faire ça. On peut, Gin' ?

-Tu parles si je m'en fous ! Je lis que les trucs marrants. Si y en a pas, je lirai pas, alors…

Hermione semblait plongée dans un de ses livres de classe, comme à son habitude. Celui-ci reposait contre un pichet de lait, et la jeune brune aux cheveux touffus, mangeait ses œufs au bacon en révisant. Tout était parfaitement normal. A la table des aigles, Luna, le regard rêveur, rajustait les radis qu'elle portait en boucles d'oreille tout en tripotant son collier en bouchons de bièraubeurre. Néanmoins, elles attendaient les retombées qui n'allaient pas tarder à arriver…

Les premières exclamations ne mirent pas longtemps à se faire entendre. Ceux qui avaient commencé à lire, encourageaient leurs camarades à faire de même. Intrigués, les Directeurs de Maison se regardèrent et se jetèrent sur les seuls numéros reçus qui étaient ceux d'Albus Dumbledore et de Filius Flitwick. Pendant plusieurs minutes, il n'y eut plus que des bruits de pages tournées et quelques exclamations discrètes. Les Serpentards commencèrent à s'agiter en lisant le compte-rendu de la supposée mort de leur Directeur de Maison, et les plus brillants en soins aux créatures magiques ainsi qu'en défense contre les forces du mal, comparaient leurs connaissances avec les faits exposés. Ils en vinrent rapidement aux mêmes conclusions que la terrible Gangrène, et des grondements de colère se firent entendre parmi les vert et argent. Drago Malefoy en bon préfet et surtout en prince des Serpentards ordonna le calme et le silence et fit passer le mot qu'une réunion d'urgence se tiendrait dans leur salle commune avant le repas de midi. Le blond peroxydé était furieux. Visiblement, son idole, le ténébreux Professeur Severus Rogue avait été abattu par ces chiens enragés, dans une des cellules d'Azkaban. Il allait dès la fin du petit déjeuner, se précipiter à la volière afin d'expédier un hibou à Lucius et Narcissa, pour déjà qu'ils lisent le Chicaneur si ce n'était pas déjà fait et qu'ensuite, ils exigent des explications sérieuses de Cornélius Fudge.

Personne ne contrariait les exigences de Drago Lucius Malefoy. Non mais !

Un sourire flottait aux lèvres d'Albus Dumbledore en quittant la Grande Salle ce matin-là. Ces articles étaient vraiment excellents et à tout bien considérer, ils allaient faire réagir le Monde Magique qui dormait encore sur les lauriers de la victoire contre Voldemort. Il fallait que les sorciers de la rue se rendent compte que Dolorès Ombrage dans sa folie et sa mégalomanie était tout aussi dangereuse que le Seigneur des Ténèbres. Kingsley et Dawlish avaient confiés au vieil homme que le nombre des membres de la Brigade anti-nuisibles était passé de quinze à cinq cent en deux semaines. Les recrues étaient d'anciens Mangemorts connus mais non marqués, des repris de justices, des fils à papa désirant casser du loup ou du vampire, ou des petits crétins sans cervelle qui ne voyaient que la paie et pas que leur généalogie serait, elle aussi épluchée un jour, et qu'ils pourraient bien se retrouver de chasseur à gibier.

Albus avait appris ce même jour par les mêmes Aurors, que les jumeaux Weasley avaient enfin mis au point leurs Rapeltouts enregistreurs qui tout comme les caméras de surveillance moldues, enregistraient des images et du son dès que quelqu'un se trouvait dans la pièce. Ces petites boules colorées et incassables avaient été glissée dans tous les bouquets de fleurs du ministère et le crapaud en rose n'avait jamais tant reçu de fleurs de toute sa vie. Bien entendu, elles avaient toutes la même provenance.

En entrant dans son bureau, après s'être laissé paresseusement porté par l'escalier à vis, le Directeur murmura tout en gloussant de plaisir.

-Cinquante points pour Gryffondor, Miss Granger, et pour Serdaigle également, Miss Lovegood !

Ce fut Severus qui réceptionna Hedwige et son Chicaneur. Harry faisait la grasse matinée après avoir abreuvé son vampire qui avait eu un petit creux de bonne heure.

-Il est abonné à ce machin ? C'est pas possible… marmonna-t-il dégoûté.

Pourtant, la curiosité l'emporta largement et le vampire retira la bande de papier qui pliait le mensuel en deux. Installé à la table de la cuisine, une bonne tasse de son thé préféré à la main, il se mit à parcourir les gros titres, un sourcil élégamment levé. Il eut un sourire ironique en découvrant le prénom de Gangrène et n'eut aucun mal à comprendre qui se cachait derrière les deux journalistes.

-Mais, mais, mais… ne dirait-on pas que Miss Je-Sais-Tout et la loufoque ont enfin fait marcher leurs neurones. Que Merlin nous épargne, mais il va neiger pour midi.

La lecture calma cependant très vite Severus Rogue. Il plissa son front de concentration et reposa la tasse sur la vieille toile cirée moldue qu'Harry avait largement décapée à l'eau de Javel. Le vampire devait reconnaitre que tout ceci était fort intéressant et n'était pas mal écrit du tout. Harry allait très certainement apprécier le contenu du magasine. Peut-être était-il finalement l'heure qu'il se réveille, quitte à ce qu'il se recouche plus tard… beaucoup plus tard.

-JE VEUX SAVOIR QUI EST CETTE GANGRÈNE O'MIRHER ! hurlait Dolorès Ombrage debout dans son bureau rose, derrière sa table recouverte d'une nappe en dentelle ringarde. Les chatons miaulaient dans les assiettes accrochées au mur et ajoutaient une note d'hystérie à la scène.

Ses cinq principaux lieutenants se trouvaient figés devant elle, la pièce ne permettant pas d'en faire entrer plus.

-Personne ne la connait, Madame La Directrice fit Parkin, qui avait obtenu le poste de McNair après sa disparition subite. On se disait que ça devait être un faux nom, une anagramme. Mais on n'a pas trouvé, y a pas de nom de sorcier ou de sorcière avec ces lettres-là.

-Evidemment que c'est un faux-nom ! Bande d'incapables ! Mais si quelqu'un la connait, c'est ce Lovegood ! Trouvez-le-moi et collez-le à Azkaban ! A VIE !

-On a essayé une perquisition chez lui, mais c'est vide. Il a déménagé. On a demandé au voisin, c'est Arthur Weasley, du Service des détournements de l'artisanat moldu.

-Et ?

-Il n'a rien vu, il n'était pas au courant. Il a eu l'air vachement surpris, il voulait même y retourner avec nous pour voir si on ne s'était pas trompé de maison.

-Ça m'aurait étonné… tout ça c'est encore un coup monté de Dumbledore, ou même de Potter, ou de ce sale vampire… marmonna le crapaud engoncée dans sa robe rose qui avait rétrécit[1] . Vous avez le dossier de ce Lovegood, son statut du sang ?

-Oui, M'dame, fit un des nouveaux lieutenants en dépliant quelques feuilles de parchemin.

-Allez-y mon petit Cubert, fit Dolorès toute mielleuse, alors que derrière elle, un de ses sbires mettait un doigt dans sa bouche et faisait semblant de vomir.

-Je vous ai vu, Costello ! Vous viendrez me faire quelques lignes comme le gamin que vous êtes ! Ça vous mettra du plomb dans la tête !

-Xénophilius Lovegood, sang-pur, quarante ans, un quart de sang de Vélane, veuf d'une Sylphide de sang-pur également, qui s'est tuée dans un accident de sortilège il y a sept ans. Une fille à Serdaigle, quinze ou seize ans. Ils vivent à Loutry Sainte-Chaspoule, ce sont bien les voisins des Weasleys. Il est le propriétaire et l'éditeur du Chicaneur. Ce sont des originaux, ils fréquentent peu de monde.

-Trouvez- moi ce déchet !

-Patronne, qu'est-ce qu'on fait pour le vampire, Rogue ?

-Visiblement, il ne s'est montré nulle part et tout le monde le croit mort. Je suis sûre que ce lâche a quitté le pays !

-Il a peut-être pris un calice…

-Parkin, vous ne connaissez pas Rogue, n'est-ce pas ? Cette créature répugnante et vicieuse est antipathique et déplaisante au possible. Il n'en a jamais trouvé jusqu'à présent, qui voulez-vous qui aille s'accoquiner avec un tel personnage ? Il y a des sorcières aux goûts bizarres mais là ça dépasserait tout !

-Un sorcier ?

-Vous avez vraiment des idées tordues, hein, Parkin ?

-Ben, patronne, si je dis ça c'est que McNair, il a fait des allusions une fois ou deux, comme quoi Rogue il était plutôt branché sorciers.

-Et en plus cette chose serait homosexuelle ? Je ne veux plus entendre parler d'une telle abomination ! Vous le mettez sur la liste des vampires à abattre sans sommation. Vous le voyez, vous l'avada kadavratisez, c'est aussi simple que cela ! On ne va passer la journée là-dessus ! Et un mandat de recherche magique sur Lovegood ! Ils vont arrêter de jouer avec mes nerfs… fit Dolorès en cassant en deux la plume neuve qu'elle tenait à la main.

Harry Potter avait plutôt été pas mal surpris du contenu de son Chicaneur du mois de novembre. Les yeux écarquillés et la bouche bée, il parcourait les pages du magasine, assis dans le lit de Severus, qui le regardait faire, installé sur le rebord du matelas près de la table de chevet.

-Incroyable ! Je ne sais pas qui est cette Gangrène, mais elle va foutre un sacré bordel !

-Tu ne sais pas, mon ange ? Tu es sûr ?

-Je vois pas. Rita Skeeter qui se cache sous un pseudo ?

-Pas du tout. Regarde-bien.

Severus sortit sa baguette de sa poche et inscrivit en lettres de feu dans l'air devant Harry, le nom de Gangrène O'Mirher. Harry ne put s'empêcher de frissonner, en se souvenant que Tom Jédusor lui avait ainsi prouvé qui il était en faisant la même chose dans la chambre des secrets. Severus donna un petit coup de baguette sur le côté et les lettres changèrent de place pour révéler le nom d'Hermione Granger.

-Hein ? Hermione ? C'est…. HERMIONE ? bafouilla Harry, stupéfait.

-Tu veux savoir qui est son acolyte ?

-Oui ! Par Merlin, ma baguette me manque, Sev'. Tu crois que je vais la récupérer un jour ?

-J'espère, Harry.

Le vampire recommença l'opération avec le second nom qui révéla l'identité de Luna Lovegood.

-Elles sont incroyables ! Y avait qu'elles pour faire ça ! Ombrage va s'en prendre plein la tête avec ces deux là ! Mais comment elles ont fait ?

-J'avoue que je n'en ai pas la moindre idée, mais c'est un sacré tour de force, je dois dire.

-Tu sais, il va bien falloir qu'on bouge nous aussi, on ne va pas pouvoir continuer à se cacher ici comme ça. On ne peut pas la laisser tuer tout le monde, ce sale crapaud. C'est pas que je sois pas bien avec toi, c'est pas vrai du tout.

-Je sais…

-Tu… tu es bien avec moi aussi ?

-Très.

Un sourire du vampire acheva de soulager la légère inquiétude du calice, que Severus avait perçue dans le lien. Un simple petit mot avait suffit à le rassurer cette fois-ci, mais Harry avait raison, ils étaient des guerriers, ils avaient déjà combattu et remporté une guerre, ils ne pouvaient pas se terrer éternellement.

-Je crains que la violence n'escalade rapidement après les petits exploits de Miss Granger et de Miss Lovegood. Ombrage va riposter et elle en a les moyens, elle a toute la logistique du Ministère derrière elle et la bénédiction de ce crétin de Fudge.

-J'étais juste en train d'y penser aussi, Sev'.

-Tu as faim ? Viens… lève-toi, il est temps que tu prennes ton petit déjeuner. Tu veux quoi ?

-Ce que tu veux, surprends-moi !

Harry repoussa violemment les couvertures et sortit nu du grand lit, sans se soucier de sa tenue. Il sortit de la chambre et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche rapide sans remarquer que le vampire, un sourcil levé et un petit sourire en coin aux lèvres, regardait une paire de fesses blanches, rondes et musclées onduler, tentatrices.

Le lendemain était un samedi, et Poudlard se prélassait. Hagrid n'avait pas retiré les citrouilles géantes qu'il avait installées pour Halloween. Le demi-géant avait été expédié par portoloin à Beauxbâtons, et n'en avait pas eu le temps. Depuis, Albus Dumbledore respirait un petit peu mieux. Encore un que cette foldingue en rose n'aurait pas !

Les cours de soins aux créatures magiques étaient donnés dorénavant par Charlie Weasley. Le ministère n'avait pas contesté sa nomination, le rouquin étant plus que compétent et bien connu dans sa partie. Aux potions, Albus et Minerva avaient placé Flavius Jiggers, de l'apothicairerie Slug & Jiggers. Là non plus, Cornélius n'avait rien trouvé à redire, l'homme étant un maître des potions connu bien que retraité depuis pas mal d'années.

Tout le monde était donc dans la Grande Salle en train de déguster les agapes préparées par les Elfes, quand les deux grandes portes monumentales qui donnaient sur le cloître et le grand escalier s'ouvrirent, laissant passer Argus Rusard, passablement inquiet. Albus pinça les lèvres et Minerva se mit instinctivement sur la défensive.

-Oui, Argus ? Que puis-je faire pour vous ?

L'homme crasseux, balaya la salle d'un regard effrayé et se résolut à contourner la table professorale où il a alla confier ses dires à l'oreille du Directeur.

-Professeur Dumbledore, Madame Ombrage est là avec son équipe. Ils sont au moins une centaine. Ils ont des registres et veulent contrôler tous les élèves.

-Contrôler comment, Argus ? s'exclama Albus d'une voix soudain glaciale.

-Ils ont parlé du statut du sang et du statut des créatures. Tous les étudiants qui auront du sang de créature devront quitter l'école sous leur garde.

-JAMAIS, Argus ! Retardez Dolorès comme vous le pourrez, nous allons faire évacuer les élèves.

-Oui, Monsieur le Directeur !

-MINERVA ! FILIUS ! POMONA ! AURORA ! VITE, EVACUEZ LES ELEVES IMMEDIATEMENT, LE CHÂTEAU EST ASSIEGÉ !

Les professeurs susnommés n'eurent même pas le temps de réagir. Bouche bée, ils virent Ombrage entrer dans la Grande Salle sans invitation, suivie par une centaine d'hommes en uniformes noirs. Furieux, Albus se leva, baguette à la main. Il vit du coin de l'œil, Argus Rusard faire sortir la professeure de runes anciennes par une porte dérobée. Le vieil homme comprit que celle-ci allait prévenir les Aurors et très certainement Kingsley Shacklebolt.

-DOLORES ! Que venez-vous faire ici en plein repas, avec tous vos hommes ? Vous troublez la quiétude de mes élèves ! tonna-t-il, furieux, et pas du tout gêné de le montrer.

-Mais, mon cher, je suis justement venu pour la tranquillité des élèves. Donc tout va bien… n'est-ce pas ? Bien. Je vais donc commencer.

Un sonorus appliqué sur sa gorge à l'aide de sa courte baguette pleine de chichis, permit à l'odieux bonbon rose de se faire entendre.

-Nous allons appeler chacun d'entre vous. Vous n'y échapperez pas, nous avons tous les noms et les registres du Ministère. Lorsque vous serez nommé, vous approcherez de la table des professeurs et un de mes assistants vous lancera un sortilège qui déterminera le pourcentage de créature magique, dans votre sang. Tous ceux qui auront du sang autre qu'un sang humain dans leurs veines devront immédiatement quitter Poudlard. Ils seront conduits en sécurité… ailleurs.

Ce dernier mot, fit tiquer Hermione et Luna qui échangèrent un regard. Albus lui aussi sursauta. Il était évident que les enfants n'allaient pas rentrer dans leurs familles. Le spectre de la déportation se fit entrevoir…

Drago Malefoy, qui avait beaucoup échangé de hiboux récemment avec son père Lucius, activa sa nouvelle bague aux armes de sa famille. La pierre verte et proéminente qu'elle portait, tournait. Son activation alertait Lucius et Narcissa que leur fils était en danger à l'école. Lucius avait bien recommandé à Drago de n'utiliser cette bague que si son statut de créature magique le mettait en danger. Dans quelques minutes, Lucius sortirait d'une cheminette du château et viendrait tirer son fils de là. Et Cornélius allait en entendre parler pendant 107 ans...

-Vous n'avez pas le droit de faire ça, Dolorès, je suis encore le Directeur ici ! Rugit Dumbledore, cette fois-ci vraiment furieux.

-Cornélius a donné son aval, et vous savez très bien qu'il passe au dessus de vous, trèèèès… au dessus ! SILENCE ! Nous commençons ! Parkin ? Allez-y !

-Brown Lavande !

A la table de Gryffondors, Lavande, choquée se mit à trembler. Parvati la secoua par le bras.

-Vas-y, Lav', tu risques rien, tu n'as pas de sang de créature !

-Je sais bien mais j'ai peur quand même !

Elle envoya un regard paniqué à Minerva qui avait envie de sauter à la gorge du crapaud qui sembla s'en apercevoir.

-Je vous conseille de ne pas tenter quoi que ce soit, Minerva. Poudlard ne serait plus pareil sans vous, pensez à vos petits Gryffondors…

Comme si elle se rendait à l'échafaud, Lavande approcha d'Ombrage et de Parkin qui déroulait une longue liste de parchemin. Un sorcier jeta sur la blonde aux longs cheveux bouclés, un sortilège informulé puis secoua la tête.

-C'est une sorcière.

-Félicitations, Miss Brown, fit Ombrage d'une voix sirupeuse.

Lavande courut éperdue vers la table des rouge et or où elle s'effondra dans les bras de Parvati Patil, au bord de la crise de nerfs.

-Granger Hermione !

Alors qu'Hermione approchait de la table directoriale, le bonbon rose la nargua.

-Du sang de créature ?

-Juste du pur sang de moldu ! Vous êtes sûre que ce n'est pas du sang de créature ?

-INSOLENTE !

-NAZIE !

L'insulte ne fut pas comprise par Ombrage ni aucun sorcier de sang-pur ou presque. Bien entendu les nés-moldus avaient tous sursauté et à voix basse expliquaient sa signification à leurs condisciples.

-Sorcière, M'dame.

-Vous avez de la chance, Granger.

-Avec Voldemort je n'aurais pas dit la même chose, comme quoi les temps changent !

Hermione se retourna la tête haute et regagna son siège sous le regard admiratif de Minerva et de tous les Gryffondors.

-Trente points pour Gryffondor, Miss Granger, murmura la professeure de métamorphose.

Les élèves suivants à être appelé furent Seamus Finnigan, Neville Londubat, Parvati Patil, Dean Thomas, Ron Weasley et curieusement Harry Potter, ce qui fit glousser Ombrage comme une vieille poule. Seamus et Dean furent écartés des autres, le sorcier ayant jugé qu'ils avaient du sang de créature magique.

-Hééé ! Mais c'est pas possible, protesta Dean, je suis né-moldu !

-Faux ! Vous êtes un sang-mêlé et vous avez du sang de créature !

-Et laquelle ?

-Vous devriez le savoir !

-Comment ? Mon père est mort avant ma naissance !

-Elfe des bois !

Les Serpentards de 7ème année furent ensuite appelés, et bien entendu Drago Malefoy fut repéré.

-Vélane !

-Merci bien, je le sais ! grogna-t-il, son menton pointu en avant. Attendez que mon père vous tombe dessus !

-Houu… j'ai peur… ricana le sorcier.

-VOUS DEVRIEZ ! fit une voix glaciale surgissant de la porte de l'antichambre.

-Lucius… minauda Dolorès. Que faites-vous donc ici ?

-J'étais avec ce cher Cornélius et il m'a semblé tout à coup très urgent de venir voir ce qui se passait ici. Retirez vos pattes de mon fils où je vous arrache les deux bras, répondit le demi-Vélane avec un large sourire inquiétant. Approche Drago, nous partons. Albus ? Je retire Drago de Poudlard, il ira à Durmstrang dorénavant. Un Elfe viendra prendre sa malle. Je vous souhaite bien le bonjour.

Et sans prendre garde à la fureur d'Ombrage, Lucius, tenant Drago par le bras, quitta la Grande Salle par la Grande Porte.

-Il était temps, Père. Le bruit court que les élèves avec du sang de créature vont être déportés. Vous pouvez m'expliquer ?

-Rappelle-toi ces livres moldus que ton grand-père avait collectionnés et qui couvraient la période de l'histoire de la seconde guerre mondiale moldue.

-Je m'en souviens, c'est la guerre à laquelle Grindelwald a participé.

-Les camps de concentrations moldus, Drago. C'est ça, la déportation.

-Par Merlin… bredouilla le blond en sortant dans le parc.

-Qu'est-ce que tu retiens de cette petite mésaventure de ce midi, mon fils ?

-Qu'on ne doit jamais être du côté des perdants, Père. J'ai eu l'impression d'être un moldu devant le Seigneur des Ténèbres, dit-il dans un murmure.

Lucius hocha la tête.

-Nous allons transplaner depuis les grilles. Toby prendra ta malle dans quelques minutes et ensuite nous quittons l'Angleterre pour la France. Ça devient trop risqué, et la protection de Cornélius devient… du vent.

Pendant que Lucius sortait son fils de Poudlard, l'appel infâme se poursuivait dans la Grande Salle. Les plats avaient refroidi et presque personne n'avait mangé. Aux cuisines, les Elfes de Maison ne comprenaient pas pourquoi le Directeur ne donnait pas l'ordre d'envoyer les desserts sur les tables. Parmi les élèves de 7ème année, Vincent Crabbe avait ensuite été écarté, « Troll des plaines », ainsi qu'Eloïse Midgen « Ondine des marais ».

-Ouais… les pustules ! avait affirmé Ron, sûr de lui.

Hermione, outrée lui avait envoyé une claque qui avait retenti dans toute la salle, à la grande honte du rouquin, qui fut littéralement vrillé sur place par le regard de son frère Charlie.

Pour les années inférieures, sans surprise, Luna Lovegood « Vélane et Sylphide » dut quitter la Grande Salle, tout comme Orla Quirke, Emma Dobbs, et Romilda Vane « Nymphes », Louis Stimpson, Harold Dingle et Matthew Towler « Vampires » ainsi qu'Antigone Warrington et Terrence Higgs « Loups-garous ». Pour ces cinq derniers, de vagues et lointaines traces étaient plutôt la vérité. Le pourcentage était si faible que les élèves n'étaient nullement affectés, par le sang ou la pleine lune. Dingle osa protester en disant que cela remontait à quatre générations et qu'il y avait belle lurette que dans sa famille, personne ne parlait plus de cette malencontreuse mésalliance. On ne l'écouta pas et il dut sortir avec tous les autres, encadrés par les membres de la brigade anti-nuisibles.

-Bien. Maintenant que les élèves sont épurés, nous allons passer aux professeurs. Professeur Flitwick !

Le petit directeur de Serdaigle haussa les épaules et secoua la tête. Il s'avança néanmoins, sachant très bien ce qui l'attendait.

-Gobelin !

-Ça tombe bien, ce sont les prochains dont nous allons nous occuper, s'amusa le crapaud en rose, en cochant quelque chose sur son parchemin avec une énorme plume d'oie teintée en parme.

Le Professeur Flitwick dut lui aussi quitter la salle, sous les pleurs de Pomona Chourave, le nez enfoui dans un mouchoir plus sale que ses gants de jardinage.

Charlie Weasley serrait les dents. Il avait reçu l'ordre de Bill, de prévenir Gringotts si les Gobelins se trouvaient menacés. Il devait remettre une sorte de médaillon en or à Ragnok qui comprendrait immédiatement et prendrait les mesures nécessaires. Dans la poche de sa chemise, le médaillon se faisait lourd.

Albus Dumbledore était hors de lui. Fou de rage et impuissant comme jamais encore il ne s'était senti. L'un après l'autre, les enseignants furent appelés, Hagrid et Rogue aussi, ce qui fit hurler de rire Ombrage à la mention du dernier.

-Ah mais oui, j'oubliais… je crois bien qu'il est mort, non ?

Quelques Serpentards se mirent à pleurer parmi les classes les plus jeunes au rappel de ce drame, et Aurora Sinistra foudroya Ombrage de son regard bleu lourdement bordé de khôl.

-Alors nous disions, Rogue « vampire » décédé. Et Hagrid « Géant » en fuite. Bien entendu, si nous l'apercevons, nous l'arrêtons, cela va de soi. Et les enseignants absents ou malades, seront convoqués ultérieurement pour le contrôle, bien entendu.

A table, Hermione prenait des notes avec une plume à papote que lui avait donné Luna quelques jours auparavant et un Rapeltout enregistreur, commandé à George et Fred deux jours avant et posé sur le couvercle du pichet de jus de citrouille, prenait des clichés et enregistrait tout ce qui se disait. La bouche pincée, elle n'en perdait pas une miette. Ce fut à ce moment-là que Ron choisit encore de se manifester.

-Tu es encore en train d'écrire ? Tu te prends pour une journaliste ? T'es mal barrée, Skeeter t'a même pas répondu ! HA !

Ce fut Ginny qui balança cette fois-ci une claque à Ron. Ses nerfs avaient été mis à rude épreuve pendant ce repas. Elle ne pouvait plus supporter une minute de plus l'attitude insensée et puérile de son frère, à croire qu'il avait été croisé avec un Troll par accident. Dommage que le sorcier contrôleur n'ait rien trouvé d'ailleurs, elle aurait bien mieux compris.

La brigade au grand complet quitta le château avec ses prisonniers et son bonbon rose à sa tête. Charlie se précipita aussitôt vers la cheminette de l'antichambre, pièce dans laquelle le Professeur Babbling avalait une potion calmante que Madame Pomfresh lui tendait.

-Bathsheba a tenté d'appeler Kingsley, mais il n'y avait personne au quartier général des Aurors. A croire que c'était fait exprès. Elle est venue me prévenir de ce qui se passait et nous sommes descendues pour écouter sans nous faire voir. Ils ont arrêté Filius, alors ?

-Oui, je suis étonné que Rolanda soit passée à travers les mailles du filet, s'amusa Charlie, avec ses yeux de faucon… On pouvait penser au pire.

-Oh, Rolanda n'a pas de sang de créature ! C'est un accident de potions dans sa 4ème année. Elle trouvait ses yeux de faucon mieux que ses vrais yeux, et elle n'a jamais voulu qu'Horace Slughorn trouve un antidote, annonça Poppy Pomfresh avec assurance.

-Je dois appeler Gringotts, ils vont s'attaquer aux Gobelins.

-Par la barbe de Merlin, s'horrifia la médicomage, la bouche grande ouverte.

Charlie lança une poignée de poudre verte prise dans un pot de fleur sur un guéridon et la jeta dans le foyer de l'antichambre qui ne servait que très rarement à cet usage.

-Banque Gringotts, Chemin de Traverse, Londres !

Il entra dans les flammes vertes et disparut dans un grand bruit sourd.

En voyant Charlie Weasley sortir d'une des cheminettes du hall de la banque, Griphook eut un mauvais pressentiment et se pencha pour dire deux mots au Gobelin qui occupait le guichet voisin du sien et qui n'avait pas de client. Celui-ci prit une porte dérobée et revint moins d'une minute après, avec Ragnok Pattes-de-Poule, le renommé et craint Directeur de Gringotts.

-Il est là, Ragnok, il attend au guichet de Griphook. Ce n'est pas normal, il a du se passer quelque chose, il est déjà venu cette semaine. Il devrait être à Poudlard.

-En effet. Je crois savoir ce qui se passe, je prends le relais, Elfric.

Ragnok s'approcha de Charlie aussi vite que ses petites jambes lui permettaient et ses yeux perçants se fondirent dans les billes bleu clair du second fils Weasley.

-Vous avez besoin de quelque chose, Monsieur Weasley ?

-Oui. Un… cadeau pour Ragnok, de la part de mon frère Bill.

-Je vois. Je suis Ragnok.

Charlie sortit de la poche de sa chemise, le lourd médaillon d'or somptueusement gravé et le tendit au Gobelin, le visage grave.

-C'est arrivé quand ?

-Il y a quelques instants à Poudlard, ils ont raflés tous les professeurs et les étudiants qui avaient du sang de créature magique, même fortement, très fortement dilué. Et… ils ont arrêté le Professeur Flitwick.

-D'accord, fit Ragnok en serrant le médaillon dans sa main crochue.

Tous les Gobelins connaissaient Filius Flitwick, ce n'était pas tous les jours qu'un sorcier enseignant à Poudlard avait un grand-père Gobelin !

-Vous pouvez rentrer à Poudlard.

-Qu'allez-vous faire ?

-Fermer la banque et paralyser le monde magique. Il faut les arrêter d'une façon ou d'une autre. Sans or, ils ne pourront plus continuer longtemps.

-Que Merlin vous entende, Ragnok !

Albus Dumbledore avait prévenu les Elfes de ce qui s'était passé dans la Grande Salle, pendant le repas. Aussitôt ceux-ci avaient fait redescendre les plats pour les réchauffer et Madame Pomfresh avait chargé toutes les carafes de jus de citrouille et de lait frais, de potion calmante. Les plats chauds étaient remontés et les professeurs passant entre les tables avaient enjoins les enfants de se restaurer et de boire. Ensuite, ceux qui le souhaitaient pourrait appeler leurs parents par cheminette depuis le bureau de leur Directeur de maison ou de celui d'Albus Dumbledore pour les Serdaigles et rentrer chez eux s'ils le souhaitaient.

Les plus petits, terrorisés, étaient tous bien entendu partants pour rentrer et personne ne pouvait leur en vouloir. Charlie était revenu à Poudlard par la cheminette et avait raconté à Albus ce que Ragnok lui avait dit. Le vieil homme avait hoché la tête et s'apprêtait à partir quand il entendit la réflexion d'un des élèves de 4ème année de Gryffondor.

-Et en plus on n'a même plus Harry Potter pour nous protéger, comment on va faire sans lui, hein ?

Forcément… l'icône commençait à manquer. Il allait falloir le retrouver et le tirer de sa retraite. Le vieil homme se doutait fort où il se trouvait. Le fait que Severus ne soit pas accouru à Poudlard dès son évasion d'Azkaban était un indice sérieux. Ces deux là étaient certainement ensemble. Severus n'avait pas tenté de venir chercher ses poches de sang dans ses quartiers, Albus avait vérifié, donc c'est qu'il ne manquait pas de sang du tout. Et depuis plus d'un mois, il n'aurait pas pu survivre sans calice ou laisser de sanglantes traces sur son passage. Harry était sûrement devenu le calice du maitre des potions, volontairement le vieil homme l'espérait. Ces deux zigotos avaient assez roucoulé et finalisé leur lien, le Directeur connaissait à la musique, voyons… à son âge. Et il connaissait aussi les préférences sexuelles de son vampire préféré. Il était temps de les débusquer. Mais avant, il avait des choses à faire. D'accord, Charlie avait alerté Gringotts qui se préparait à la contre-attaque et les Aurors avaient, parait-il, déserté leur Quartier Général, expédiés on ne savait où pour une raison futile. Pourtant, Albus devait mettre la main sur Kingsley et récupérer la baguette d'Harry Potter dans les scellés du Département de la Justice Magique. Dommage que Dobby, l'Elfe idolâtre d'Harry n'avait pas survécu à la Grande Bataille, il aurait été ravi de faire ce genre de boulot.

Les lourds rideaux de velours toujours clos accentuaient la pénombre dans le salon de Severus Rogue. Les fenêtres étroites et anciennes ne laissaient déjà à la base passer que très peu de lumière. Tout ceci ne gênait pas du tout Harry qui n'allumait les lampes électriques que lorsqu'il voulait lire, et là, il n'avait pas du tout envie de lire…

Il avait allumé un feu ronflant dans la cheminée, pour la chaleur et contre l'humidité d'abord et pour le plaisir des yeux ensuite. Voir les flammes danser et projeter leur spectre sur les meubles cirés et l'antique papier peint victorien, était assez agréable. Severus pouvait facilement se passer de lampe s'il le souhaitait, grâce à sa vision vampirique.

-Tu es sûr que tu ne veux pas passer un vêtement ? s'inquiéta Severus, en levant le nez de son roman policier moldu.

-Naaaan… affirma l'Elu tout en continuant ses administrations.

Le spectacle dans la pièce était, il fallait quand même le souligner, assez édifiant. Le vampire était installé dans son fauteuil favori devant la cheminée. Il ne portait que sa fameuse robe de chambre en velours offerte par Albus et dont il commençait à apprécier le confort. A ses pieds, une seule mule de cuir, l'autre trainait sur le tapis un peu plus loin, et le vampire se faisait chauffer les orteils du pied nu, devant le foyer. Sa robe de chambre n'était pas fermée et la ceinture pendait de chaque côté des vieux accoudoirs. Harry, lui, était assis sur les genoux de son vampire, les jambes repliées sur l'un des accoudoirs. De ses deux mains, il jouait avec les cheveux longs et propres du maitre des potions. Il tressait et lissait les mèches noires au gré de ses envies, comme une fillette jouant à la coiffeuse avec une poupée. Ce n'était pas encore ce petit jeu bien innocent qui était surprenant, quoique voir Severus Rogue accepter de se faire patouiller ainsi, était plutôt original. Non, le fait était qu'Harry était complètement nu sur les genoux de Severus toujours plongé dans son bouquin, et que visiblement, vue la réponse donnée au vampire, il n'avait aucune intention de s'habiller d'une quelconque façon.

La terreur des cachots s'en fichait comme de sa première poche de sang. Il voulait arriver à la fin de son chapitre, parce que l'enquêteur ne semblait pas avoir remarqué l'indice que lui, simple lecteur, avait forcément vu. Ensuite, lorsqu'il poserait le volume sur la table, Harry paierait ses taquineries au centuple. Le fait qu'il soit complètement nu, lui rendrait la tâche bien plus aisée. A dire vrai, cette tendance du Gryffon à se promener dans le plus simple appareil commençait à devenir suspect.

Harry abandonna les cheveux du vampire et posa sa tête sur l'accoudoir opposé à ses pieds. Les yeux fermés, il ne semblait plus s'occuper de Severus qui lisait toujours. Pourtant du coin de l'œil, le maître des potions regardait Harry dont une main caressait négligemment son téton droit érigé.

Le petit cochon ! Il avait décidé de tout faire pour que ce chapitre ne soit décidément jamais lu entièrement. Décidé à gagner quoiqu'il arrive, Severus eut un petit sourire narquois que le Gryffon alangui et les yeux clos, ne vit pas. Il glissa son livre dans sa main droite et de la gauche commença à caresser le pénis semi-érigé qui reposait entre les cuisses de son calice. Un soupir de satisfaction fut sa réponse.

-Tu en as mis du temps à comprendre.

-Il y a longtemps que j'ai vu clair dans ton jeu, mon ange aux yeux verts.

-Alors pourquoi tu ne faisais rien ?

-Et pourquoi ça serait toujours à moi, hein ?

Harry se redressa un peu, les yeux égrillards.

-Tu veux que je te fasse un truc ? Dis-moi…

-Depuis quand tu es devenu un expert en pratique sexuelle ?

-Depuis que je lis les livres que tu planques dans le placard en haut de l'escalier.

-Il y a des livres là dedans ?

-Des magasines… moldus.

-Je vois. Et tu as appris des choses ?

-Tu veux que je te montre ?

Le livre que tenait Severus s'écarta comme par enchantement de son visage et un sourcil intrigué fut la réponse qu'Harry obtint. Le lion fit un angélique sourire à son amant qui sans se démonter, referma son bouquin et posa sur la petite table près de lui.

-Je me disais qu'il y avait forcément une raison, pour que tu te balades à poil sans arrêt. Raconte.

-J'ai envie qu'on essaie un truc.

-Ooooohh. Dis-moi tout.

Le vampire amusé, savait très bien ce que voulait Harry. C'était la seule chose qu'ils n'avaient jamais essayée ensemble et il savait que les vieux magasines pornos qui trainaient depuis quinze ans dans le placard du haut de l'escalier en faisaient de larges démonstrations. Harry voulait tout simplement une fellation. Severus avait gardé ça pour le moment où Harry serait à l'aise avec son corps et sa sexualité, et il semblait que le moment était venu…

Les yeux plongés dans les orbes d'onyx de son vampire, Harry un peu indécis, mâchouillait sa lèvre inférieure, tandis que Severus qui attendait qu'il se décide à parler, faisait glisser ses doigts fins sur une des cicatrices anciennes qu'Harry avait sur le flanc et que ses onguents n'avaient pas tout à fait réussi à résorber complètement. Maudits moldus ! Un jour il faudrait qu'il aille leur demander des comptes !

-J'ai envie que tu me suces, fit Harry dans un murmure, les joues écarlates.

-Il te suffisait de le demander, mon ange, répondit tranquillement le vampire, secrètement ravi.

Cette déclaration réveilla complètement Harry qui poussa un profond soupir d'anticipation et afficha une splendide érection, frémissante et ô combien tentante. Severus se leva du fauteuil, Harry dans ses bras et alla l'allonger sur l'antique sofa au velours vert râpé, dont un sortilège de coussinage masquait les ressorts qui sans cela n'auraient pas manqué d'agresser les parties charnues qui auraient eu le malheur d'entrer en contact avec eux. Le vampire, à genoux entre les jambes ouvertes de son calice dévêtu, sa propre robe de chambre pendante autour de son corps nu, s'apprêtait à exaucer les vœux du jeune homme tremblant d'anticipation. Il se pencha pour l'embrasser voluptueusement sur les lèvres, arque-bouté au dessus du Gryffondor, appréciant les petites mains qui parcouraient sa peau fraîche, quand à sa grande surprise, le feu dans la cheminée sembla faire un nouveau bruit, un bruit de cheminette : Chose inattendue car personne ne savait qu'il était là. Oui, enfin, presque… une seule personne pouvait s'en douter. ALBUS !

-Hemm, hemm… fit une voix dans les flammes devenues vertes. Severus, mon garçon, je suis navré de vous interrompre pendant ce… hemm… charmant intermède, mais voyez-vous, il est temps que vous reveniez tous les deux dans le monde des vivants. J'ai besoin de vous.

Le vampire se redressa, abandonnant la bouche de son calice qui n'avait encore rien remarqué.

-ALBUS ! Vous seul pouvez aussi mal tomber, hein ?

-Navré, Severus. Si vous pouviez baisser les barrières magiques de la cheminée que je puisse vous rejoindre et aussi vous vêtir un peu tous les deux… pas que le spectacle soit déplaisant. Mais à mon âge, je n'ai plus besoin de ce genre de distractions.

Muet d'horreur, la bouche bée et les yeux écarquillés, Harry s'était relevé sur ses coudes lorsque Severus l'avait abandonné pour prendre la communication. Le vampire attrapa le plaid tricoté à la main autrefois par sa mère, et qui décorait le dosseret du sofa, pour l'enrouler autour d'Harry. Sa bouche tout près de l'oreille de son calice, il murmura.

-Va t'habiller, ce n'est que partie remise, chaton. On aura toute la nuit, promis.

-Sev', il… il nous a vus…

-Ce n'est rien. Ne t'en fait pas.

Mâchouillant sa lèvre inférieure, Harry, enroulé dans la couverture en tricot, se leva et se dirigea vers la bibliothèque qui trônait au fond de la pièce, et qui pivota automatiquement à son approche, révélant le vieil escalier qui conduisait à l'étage. Severus le regarda monter et la bibliothèque reprit sa place sur le mur. Il venait de nouer la ceinture de velours de sa robe de chambre et récupérait à présent sa mule abandonnée sur le tapis. D'un geste de la main, il leva les barrières de protection de la cheminée.

-Comment vous avez su ?

-Où vous étiez ? demanda le vieil homme négligemment en sortant de la cheminée. Dès que j'ai su que vous étiez en vie, j'ai compris que vous étiez là. Au début, j'avoue que j'ai trouvé ça étrange que vous ne veniez pas à Poudlard surtout pour le sang. Et puis… nous n'avions aucune trace d'Harry. Je savais juste qu'il était en vie.

-Comment ? demanda Severus, étonné, en débouchant une bouteille de vin des Elfes pour son Directeur qui venait de s'asseoir de lui-même dans le sofa.

-Notre chère Dolorès le sait aussi. Elle utilise les parchemins de naissance pour savoir qui est encore en vie. Ils sont magiquement actualisés. Elle vous fait passer pour mort, mais elle sait très bien que vous ne l'êtes pas.

-Je vois…

Severus prit deux verres propres dans un petit vaisselier bas et vit Harry revenir dans la pièce, vêtu comme à son habitude, des anciens vêtements d'école de son vampire. Le Gryffon tenait dans ses mains, le plaid qu'Eileen Rogue avait tricoté pour Severus quand il était petit. Sans un mot, Harry alla le remettre sur le dosseret à sa place, et le lissa pour en retirer tous les plis. Albus qui venait de se lever pour attraper le verre de vin des Elfes que Severus venait juste de remplir, ne put s'empêcher s'exprimer son soulagement de savoir son petit Sauveur en vie et en pleine forme. Il l'attrapa par les épaules et déposa un baiser sur ses cheveux emmêlés.

-Mon petit ! Si tu savais comme je suis soulagé de te savoir en vie et en bonne santé. Merlin soit loué pour ses petits bienfaits !

Harry baissa les yeux, confus.

-Dé… désolé… pour… tout à l'heure… Professeur Dumbledore.

-Ce n'est rien, ce n'est rien, mon garçon. J'ai eu dix-sept ans aussi, ne t'en fait pas !

Le vieil homme retourna s'asseoir, son verre à la main. Il le porta à ses lèvres avec un plaisir évident. Ce nectar-là était son petit péché mignon, tout comme le jus d'œillet, celui de Minerva.

Harry s'était assis sur l'accoudoir du fauteuil où Severus avait pris place. Instinctivement, le calice recherchait le contact avec son vampire en présence d'une tierce personne.

-Que savez-vous, Albus ? demanda le maître des potions. Je veux dire, depuis que j'ai été arrêté et expédié à Azkaban par cette folle.

-Et bien, l'Auror Fiertalon qui vous a aidé à sortir de prison, nous a expliqué que vous n'aviez semble-t-il, pas eu besoin du sang qu'il avait apporté pour vous, parce que vous aviez saigné McNair. J'avoue que vous savoir repu m'a soulagé. L'équipe d'Aurors que j'avais envoyée pour fouiller un peu à Azkaban n'avait trouvé aucune trace d'Harry là-bas. Où était-il, Severus ? Comment l'avez-vous retrouvé ?

-Harry a toujours été avec moi, dans ma cellule. McNair m'y avait à peine enfermé qu'il m'a apporté Harry qui était dans un triste état. Ombrage l'avait soumis aux Doloris avec quelques-uns de ses acolytes. Cet idiot pensait me faire une faveur, me nourrir et venger le défunt Seigneur des Ténèbres. Il ne pouvait pas mieux tomber. Comme j'ignorais combien de temps j'allais devoir rester dans ce cul de basse fosse, je n'avais pas d'autre choix que de proposer à Harry de devenir mon calice.

-Bien entendu. C'était la seule chose raisonnable à faire, affirma Dumbledore, visiblement soulagé.

-Cela n'a pas posé la moindre difficulté, bien que j'ai du donner un petit cours impromptu d'éducation sexuelle à votre petit Sauveur, Albus ! A ma grande surprise, les connaissances d'Harry étaient proches du zéro absolu ! Il connaissait à peine la différence entre un garçon et une fille et ne savait même pas les mécanismes de la reproduction humaine !

-Comment est-ce possible ? fit le vieil homme surpris, en regardant Harry qui baissait la tête, gêné.

-Ses moldus ! Albus ! Bien entendu ! Ils l'ont tenu à l'écart de ça aussi ! Et Minerva ne s'est jamais inquiétée de savoir si ses lions avaient besoin d'être informés.

-Je présume qu'elle doit penser que les parents…

-Et bien elle présume mal ! Une telle situation est inadmissible à Poudlard, Albus. Imaginez qu'un incubus soit admis à l'école !

-Cela n'est pas arrivé depuis plus de quatre-vingt ans, Severus, mais je comprends votre dilemme. J'en informerai Minerva pour l'année prochaine, et lui suggérerai de voir avec Poppy, comme vous faites avec vos serpents. Et puis, pour bien faire, il faudrait que j'en parle à Pomona et à Filius aussi. On ne sait jamais.

-Bien. Ceci étant dit, je poursuis. Je n'ai pas révélé la présence d'Harry à Fiertalon, je me disais que c'était un avantage si éventuellement personne ne savait où il pouvait se trouver. Je pensais aux fuites éventuelles.

-Vous avez bien fait.

-Nous sommes ici depuis. D'ailleurs il serait urgent qu'Harry récupère sa malle et sa baguette, il porte mes vieilles affaires d'école depuis plus d'un mois. J'ai pensé à le conduire dans le monde moldu pour faire des achats mais j'ai crains qu'un sorcier rencontré par hasard, ne le reconnaisse, et je n'ai pas ici d'ingrédients pour faire du Polynectar. Et comme je suis sensé être mort, en commander par hibou chez Slug & Jiggers, c'était un peu risqué, surtout que le seul hibou que nous avons est la chouette d'Harry et qu'elle est aussi connue que lui.

-Elle est ici ? s'étonna Dumbledore. Monsieur Weasley était paniqué quand il s'est aperçu qu'elle n'était plus à Poudlard. Il était persuadé qu'elle avait senti que son maître était mort et s'était enfuie.

-Elle est arrivée ici toute seule avec la Gazette du Sorcier, deux jours après notre arrivée.

Harry écoutait en silence. Il n'avait pas envie de parler. Il se laissait bercer par la voix de basse de son vampire. Sa simple proximité physique l'apaisait.

-Tu ne dis rien, Harry ? s'inquiéta Dumbledore.

-Ma baguette ? demanda alors le Gryffondor d'une petite voix.

-Sa baguette lui manque beaucoup, Albus, confirma le vampire. Où est-elle ?

-Sous scellés au ministère. J'ai laissé un messager à Kingsley à ce sujet avant de venir ici. Nous avons eu quelques soucis à Poudlard.

-De quels genres ?

-Ombrage a engagé près de cinq cent hommes. C'est la nouvelle capacité de la Brigade anti-nuisibles. Ils sont tous vêtus de noir, aussi sinistres que des Mangemorts, d'ailleurs une bonne partie en est.

-Les non-marqués…

-En effet, Severus. Ils sont venus ce midi dans notre école, ils étaient environ une centaine. Ils ont appelé chaque élève, ils avaient les registres du ministère. Ils ont lancé un révélasort d'ascendance sur chaque étudiant et chaque professeur présent. Et tous ceux qui avaient une seule trace, même infime, de créature magique ont étés arrêtés.

-Par la barbe de Merlin, gronda Severus. Mes Serpentards !

-Monsieur Malefoy, mais Lucius est arrivé aussitôt pour le tirer de là et l'expédier à Durmstrang. Minerva a déjà reçu la demande de transfert du Directeur Ouliakoff. Je me demande comment Lucius a su… Je suppose que le jeune Monsieur Malefoy devait porter un artéfact à cet usage.

-Une bague, je suppose, Drago adore les bagues. Qui d'autre à part Drago ?

-Monsieur Crabbe, Miss Warrington, Monsieur Higgs.

-Higgs ? Et Antigone Warrington ? En quel honneur ?

-Vampire, loup-garou, je ne sais plus trop mais un de ces sangs-là. Mais dilué, très dilué, plusieurs générations. Ils ont emmené Monsieur Dingle qui a du sang de vampire quatre générations en arrière.

-Crabbe a du sang de créature ? demanda Harry, surpris.

-Troll des plaines, confirma Severus, j'étais au courant. C'était une variété de Trolls assez proche de l'humain, juste un peu plus limitée intellectuellement, mais physiquement très semblable aux sorciers. Ce qui explique que certains… disons, croisements aient pu avoir lieu au cours des siècles. Mais chez les Crabbe, ça remonte à combien… trois, quatre générations ? Au moins ! De toute façon, les Trolls des plaines sont quasiment éteints, on n'en trouve plus que dans les steppes mongoles, je crois bien.

-Et pour les autres maisons ? tenta Harry, inquiet.

-Messieurs Finnigan et Thomas, Miss Vane, Messieurs Towler et Stimpson pour Gryffondor… Sinon pour les autres maisons, Miss Lovegood…

-LUNA ? fit Harry, horrifié.

-Malheureusement, oui… ainsi que Mesdemoiselles Dobbs, Quirke et Midgen. Et j'en oublie certainement.

-Les professeurs, Albus ? Filius et Rolanda, je suppose, et Hagrid.

-Filius, pas Rolanda, et Hagrid est à Beauxbâtons depuis trois semaines. Rolanda n'a pas de sang de créature, ses yeux sont le résultat d'un accident de potions quand elle était élève et par coquetterie, elle a toujours refusé qu'Horace trouve un antidote, à l'époque.

-N'importe quoi… Et où ont-ils été expédiés ? Chez eux ?

-Ce serait trop beau, Severus. Le bruit court qu'ils seraient déportés. Ombrage parle d'épuration et de rafles.

-On se croirait en 1945, Albus ! Elle tente de refaire vivre le régime nazi ou quoi ? gronda le vampire.

-J'en ai bien l'impression, mon garçon. J'en ai bien l'impression. Mais elle ne connait pas l'Histoire moldue, elle s'inspire d'écrits de Grindelwald, je reconnais son style.

-Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda Harry. Si on sort, ils vont nous remettre en prison. J'ai tué Smith, y a même une récompense pour moi.

-Ils ne peuvent plus arrêter Severus, Harry. Il rentre dans le cadre de la loi. Il a un calice. Le souci c'est en effet ton cas. Tu es recherché pour meurtre, bien que pour moi ce soit un homicide involontaire. Tu n'as pas fait exprès, tu n'avais même pas de baguette. Et j'ai appris depuis, que Monsieur Smith t'en voulait beaucoup et désirait te nuire. Il n'a pas choisi la bonne manière.

-Il voulait me nuire ?

-Apparemment, ce n'était pas un secret dans la maison Poufsouffle. Aucun d'entre eux n'a certainement pensé que Monsieur Smith mettrait ses projets à exécution, sinon Madame Chourave en aurait été avisée et m'en aurait fait part.

-Professeur Dumbledore, où gardent-ils les gens arrêtés ?

-Je l'ignore, Harry. Nous allons enquêter à ce sujet bien entendu.

-Albus, ça va s'accélérer… elle reproduit l'Histoire ! insista le vampire.

-Je sais, Severus. J'y étais, à cette époque. Je m'en souviens encore très bien…

Harry et Severus avaient réintégré Poudlard, et s'étaient tout naturellement installés dans les cachots du vampire. Pour l'heure, personne ne les savait dans l'école. Albus gardait cet avantage pour lui, encore un peu. Le vampire était à présent assigné à résidence, et interdit d'emploi, si on se référait à la loi. Flavius Jiggers occupait son poste d'enseignant, et Aurora Sinistra gérait les Serpentards, comme elle pouvait. Severus n'était pas ravi, il pensait qu'elle allait trop les materner et en faire des chiffes molles. Mais Albus lui avait confié qu'elle apportait beaucoup aux plus jeunes qui seraient en son absence, sûrement rentrés chez eux, aucun professeur n'ayant le charisme ni les aptitudes de Severus pour gérer les Serpentards.

Harry, en tant que calice, ne pouvait pas être séparé de son vampire, c'était la loi. Quoi qu'il arrive, il ne réintègrerait pas la Tour de Gryffondor. Minerva était aussitôt venue lui apporter sa malle, et le garçon avait fouillé dedans avec un plaisir évident. Même son balai avait été mis à l'abri par Madame Bibine dans son placard personnel, et elle le lui avait fait porter dès qu'elle avait appris son retour dans les murs de Poudlard.

Dans la soirée, Kingsley se manifesta enfin. Il avait eu le messager d'Albus et s'était efforcé avec Savage et Dawlish de récupérer la baguette d'Harry. Ils avaient été surpris par Rufus Scrimgeour dans le local des scellés, la main dans le sac, comme aurait pu le dire Arthur Weasley, friand d'expressions moldues. A la surprise des Aurors, Rufus avait pris un artéfact quelconque dans le stock, comme s'il avait l'intention de l'examiner dans son bureau, et avait fait semblant de ne rien voir. Les Aurors avaient compris qu'il leur donnait son aval muet et avaient filé comme des voleurs avec la baguette.

Gawain Robards avait volontairement, semblait-il, laissé traîner des parchemins qui indiquaient que le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques avait fait une demande auprès du Département des Mystères pour qu'une zone de landes, aride et battue par les vents, soit rendue incartable, dans le nord des Highlands. Aussitôt, Kingsley s'était emparé du document et en avait fait une copie qui avait été expédiée à Albus. Il y avait fort à parier que c'était là-bas que les déportés étaient tous envoyés.

En l'absence du Directeur, occupé par Severus et Harry, ainsi que par l'Ordre du Phénix, Minerva devait affronter les parents d'élèves paniqués par les disparitions de leurs enfants. Elle devait gérer les nombreuses demandes de transfert vers Durmstrang, Beauxbâtons, Salem et toutes les autres académies de magie. Le nombre d'élèves allait fondre comme neige au soleil. Si au moins, ils pouvaient être tous à l'abri de cette façon, l'école pouvait bien fermer, ce n'était pas grave.

Hermione et Ron n'avaient pas été mis au courant de la présence d'Harry à Poudlard. Ron se serait précipité dans les cachots, aurait fait du scandale, n'aurait rien compris comme d'habitude et aurait tout aggravé. Hermione n'aurait pas posé de problème, mais comme on ne voyait que rarement l'un sans l'autre, l'information aurait fini par filtrer. Et Ronald Weasley n'était pas quelqu'un sur qui on pouvait compter à cent pour cent. Il n'avait pas la tête assez froide pour ça.

Au début de la semaine suivante, tout s'accéléra encore. A présent, les commerçants de Pré-Au-Lard et du Chemin de Traverse allaient être contrôlés, et curieusement également ceux de l'Allée des Embrumes. C'était dans les gros titres de la Gazette du Sorcier. Rapidement, quelques commerces fermèrent d'eux-mêmes et on ne vit plus leurs occupants qui en plus avaient quitté leurs logements. Mais quand les contrôles du sang, comme celui ayant eu lieu à Poudlard, commencèrent à avoir lieu en pleine journée, devant les badauds et clients, la panique monta chez les sorciers de la rue. Personne n'était à l'abri. Peu d'information avait filtré à propos des disparitions des élèves de Poudlard. La Gazette était muselée, et les parents terrorisés, pensaient aux représailles dont risquaient de souffrir leurs enfants. Il fallait juste attendre que Gangrène se charge de diffuser l'information, à sa façon.
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Extermination HP/SS

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